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N°42-Dec 2025
Les groupes d’autodéfense au Sahel : dynamiques émergentes et enjeux de la coproduction de la sécurité
Résumé
Le terme coproduction de la sécurité dans cet article, signifie une technique contractuelle qui au-delà de rassembler une diversité d’acteurs, encourage notamment, leur partenariat, la mutualisation de leur expérience, de leur ressources et actions ainsi que la coordination de ces derniers pour lutter contre l’insécurité ressentie par les citoyens. Ainsi, il ressort des résultats d’ analyse que, l’émergence de groupes d’autodéfense au sahel, réside de la dynamique de l’insécurité, offrant ainsi une protection aux communautés vulnérables. Dés lors ils ont attiré l’attention de décideurs politiques et sont devenus des acteurs et partenaires des États dans la délivrance de la sécurité. En outre, les éléments d’investigation révèlent que, bien que ces groupes d’autodéfense aient contribué à la sécurisation de certaines localités, leur implication soulève des inquiétudes, notamment sur la pratique de la justice informelle et l’ intensification de la violence armée.
Abstract
The term security co-production in this article, means a contractual technique that beyond bringing together a diversity of actors, encourages their partenersship, the sharing of their experience, ressorces and actions as well as the coordination of these to combat theinsecurity felt by citizens. Thus, the analysis results show that the emergence of self-defense groups in the sahel is due to the dynamics of insecurity, thus ofering protection to vulnerable communities. Since then, they have attracted policy makers and becomme actors and parteners of the states in co-production.
The elements of investigation in the second part reveal that, although these self-defence groups have contributed to securing some localities, their involvement raises concerns, especially about the pratice of informal justice and the intensification of violence.
Table des matières
Texte intégral
pp.199-219
Introduction
1Depuis la destruction de la Libye en 2011, couplée avec la crise politique du Mali en 2012, la situation sécuritaire au sahel est extrêmement préoccupante, marquée par une forte présence de groupes armés terroristes, des réseaux criminels, les conflits locaux et une instabilité politique croissante 1. Les principaux acteurs les plus actifs, regroupent l’État Islamique dans le Grand Sahara(EIGS) dirigé par Adnan Abou Walid Al-Sharoui et Jama’at Nusrat al-Islam Wal-Muslimin(JNIM) dirigé par Iyac Aghaly 2. Les zones frontalières du Burkina Faso, du Mali et du Niger, sont touchés particulièrement par les incidents sécuritaires fréquents, tels que les attaques contre les civils et les positions militaires, les enlèvements et les affrontements armés, rendant cet espace en spirale de la violence3. Le nombre de civile tués est passé de deux cent (200) en 2017 à plus de 2440 en 2020 4. En raison de multiples attaques, contre les avant-postes militaires par les groupes terroristes, les armés se sont retirées des zones ayant un besoin urgent de protection. De son côté les communautés locales qualifient cette tactique de l’abandon5. La combinaison de la dégradation du climat sécuritaire, la banalisation de l’accès aux armes , la crise de confiance dans les institutions étatiques, et la multiplication des sources et formes de violence et d’exaction perpétrée contre les populations civiles, aboutit sans surprise à la tentation pour les communautés locales à former des groupes d’autodéfense6. Cette tentation réside dans une logique d’organisation afin de se protéger soi-même et de défendre son espace dans le contexte général d’un sentiment d’abandon par l’Etat et d’une vulnérabilité démesurée de petites communautés rurales isolées face aux incursions de criminels, de groupes armés exogènes ou d’autres acteurs violents et menaçants et la plupart de ces initiatives s’arroge des prérogatives de recours aux armes à feu qui, dans un climat de compétions intercommunautaire, et contribue à perpétuer le cycle de la violence 7.
2Les groupes d’autodéfense se multiplient et deviennent de plus en plus une préoccupation politique et sécuritaire majeure dans l’espace sahélien. Cette initiative très ancienne ressuscitée à la hauteur des menaces, est perçue comme une solution alternative par les élites locales, et attire dès lors les décideurs politiques dans une nouvelle approche pour combler le vide sécuritaire, et devient un élément central d’une tendance plus large à l’externalisation de la sécurité publique 8.
3Le terme coproduction de la sécurité signifie une technique contractuelle qui au-delà de mobiliser autour d’elle une diversité d’acteurs, favorise notamment, leur partenariat, la mutualisation de leur expérience, leur moyens et actions ainsi que la coordination de ces derniers pour lutter contre l’insécurité ressentie par les citoyens 9.
4Bien que la collaboration avec des groupes d’autodéfense en matière de coproduction de la sécurité semble efficace, ils arrivent à délégitimer les États en tant que nouveaux détenteurs du pouvoir au niveau local où les États sont absents et deviennent pyromanes du cycle de violence .
