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N°42-Spécial
Les fondements de la puissance de l’État Songhay sous le règne d’Askia Mohammed (1493-1528)
Résumé
Cet article propose une analyse critique des fondements de la puissance du règne d’Askia Mohammed, une figure emblématique de l’empire songhay qu’il dirigea de 1493 à 1528. Il s’agit à travers cette étude d’analyser les fondements des grandes réalisations de ce souverain sur les plans politique, militaire, économique, socio-culturel et religieux ayant conduit à la prospérité de son empire. Compte tenu des objectifs visés dans le cadre de la présente étude, nous avons eu recours à une démarche méthodologique exclusive, fondée sur une recherche documentaire approfondie. L’analyse montre que la puissance du règne d’Askia Mohammed réside dans la capacité de consolidation du pouvoir centralisé, l’extension et la théocratisation de l’empire sur la base des principes de l’islam et le développement de l’économie à travers l’agriculture et le commerce. Cette étude prouve sans nul doute que la gouvernance d’Askia Mohammed a hissé l’empire Songhay au sommet des empires africains médiévaux.
Abstract
This article offers a critical analysis of the foundations of the power of the reign of Askia Mohammed, an emblematic figure of the Songhay empire that he ruled from 1493 to 1528. Through this study, the aim is to analyze the foundations of the great achievements of this sovereign on the political, military, economic, socio-cultural and religious levels that led to the prosperity of his empire. Given the objectives of this study, we used a proprietary methodological approach, based on an extensive literature search. The analysis shows that the power of Askia Mohammed's reign lies in the ability to consolidate centralized power, the extension and theocratization of the empire on the basis of the principles of Islam, and the development of the economy through agriculture and trade. This study proves without doubt that Askia Mohammed's rule raised the Songhay empire to the top of medieval African empires.
Table des matières
Texte intégral
pp. 399-419
Introduction
1À la fin du XVe siècle, l’Afrique de l’Ouest traverse une phase de recomposition politique et territoriale marquée par l’effondrement progressif de l’empire du Mali, affaibli par des crises internes et la montée en puissance de royaumes rivaux. C’est dans ce contexte de transition que l’empire Songhay, issu d’un ancien royaume établi autour de Gao, émerge comme une force ascendante. Héritier des traditions impériales de l’Afrique de l’Ouest et fort de sa position stratégique dans la boucle du Niger, le Songhay profite du déclin du Mali pour élargir son influence. L’accession d’Askia Mohammed au pouvoir en 1493, par un coup d’État contre Sonni Ali Béré, marque un tournant historique. Non seulement il restructure l’administration impériale en s’appuyant sur une bureaucratie centralisée, mais il engage aussi une islamisation active du pouvoir à travers des réformes juridiques, fiscales et éducatives. Sous sa direction, l’empire connaît une expansion fulgurante, englobant Tombouctou, Djenné et les cités marchandes du Sahel. Il développe également des relations diplomatiques et religieuses avec le monde musulman, notamment en Égypte et au Hedjaz. Le règne d’Askia Mohammed symbolise ainsi l’apogée de l’empire Songhay, devenu à son époque l’entité politique la plus puissante et structurée d’Afrique noire précoloniale (Hunwick, 1990 ; Niane, 1984).
2La présente étude interroge les fondements de cette puissance remarquable. Quels sont les mécanismes politiques, économiques, sociaux et religieux qui ont permis à l’État songhay de connaître une telle ascension sous le règne d’Askia Mohammed ? Telle est la problématique à laquelle nous entendons répondre. L’hypothèse principale de cette recherche est que la puissance de l’empire repose sur une triple dynamique : la consolidation d’un pouvoir centralisé et bureaucratisé, la théocratisation de l’État à travers l’islamisation des institutions, et le développement d’une économie prospère fondée sur le commerce transsaharien, l’agriculture et la fiscalité. Méthodologiquement, cet article repose sur une analyse documentaire croisant sources arabes classiques (al-Sa‘di, Ibn Khaldoun), récits de voyageurs, et travaux contemporains d’historiens de référence (Hunwick, 1990 ; Niane, 1984). Il mobilise une approche historico-critique afin d’évaluer les dimensions structurelles de la puissance songhay et les stratégies d’Askia Mohammed. L’étude est délimitée à la période 1493-1528, correspondant au règne effectif d’Askia Mohammed, et se concentre sur les territoires contrôlés par l’empire songhay, principalement dans la boucle du Niger et les régions sahéliennes voisines.
Consolidation du pouvoir et structuration de l’appareil étatique
3L’ascension d’Askia Mohammed en 1493 marque un tournant majeur dans l’histoire de l’empire Songhay. Ce règne se caractérise par une consolidation autoritaire du pouvoir, une centralisation de l’administration et une volonté affirmée de contrôler un territoire vaste et hétérogène. Contrairement à ses prédécesseurs, notamment Sonni Ali, dont le pouvoir reposait en grande partie sur des liens militaires et tribaux, Askia Mohammed entreprend une refondation étatique en s’appuyant sur des structures bureaucratiques, une légitimité religieuse renforcée et une maîtrise fine des élites locales.