5La question centrale que nous nous posons est de savoir comment l’émergence de groupes d’autodéfense, malgré ses avantages, constitue des risques dans la coproduction de la sécurité ?
6L’objectif global de la recherche est d’analyser les avantages et les risques de la formation de groupes d’autodéfense au sahel dans la coproduction de la sécurité. Plus spécifiquement il s’agit d’analyser la genèse, les impacts positifs et les dérives liées à la prolifération de groupes d’autodéfense au sahel dans la délivrance de sécurité. Afin de structurer l’analyse , deux questions de recherche ont guidé notre démarche.
• Comment les groupes d’autodéfenses évoluent-ils et quels sont leurs effets bénéfiques dans la délivrance de la sécurité?
• Comment ces groupes d’autodéfenses évoluent-ils pour devenir de nouveaux acteurs porteurs de dérives sécuritaires au sahel?
Comme tout travail de recherche scientifique, il convient de formuler les hypothèses suivantes :
- L’évolution des groupes d’autodéfense au sahel pour lutter contre l’insécurité a donné des résultats satisfaisants . En effet, la baisse de nombre d’incidents sécuritaires dans leurs zones de responsabilité témoigne leur capacité d’actions.
- Les groupes d’autodéfense nouveaux maitres du pouvoir local catalysent la violence au sahel. En effet la pratique de la justice informelle et les règlements de compte par l’usage des armes sont des référentiels exacerbant la violence.
7Pour examiner notre problématique, la méthodologie de collecte des données dans cet article se vaut qualitative. Elle est basée sur l’entretien semi-direct, observation et la revue des articles, rapports, mémoires, thèses et documents de rigueur scientifique. En effet au total cinq(05) entretiens nous ont été accordés, et les profils des enquêtés sont tous de sexes masculins selon un critère de choix raisonné. Les documents sont choisis selon leur pertinence scientifique, fiabilité, objectivité, clarté et accessibilité. La méthode d’analyse quant ‘à elle , s’est basée sur une approche descriptive et critique.
8Il s’agira dans cet article d’analyser l’émergence de groupes d’autodéfense et leurs apports positifs dans la délivrance de la sécurité (I) à fin d’examiner leurs dérives sécuritaires (II).
Les groupes autodéfense dans la coproduction de la sécurité : entre émergence et apport positif
9Dans cette partie , nous essayerons d’analyser la genèse de l’évolution des groupes d’autodéfense (A) afin d’examiner leurs résultats positifs enregistrés dans la lutte contre l’insécurité(B)
Evolution des groupes d’autodéfense au sahel
10Dans les pays du sahel, notamment au Burkina Faso, au Mali et au Niger et dans une certaine mesure au Nigeria l’ environnement des zones frontalières rendu désertique par les forces régaliennes reste profitable au développement des groupes armés non étatiques 10. En 2020 le Mali, le Burkina et le Niger ont enregistré 1096 attaques contre les civils ayant occasionné la mort de 2440 civils11. Les populations , abandonnées, ont-elles parfois recours à des groupes d’autodéfense néo-traditionnels pour combler le vide sécuritaire12. L’analyse de Mathieu Pellerin en 2022 explique clairement les différentes formes d’autodéfense organisées à l’échelle des communautés. Ainsi on retrouve au sein des communautés haoussa au Niger et au Nigeria ( le yambagas , le Yan Farautaet le yansakai) , au Mali (les Dozos , le Dan Na Ambassagou , Sekou Bolly , le MSA et le GATIA) , et au Burkina Faso( les koglweolgo , les ruggas , et les Dozos également)13. A cela s’ ajoutent dans la région de Tillaberi, dans le département de Torodi les « koglweolgos 14» imités de Burkina Faso et les autres milices à bases communautaires dans le rang de Zarma (Batama Gonda Koy ) généralement trouvées aujourd’hui dans les départements de Banibangou et Oualam 15.
11Au Burkina Faso, de 1970-1980, les comités de vigilance ont été créés par les autorités, dix ans après(1990), les associations de chasseurs dozos qui existent depuis de siècle s’organisent pour lutter contre le banditisme. Le nombre de dozo est estimé à 18000 membres principalement présents dans les régions de l’ouest et de la Boucle du Mouhoun.16Ainsi à partir de l’année 2000, les koglweogo font leur apparition pour répondre aux crimes environnementaux tels que la chasse et l’exploitation forestière illégale, mais entre 2010-2015 leur mission change le camp pour s’orienter à lutter contre le banditisme . La situation politique instable couplée à l’avènement de groupe terroriste occasionnent leur prolifération et devient incontrôlable par l’Etat 17. Le nombre de koglweogo est estimé 45000 hommes , composés de 4000 groupes en 202318. Quant aux ruggas, leur nombre est estimé entre 3000 à 16000 hommes répartis dans 7 régions du Burkina Faso et au-delà des frontières avec des points focaux19.