Réformes administratives : centralisation, bureaucratie, gouverneurs
4L’un des fondements majeurs de la puissance de l’État songhay sous Askia Mohammed réside dans la mise en place d’un appareil administratif structuré et centralisé. Conscient que la domination militaire seule ne suffit pas à garantir la stabilité d’un empire aussi vaste et diversifié, Askia engage une série de réformes institutionnelles visant à renforcer le contrôle du pouvoir central sur l’ensemble des territoires conquis.
5Il instaure un système de gouverneurs, appelés farins, nommés directement par l’empereur dans les différentes provinces de l’empire. Ces farins sont responsables devant le pouvoir central de la collecte des impôts, du maintien de l’ordre et de l’application de la justice. Cette organisation vise à limiter l’autonomie des chefs traditionnels locaux, souvent soupçonnés d’entretenir des fidélités claniques ou ethniques susceptibles de fragiliser l’unité impériale. Par cette mesure, Askia Mohammed consolide l’autorité de l’État tout en instaurant une forme de gouvernance territoriale déléguée mais étroitement surveillée (Hunwick, 1990, p. 63).
6Parallèlement, une bureaucratie embryonnaire voit le jour, composée de scribes, de collecteurs d’impôts, de juges (cadis) et de responsables des affaires militaires et commerciales. Le recrutement dans cette administration favorise les lettrés musulmans, notamment ceux formés à Tombouctou et Djenné, ce qui renforce encore la dimension islamique de l’État. Ces agents sont chargés d’organiser les flux fiscaux, de gérer les décisions judiciaires selon les principes de la charia, et de superviser la logistique militaire dans un empire qui s’étend de la boucle du Niger jusqu’aux confins du Sahara et du bassin tchadien (Niane, 1984, p. 203).
7Cette centralisation permet également de structurer un système de communication et de contrôle plus efficace. Des messagers, des relais et des dispositifs de surveillance sont progressivement mis en place pour garantir la circulation rapide des informations et des ordres impériaux. Bien que cette administration reste encore dépendante des moyens humains et techniques limités de l’époque, elle n’en constitue pas moins une avancée majeure vers la formation d’un État organisé selon une logique politique rationnelle.
8Ainsi, les réformes administratives menées par Askia Mohammed marquent une rupture avec l’organisation plus clanique et militaire des prédécesseurs. Elles traduisent une volonté d’institutionnalisation du pouvoir impérial et posent les bases d’une gouvernance centralisée qui contribuera à la longévité et à la stabilité de l’empire songhay au XVIe siècle.
Maîtrise du territoire et contrôle des élites locales
9L’un des défis majeurs auxquels Askia Mohammed a dû faire face après son accession au pouvoir fut le contrôle effectif d’un vaste territoire multiculturel et multiethnique. Pour asseoir durablement son autorité, il mit en œuvre une politique territoriale articulée autour de deux axes : l’intégration des régions conquises et la gestion stratégique des élites locales.
10D’abord, la maîtrise du territoire passa par la mise en place d’une administration provinciale efficace. Chaque province était confiée à un gouverneur (farin), nommé pour sa loyauté et sa compétence. Ces gouverneurs avaient pour mission non seulement d’assurer la collecte des impôts et la sécurité, mais aussi de relayer l’autorité impériale dans des régions souvent éloignées du centre de pouvoir à Gao. Ce système de délégation contrôlée permit à l’empereur de maintenir une relative stabilité dans les zones périphériques, tout en limitant les velléités d’autonomie ou de rébellion (Hunwick, 1990, p. 64).
11Ensuite, Askia Mohammed adopta une stratégie d’intégration des élites locales, notamment par la cooptation des notables, chefs de clans et leaders religieux influents. Ces élites étaient associées à l’administration ou bénéficiaient de privilèges symboliques et matériels en échange de leur fidélité. Par exemple, dans les grandes cités comme Tombouctou, Djenné ou Walata, les savants musulmans, en particulier les oulémas, jouèrent un rôle central en devenant les relais idéologiques et spirituels du pouvoir. En s’appuyant sur leur influence et leur prestige, Askia put légitimer son autorité et désamorcer les tensions communautaires (Saad, 1983, p. 77).
12Par ailleurs, le pouvoir impérial recourait à des moyens coercitifs pour réprimer les dissidences. Des expéditions militaires ciblées furent menées contre certains groupes rebelles, et les chefs récalcitrants étaient parfois déplacés ou écartés. Ces pratiques visaient à éviter la constitution de pouvoirs concurrents au sein de l’empire et à garantir une obéissance uniforme à l’autorité centrale.
13Enfin, l’utilisation de l’islam comme cadre de référence commun facilita l’unification politique et idéologique des différentes composantes du territoire. En promouvant une identité musulmane partagée, Askia Mohammed renforça la cohésion impériale autour d’un socle religieux transversal à plusieurs peuples. Ainsi, par un subtil équilibre entre coercition, intégration et légitimation religieuse, Askia Mohammed parvint à maîtriser son empire et à neutraliser les élites locales, assurant ainsi la pérennité de la domination songhay.
Militarisation de l’État et expansion impériale
14L’un des piliers majeurs de la puissance songhayenne sous Askia Mohammed réside dans la militarisation accrue de l’État et la dynamique d’expansion territoriale qui en découle. Dès son accession au pouvoir, Askia comprend que la stabilité intérieure et l’affirmation impériale sur l’échiquier régional passent par une armée disciplinée, bien organisée et capable d’intervenir rapidement sur un territoire aussi vaste que celui du Songhay.
Réformes de l’armée et professionnalisation des forces
15Sous le règne d’Askia Mohammed (1493-1528), l’armée de l’empire Songhay subit une transformation majeure, à la fois structurelle et fonctionnelle, devenant un véritable instrument de centralisation du pouvoir et de contrôle impérial. Conscient que la stabilité de l’empire dépendait de la force militaire, Askia entreprend une réorganisation stratégique visant à professionnaliser les forces armées, à renforcer la discipline et à assurer une loyauté sans faille à son autorité. L’une des premières réformes marquantes concerne la structuration du commandement. Askia s’entoure de chefs militaires compétents, choisis en priorité parmi ses partisans fidèles et issus de milieux lui étant personnellement redevables, souvent éloignés des anciennes élites liées à la dynastie Sonni. Cette manœuvre politique permet de consolider son autorité tout en marginalisant les forces qui auraient pu remettre en question sa légitimité (Hunwick, 1990, p. 57).
16L’armée est par ailleurs organisée selon un système hiérarchisé plus clair, favorisant la discipline et l’efficacité opérationnelle. Elle est divisée en unités spécialisées : la cavalerie, essentielle dans les campagnes de conquête sur terrain ouvert ; l’infanterie, utilisée notamment dans les sièges et le contrôle local ; et la flotte fluviale, qui joue un rôle clé dans la maîtrise du fleuve Niger, axe stratégique pour le transport militaire et commercial (Levtzion, 1973, p. 204). La professionnalisation des soldats est également renforcée par une politique de recrutement étendue. Askia n’hésite pas à enrôler des combattants dans les territoires récemment conquis, intégrant ainsi des groupes extérieurs au noyau songhayen dans la défense de l’empire. Cette démarche a un double effet : elle renforce les effectifs et limite les risques d’insurrections, car les populations intégrées dans l’armée deviennent actrices de la stabilité impériale (Bathily, 1992, p. 118).
17L’armée devient donc une institution à la fois militaire et politique, jouant un rôle central dans la consolidation du pouvoir d’Askia. Elle permet non seulement d’assurer la défense du territoire, mais aussi de dissuader les velléités sécessionnistes ou les rivalités internes. Ainsi, cette réforme militaire s’inscrit pleinement dans la stratégie globale d’Askia Mohammed visant à faire du Songhay une puissance centralisée, organisée et respectée.
Campagnes de conquête : zones annexées et stratégies militaires
18Dans le cadre des campagnes de conquête menées entre 1493 et 1528, Askia Mohammed engage l’empire Songhay dans une dynamique d’expansion systématique visant à asseoir une hégémonie politique et commerciale dans la région sahélo-saharienne. Ces opérations militaires, loin d’être improvisées, s’inscrivent dans une logique stratégique reposant sur la sécurisation des frontières, la maîtrise des réseaux d’échange et l’intégration des espaces périphériques. L’attention particulière portée aux cités haoussa et à la zone orientale en général traduit la volonté d’Askia de renforcer la présence songhayenne dans des territoires clés pour le commerce transsaharien.
19L’expédition menée en 1515 vers Agadez, en passant par le Dendi et le Kabi, constitue un exemple éloquent. Mobilisant les armées des provinces méridionales, elle vise la région de l’Adar, zone haoussa stratégique. Toutefois, la suite de cette campagne révèle les limites de la politique expansionniste d’Askia. Les troupes du Kabi, frustrées de ne pas recevoir leur part du butin, se soulèvent sous la direction de Muhammadu Kanta. Ce dernier proclame l’indépendance du Kabi, prend le titre de sarki, et inflige une série de défaites sévères aux forces songhayennes. L’échec militaire culminera avec la défaite humiliante de l’armée d’Askia à Kaghô, rapportée par le Ta’rīkh as-Sūdān (Hamani, 1992, p. 71).
20Malgré ces revers, les campagnes d’Askia aboutissent à l’intégration de plusieurs régions, notamment le Macina, l’Aïr et l’Adrar mauritanien. La conquête du Macina permet de sécuriser la boucle du Niger, tandis que la prise de contrôle de l’Aïr ouvre la voie vers les routes caravanières du Fezzan. Ces territoires sont généralement intégrés par une politique d’alliances avec les élites locales islamisées, ce qui permet à Askia d’étendre son autorité tout en minimisant les coûts d’occupation directe. Il nomme dans plusieurs cas des représentants issus du Dendi, renforçant ainsi la centralisation politique de l’empire (Hamani, 1992, p. 69).
21L’expansion militaire sous Askia ne repose donc pas uniquement sur la force armée. Elle mobilise également des stratégies diplomatiques, des formes d’allégeance religieuse, et une instrumentalisation de l’islam comme levier de légitimation et d’intégration. Ces campagnes, malgré leurs limites dans certaines zones comme le Kabi, traduisent une vision impériale cohérente, orientée vers la maîtrise des espaces frontaliers et des couloirs commerciaux.
Contrôle des routes commerciales et zones frontalières
22Sous le règne d’Askia Mohammed, la sécurisation des routes transsahariennes devient un axe stratégique fondamental dans la consolidation de la puissance impériale. Ces routes, qui relient les grands centres commerciaux de l’Afrique de l’Ouest au Maghreb, sont vitales pour le commerce transsaharien, principal moteur de la prospérité économique du Songhay. Conscient de leur importance, Askia Mohammed met en place un dispositif militaire destiné à en garantir la sécurité et la fluidité.
23Des garnisons sont installées dans les zones frontalières et les carrefours commerciaux les plus sensibles, notamment à Tombouctou, Gao, Walata et dans d’autres centres urbains d’échange. Ces postes militaires jouent un rôle dissuasif contre les brigandages, protègent les caravanes marchandes, et assurent la perception des taxes au profit du trésor impérial (Saad, 1983, p. 91). Le dispositif contribue ainsi à renforcer la confiance des marchands maghrébins et soudanais, tout en facilitant la circulation des biens, des personnes et des idées dans l’espace sahélo-saharien.
24Le commerce de produits stratégiques comme l’or du Bouré, le sel de Taghaza, les esclaves et les étoffes se développe sous la protection de l’État songhayen, générant des ressources substantielles qui alimentent à la fois l’économie impériale et les dépenses de l’administration et de l’armée. Ce contrôle des flux commerciaux contribue à asseoir la légitimité du pouvoir central auprès des élites marchandes, des lettrés musulmans et des populations urbaines, tout en affirmant la place centrale du Songhay dans les échanges régionaux (Hunwick, 1990, p. 85).
25En plaçant les routes commerciales sous sa vigilance, Askia Mohammed parvient à faire de l’empire un acteur incontournable du commerce transsaharien. Cette maîtrise territoriale à des fins économiques constitue l’un des fondements majeurs de sa politique de centralisation et de rayonnement international. Elle démontre une vision stratégique de l’espace impérial, où la puissance militaire se met au service de la prospérité économique et de la stabilité politique.
Économie et ressources : socle matériel de la puissance
26Sous le règne d’Askia Mohammed (1493-1528), l’empire Songhay développe une économie diversifiée et structurée, qui constitue l’un des piliers essentiels de sa puissance politique et militaire. En s’appuyant sur l’exploitation rationnelle des ressources agricoles, le contrôle du commerce transsaharien et une fiscalité organisée, Askia réussit à asseoir la stabilité de l’État tout en légitimant son autorité par la redistribution des richesses.
Agriculture : aménagements, organisation du travail rural
27L’agriculture représente l’un des piliers fondamentaux de l’économie de l’empire Songhay sous le règne d’Askia Mohammed (1493-1528). Ce secteur constitue non seulement la base de la subsistance des populations mais aussi un levier de stabilisation politique et de soutien logistique à l’appareil militaire. L’exploitation des terres fertiles de la vallée du Niger, notamment autour de Gao, du Macina et de Dendi, est favorisée par des aménagements hydrauliques rudimentaires, adaptés au rythme des crues du fleuve. L’irrigation traditionnelle, combinée à des techniques agricoles locales éprouvées, permettait de cultiver des denrées de base telles que le mil, le sorgho et le riz (Saad, 1983, p. 67).
28L’État impulse une organisation rigoureuse du monde rural en favorisant la structuration des villages autour d’unités agricoles productives. Cette organisation repose sur un système hiérarchisé du travail, mobilisant à la fois une main-d’œuvre libre composée de paysans membres de lignages et une main-d’œuvre servile issue des campagnes de conquête ou des transactions esclavagistes. Les captifs affectés aux tâches agricoles sont intégrés aux exploitations collectives, notamment celles mises à la disposition de l’armée ou des institutions religieuses (Hunwick, 1990, p. 51). Cette combinaison permet une production excédentaire, qui soutient l’effort de guerre et alimente les marchés urbains.
29L’administration songhayenne joue également un rôle d’encadrement en veillant à la régulation de la production et à la collecte des surplus agricoles sous forme de redevances. Ces prélèvements, centralisés puis redistribués, contribuent à la stabilité de l’État et à la légitimation du pouvoir d’Askia Mohammed. En outre, cette redistribution alimente le ravitaillement de l’armée et le fonctionnement des centres d’enseignement islamique, notamment à Tombouctou et Djenné, assurant ainsi l’interconnexion entre économie, pouvoir militaire et rayonnement religieux (Bathily, 1992, p. 125).
30Ainsi, l’agriculture sous Askia Mohammed n’est pas un simple secteur de production vivrière. Elle s’intègre dans une vision d’ensemble du pouvoir, où la maîtrise du territoire, le contrôle des ressources humaines et la redistribution jouent un rôle essentiel dans le maintien de l’unité impériale.
Commerce transsaharien : or, sel, esclaves, tissage des réseaux marchands
31Sous le règne d’Askia Mohammed (1493-1528), le commerce transsaharien constitue l’un des piliers de la puissance économique de l’empire Songhay. Il repose sur la valorisation et la maîtrise stratégique des ressources naturelles et humaines, ainsi que sur une structuration efficace des circuits commerciaux reliant l’Afrique subsaharienne au Maghreb. Trois produits dominent ces échanges : l’or, extrait notamment des régions du Bouré et du Lobi ; le sel, provenant des mines de Taghaza dans le Sahara occidental ; et les esclaves, capturés lors des campagnes militaires ou achetés dans les zones périphériques de l’empire (Levtzion, 1973, p. 210).
32Ces marchandises sont transportées par d’importantes caravanes transsahariennes reliant les grands centres commerciaux de Gao, Tombouctou, Walata et Djenné aux marchés nord-africains de Fès, Tlemcen, Tripoli ou encore Le Caire. Askia Mohammed joue un rôle déterminant dans la sécurisation de ces axes commerciaux. Il instaure des garnisons et des relais sur les itinéraires clés, garantissant la sûreté des échanges, condition essentielle à la prospérité des réseaux marchands (Hamani, 1992, p. 67). Cette politique favorise également l’implantation de négociants nord-africains dans les villes de l’empire, renforçant les liens économiques et religieux avec le monde musulman.
33Par ailleurs, Askia établit des alliances avec les Touaregs, notamment ceux de l’Ahaggar (Hoggar) et de l’Adrar, qui jouent un rôle central dans la traversée du désert. Des accords de protection et de transit sont négociés avec ces groupes nomades, garants de la fluidité commerciale dans des zones arides et hostiles (Hamani, 1992, p. 67).
34Ces marchandises sont transportées par d’importantes caravanes transsahariennes reliant les grands centres commerciaux de Gao, Tombouctou, Walata et Djenné aux marchés nord-africains de Fès, Tlemcen, Tripoli ou encore Le Caire. Askia Mohammed joue un rôle déterminant dans la sécurisation de ces axes commerciaux. Il instaure des garnisons et des relais sur les itinéraires clés, garantissant la sûreté des échanges, condition essentielle à la prospérité des réseaux marchands (Hamani, 1992, p. 68). Cette politique favorise également l’implantation de négociants nord-africains dans les villes de l’empire, renforçant les liens économiques et religieux avec le monde musulman.
35Par ailleurs, Askia établit des alliances avec les Touaregs, notamment ceux de l’Ahaggar et de l’Adrar, qui jouent un rôle central dans la traversée du désert. Des accords de protection et de transit sont négociés avec ces groupes nomades, garants de la fluidité commerciale dans des zones arides et hostiles (Hamani, 1992, p. 69).
Fiscalité, redistribution et légitimation politique
36L’une des composantes majeures de la puissance étatique sous le règne d’Askia Mohammed réside dans la mise en place d’un système fiscal cohérent, structuré et étroitement lié à la légitimation du pouvoir central. La fiscalité songhayenne repose principalement sur des prélèvements en nature (céréales, bétail, esclaves) et en espèces (or, sel), collectés dans l’ensemble des provinces de l’empire par les représentants de l’administration impériale, notamment les farins (gouverneurs provinciaux) et d’autres agents subalternes (Bathily, 1992, p. 125). Ce système permet de constituer des réserves suffisantes pour assurer le fonctionnement de l’État, l’entretien de l’armée, le financement de la cour et le soutien des institutions religieuses.
37La redistribution de ces ressources constitue un levier essentiel de stabilisation et de légitimation du pouvoir d’Askia Mohammed. En effet, une partie importante des revenus collectés est réinjectée dans le tissu social et politique, notamment par le biais de dons, d’allocations aux oulémas, aux juges musulmans (cadis), aux chefs militaires et aux notables locaux. Cette redistribution renforce la loyauté des élites envers le souverain et contribue à asseoir son autorité dans un empire aussi vaste que diversifié (Hunwick, 1990, p. 58).
38L’articulation entre fiscalité et légitimité politique s’inscrit dans la logique théocratique du régime instauré par Askia. En liant l’impôt au soutien de la religion par la rémunération des savants, la construction de mosquées ou l’entretien des écoles coraniques, le pouvoir impérial se donne une image de gardien de l’islam et de promoteur de la justice sociale. Cette alliance entre État et religion participe à la sacralisation de l’autorité du souverain, qui apparaît dès lors non seulement comme un chef politique, mais aussi comme un dirigeant pieux guidé par les principes de la charia (Saad, 1983, p. 82).
39Enfin, le système fiscal permet d’intégrer économiquement les régions périphériques et récemment conquises en instaurant des obligations fiscales uniformisées, ce qui favorise l’unification administrative et le contrôle du territoire. En somme, la fiscalité sous Askia Mohammed ne constitue pas seulement une source de revenus, mais un instrument de pouvoir, de cohésion et de légitimation dans un État impérial en pleine expansion.
Islam, rayonnement culturel et structuration sociale
40Sous le règne d’Askia Mohammed (1493-1528), l’empire Songhay connaît un essor culturel sans précédent, soutenu par une politique délibérée de valorisation du savoir, de l’islam et de l’intégration sociale. Ce rayonnement repose à la fois sur le développement des sciences islamiques, la gestion de la diversité ethnique et un mécénat architectural et intellectuel, qui consolident la légitimité du pouvoir tout en unifiant l’empire.
Islamisation de l’État et théocratie
41Issu d’une lignée non royale, Askia Mohammed légitime sa prise de pouvoir en s’érigeant en défenseur de l’islam sunnite. Dès son accession, il met en avant la charia comme fondement juridique et moral de l’État, tout en condamnant implicitement les pratiques hétérodoxes de ses prédécesseurs (Niane, 1984, p. 201). Le pèlerinage qu’il effectue en 1496 à La Mecque, au cours duquel il reçoit du calife abbasside au Caire des titres et symboles d’autorité religieuse, renforce sa légitimité spirituelle (Saad, 1983, p. 89).
42Une importante réforme fut menée par l’empereur Askia Mohammed dès 1497 au retour de son pèlerinage. C’est ainsi qu’après avoir consulté les lettrés de son empire des Cadis furent nommés dans toutes les villes de l’Empire, l’instauration d’une administration judiciaire, l’adoption du véritable rôle du Cadis.
43Le choix du Cadi n’est pas fortuit, il est minutieux et porte sur le pieux, le saint, le meilleur croyant, jouissant d’une bonne moralité et capable de mener une justice impartiale. Le cadi doit être un Érudit, capable de gérer une société à se comporter de manière à pouvoir ordonner le bien et interdire le mal et à reformer les affaires des hommes en établissant la justice entre eux tout en lisant de manière convenable le droit. (Al Maghili dans J. Cuoq, 1975 : pp. 402-405). L’administration judiciaire était hiérarchisée, on distingue : l’Anfara-Kouna, il s’occupe des affranchissements, signe les décrets d’immunité et d’exonération fiscale. Il devait se charger de la transmission de toutes les décisions judiciaires du territoire, à l’empereur. (J.-C. Dédé, 2010 : 292). Il était aidé par plusieurs autre jurisconsultes dont l’Assara-Moundio, qui joue le rôle de la police et de la douane et exécute les sentences. Il était secondé par le Yobou-Koi et par le Kara-farma. Le cadi rendait la justice sur la base la loi islamique. (M. Kati, 1964 : pp. 115). Askia Mohammed établit des liens étroits avec les oulémas de Tombouctou et de Djenné, villes majeures de l’érudition islamique en Afrique de l’Ouest. Il soutient les savants tels qu’Al-Maghili ou Mohammed Bagayogo, qu’il consulte sur les affaires religieuses et juridiques (Hunwick, 1990, p. 61). Il finance la construction et l’entretien des mosquées, médersas et bibliothèques, et confie aux lettrés musulmans des fonctions dans l’administration judiciaire. Cette alliance politique avec les élites religieuses permet d’ancrer le pouvoir impérial dans une légitimité islamique, tout en renforçant l’emprise de l’État sur les territoires récemment conquis. Le pèlerinage d’Askia Mohammed ne relève pas uniquement d’un acte de piété individuelle, mais d’un acte diplomatique de grande portée. Accompagné d’une suite nombreuse et de présents somptueux, il marque l’entrée officielle du Songhay dans la diplomatie islamique du monde musulman. Il établit ainsi des relations durables avec les autorités religieuses du Caire, facilitant l’échange de savants, de manuscrits et d’idées (Bathily, 1992, p. 122). Ce geste politique renforce le prestige du souverain auprès de ses sujets et consolide son autorité dans les régions récemment islamisées.
Promotion des sciences islamiques et de l’éducation
44Sous le règne d’Askia Mohammed (1493-1528), l’empire Songhay connaît un âge d’or intellectuel marqué par la promotion active des sciences islamiques et du savoir en général. Convaincu que l’islam pouvait constituer à la fois un fondement moral, politique et identitaire pour l’empire, Askia Mohammed s’engage dans une politique de valorisation du savoir religieux en s’appuyant sur les centres intellectuels déjà réputés de la région, notamment Tombouctou, Djenné et Gao. La ville de Tombouctou devient, grâce à son appui, un véritable foyer du savoir islamique en Afrique de l’Ouest. Il y renforce l’autorité des oulémas (érudits musulmans), en particulier ceux de la mosquée et de l’université de Sankoré, où l’on enseigne le Coran, la jurisprudence (fiqh), la grammaire, la logique, l’astronomie et la philosophie (Hunwick, 1990, p. 61). Il met les ressources de l’État au service de l’enseignement islamique en finançant la construction ou la restauration de mosquées, de madrasas (écoles coraniques), et en soutenant la diffusion de manuscrits, copiés à la main et conservés dans les bibliothèques privées de Tombouctou.
45En outre, Askia Mohammed favorise la formation d’un corps de cadres religieux et administratifs issus de ces écoles, destinés à encadrer la société selon les préceptes de l’islam. Ce réseau d’intellectuels musulmans constitue une élite de conseillers, juges (qadis), enseignants et imams répartis à travers les provinces de l’empire. Cette réforme éducative permet d’institutionnaliser la charia (loi islamique) dans l’administration et la justice, renforçant ainsi le caractère théocratique de l’État (Niane, 1984, p. 204).
46Le pèlerinage d’Askia à La Mecque en 1496 vient par ailleurs légitimer cette politique. Lors de ce voyage, il rencontre les plus grands savants du monde musulman, renforce les liens spirituels avec le califat et obtient le titre de « calife de l’Afrique de l’Ouest », titre symbolique qui renforce la légitimité religieuse de son pouvoir.
47En érigeant le savoir islamique au rang d’outil de gouvernance et de cohésion sociale, Askia Mohammed dote le Songhay d’un socle culturel et intellectuel durable. Sa politique éducative marque une rupture décisive avec l’héritage religieux plus pragmatique de la dynastie Sonni et contribue au rayonnement de l’empire dans l’ensemble du monde islamique sahélien.
Diversité ethnique et intégration des populations
48La diversité ethnique de l’empire Songhay constitue l’un des principaux défis auxquels Askia Mohammed doit faire face pour consolider son autorité sur un territoire aussi vaste qu’hétérogène. De Gao à l’Adrar, en passant par le Macina, les régions haoussas, le Liptako ou le Gourma, l’empire intègre une multitude de groupes linguistiques, culturels et sociaux : Songhay, Peuls, Mandingues, Haoussas, Touaregs, Zarmas, etc. Dans ce contexte, la gestion de la diversité devient un impératif politique et un levier de stabilité.
49Conscient de cette réalité, Askia Mohammed met en œuvre une politique d’intégration fondée sur l’alliance avec les élites locales, notamment musulmanes. Il ne cherche pas à imposer une culture dominante, mais plutôt à fédérer autour d’un projet impérial commun, appuyé par l’islam comme facteur d’unité (Bathily, 1992, p. 123). Les chefs de communautés, particulièrement ceux déjà islamisés, sont maintenus à leurs postes ou intégrés dans l’appareil administratif en tant que gouverneurs, cadis ou collecteurs d’impôts. Cette stratégie permet non seulement d’assurer leur loyauté, mais aussi de s’appuyer sur leurs réseaux d’influence pour étendre l’autorité centrale sans recourir systématiquement à la force.
50Cette politique d’inclusion est également perceptible dans la justice, où les coutumes locales sont parfois tolérées, à condition qu’elles n’entrent pas en contradiction directe avec la charia. Le système administratif mis en place respecte une certaine autonomie régionale, ce qui évite les tensions liées à des tentatives d’assimilation forcée. Le recours à une administration plurielle et décentralisée, couplée à un encadrement religieux homogénéisant, permet d’asseoir une cohésion territoriale efficace.
51Par ailleurs, la langue arabe, langue de l’islam, joue un rôle unificateur dans les échanges lettrés, tandis que les langues locales continuent d’être utilisées dans les relations quotidiennes, sans marginalisation. Cette cohabitation linguistique favorise un vivre-ensemble relativement pacifique dans l’empire. Ainsi, la politique d’Askia Mohammed à l’égard de la diversité ethnique ne repose ni sur la domination culturelle, ni sur l’exclusion, mais sur une forme de gouvernance inclusive, adaptative et religieusement encadrée. Ce choix pragmatique contribue fortement à la stabilité politique de l’empire et à la durabilité de son administration.
Mécénat et construction d’infrastructures (mosquées, écoles)
52Le mécénat architectural et culturel d’Askia Mohammed s’inscrit dans une stratégie politique de légitimation et de rayonnement de l’empire Songhay. En investissant dans les infrastructures religieuses et éducatives, le souverain donne une dimension concrète à son projet de centralisation politique et d’islamisation sociale. L’un des symboles les plus éloquents de cette ambition est la mosquée de Gao, édifice monumental connu aujourd’hui sous le nom de Tombeau des Askia. Érigée selon le style soudano-sahélien, cette construction témoigne de la volonté d’Askia de lier tradition architecturale locale et expression du pouvoir islamique (Levtzion, 1973, p. 215). Outre Gao, c’est surtout dans les cités savantes de Tombouctou et Djenné qu’Askia Mohammed déploie son mécénat. Il encourage la construction d’écoles coraniques, de médersas et de bibliothèques, dans lesquelles sont copiés, conservés et enseignés des manuscrits couvrant le droit, la théologie, la grammaire arabe, l’astronomie ou encore la médecine (Hunwick, 1990, p. 61). Ce soutien renforce le statut de ces villes comme pôles intellectuels majeurs de l’Afrique de l’Ouest musulmane, attirant des étudiants et érudits de tout le Sahel.
53Cette politique architecturale et culturelle remplit une double fonction. D’une part, elle renforce le prestige du pouvoir impérial à travers des constructions visibles et durables, devenues des repères symboliques dans l’espace urbain. D’autre part, elle participe à l’ancrage de l’islam dans les structures sociales, en rendant l’éducation religieuse plus accessible et en institutionnalisant les élites savantes comme piliers de l’ordre impérial. L’architecture devient ainsi un vecteur de cohésion sociale, d’unification idéologique et d’affirmation politique.
54Loin d’être un simple embellissement du pouvoir, le mécénat d’Askia Mohammed traduit une vision impériale intégrée, où l’urbanisme, la religion et la culture participent pleinement à la consolidation de l’État. Ce choix contribue à forger une identité impériale songhay respectée et reconnue au-delà des frontières, jusqu’au Maghreb et au Moyen-Orient.
Conclusion
55La puissance de l’empire Songhay sous le règne d’Askia Mohammed (1493-1528) repose sur une combinaison remarquable de réformes politiques, militaires, religieuses, économiques et culturelles. En consolidant son pouvoir par une légitimation islamique, en structurant une administration centralisée, en renforçant l’armée et en intégrant les élites locales, Askia établit les bases d’un État fort et unifié. Sa politique expansionniste, appuyée par une armée réformée et une stratégie territoriale efficace, étend l’influence du Songhay sur une grande partie de l’Afrique de l’Ouest, de l’Adrar mauritanien aux cités haoussa.
56L’islamisation de l’État joue également un rôle clé dans la théocratisation du pouvoir. En s’alliant aux oulémas et en institutionnalisant la charia, Askia Mohammed ancre son autorité dans un référentiel religieux partagé. Cette orientation renforce non seulement la cohésion idéologique, mais aussi l’intégration des régions conquises. Parallèlement, la puissance de l’empire Songhay repose sur une base économique solide. L’agriculture, bien exploitée grâce à l’irrigation et à une main-d’œuvre mobilisée, garantit l’autosuffisance et soutient l’armée. Le commerce transsaharien, centré sur l’or, le sel et les esclaves, relie l’empire aux marchés nord-africains, générant d’importantes ressources. Une fiscalité structurée permet à l’État de redistribuer les richesses et de maintenir l’ordre. En parallèle, le rayonnement culturel, nourri par la construction de mosquées, la promotion des sciences islamiques et l’intégration des peuples, renforce l’unité de l’empire. Tombouctou, Djenné et Gao deviennent des centres de savoir et de prestige impérial. En définitif, le règne d’Askia Mohammed constitue une période charnière dans l’histoire politique ouest-africaine. Il incarne l’apogée du modèle impérial islamisé dans la région sahélienne, et son œuvre marque durablement les représentations du pouvoir en Afrique précoloniale. Toutefois, cette puissance, bien qu’impressionnante, demeure fragile. Après son règne, l’empire montre des signes d’essoufflement institutionnel et militaire, qui seront exploités à la fin du XVIe siècle par les ambitions extérieures, notamment marocaines.
Bibliographie
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Pour citer ce document
Quelques mots à propos de : Mouhamed MOUSSA ALI
Département d’Histoire
Université Abdou Moumouni de Niamey, Niger
mohamedmoussaali407@gmail.com
Quelques mots à propos de : Mouhamadou ABOUBACAR ABDOU
Département d’Histoire
Université Abdou Moumouni de Niamey, Niger
mahamadouaboubacar271@gmail.com