12Au Niger, l’histoire de groupe d’autodéfense remonte aux années 1990 suite à la rébellion touareg et Toubou. En effet, pour contrecarrer la rébellion , des mouvements ou organisations de Commission d’Autodéfense(CAD) et les Comités de Vigilance de Tassara(CVT) ainsi que ceux issu de la communauté peule de Tillaberi ont vu le jour . Ces organisations dont la charge est de protéger leurs communautés contre les razzias, contribuent à combler le vide sécuritaire de l’État dans ses limites à assurer ses rôles régaliens20. Après cette période, une autre organisation dénommée yanbaga a vu le jour suite à la dissolution du parti unique PPN-RDA et l’avènement du multipartisme pour répondre au besoin sécuritaire après le coup d’État du General Seyni Kountché 21. Cette structure ayant montré ses limites, a disparu dans la nature, et laissé au centre du débat dans le département de Torodi le Koglweogo. Ce dernier a pu naitre dans les années 2016 suite à la doléance de la population de Makolondi et Torodi dans un contexte du banditisme à grande échelle 22. Dans le secteur de Banibangou, après plusieurs attaques et assassinats des civils dans la région de Tillaberi par les groupes armés non étatiques , principalement EIGS et ses alliés, en 2020, dans un document formulant dix-huit recommandations pour stabiliser la région de Tillaberi, le Comité Union Tillaberi pour la Paix, la Sécurité et la Cohésion Sociale, une organisation principalement Zarma( groupe ethnique de l’ouest du Niger) a appelé à former des groupes d’autodéfense. Ainsi aux alentours de Tchomabangou , les habitants de plusieurs villages se sont rassemblés pour créer le groupe d’ autodéfense communautaire. Certains éléments de la recherche expliquent qu’ une branche de groupes d’autodéfense dénommée « Batama Gonda Koy » en zarma ou « la terre a son propriétaire » en français opère dans trois villages de la commune de Tondikiwindi dans le département de Ouallam23.
13Au Mali l’histoire de dozo remonte à Soundiata Keita, le fondateur de l’empire du Mali au XIIIe siècle. Les autres groupes d’autodéfense notamment Dan Na Ambassagou, le MSA et le GATIA ont vu le jour dans un contexte de l’avènement du terrorisme et de la criminalité organisée.24
14Au Nigeria l’histoire de groupes d’autodéfense locaux remonte depuis les années 1960 et s’étend jusqu’à 1999- mis en place par les communautés pour répondre à la criminalité. En suite dans les années 2010-2013 apparaissent le Yangora rebaptisé en « Civilian Joint Task Force » dans l’Etat de Borno entre 2013-2019 et le yan Sakai< dans l’État de Zamfara25. Le nombre de CJTF en mi-2014 était estimé à 45000 membres dans l’Etat de Borno.26 Apres avoir évoqué l’évolution des groupes d’autodéfense, il convient d’analyser leur apport positif.
Les effets positifs de groupe d’autodéfense dans la coproduction de la sécurité
15Au Burkina Faso, les Koglweolgo, à travers l’article 251-34 du code de procédure pénale burkinabé, sont des partenaires des forces de police et de gendarmerie nationale dans la lutte contre la criminalité et le banditisme d’une part à travers la fourniture d’informations et d’autre part via l’interpellation des criminels pris en flagrant délit. Avec l’avènement de terroriste beaucoup ont préféré rester dans la lutte contre le banditisme pour de raisons d’ordre logistique et surtout d’armement. Néanmoins ceux de certaines régions(nord, centre, nord et centre-sud) participent activement à la lutte contre le terrorisme.27. Les résultats enregistrés par les koglweogo sont encourageants, notamment dans la province du Ziro, qui était classée comme une zone rouge. la police explique que , les koglweogos ont contribué à améliorer la sécurité dans cet espace grâce à leur ancrage local en lien avec les référents traditionnels et leur proximité avec la population28. Cette reconnaissance des bons résultats se retrouve aussi chez les autorités du Faso. C’est pourquoi, le Président de la République du Faso, l’ancien président de l’assemblé nationale et le ministre en charge de la sécurité, ont lancé un vibrant appel à la collaboration entre Koglweogo et Forces de défense et de sécurité29.
16Au Niger, le groupe des Koglweogo, imité du Burkina Faso, a enregistré des résultats positifs dans la lutte contre le grand banditisme dans le département de Torodi, comme affirme le président des comités de vigilance lors du forum communautaire en 2017 à Torodi : « À moins de 4 mois d’ activités, 44 armes ont été immobilisées dont 30 pistolets de fabrication locale, 12 fusils de chasses, un 01 AK47 et un autre fusil de chasse sophistiqués, et un autre effort à saluer, est la dénonciation de 22 coupeurs de route »30. La victoire est acquise depuis la mise en place des comités de Kogwealgos, car les choses ont changé positivement sur la paix et la quiétude sociale. Selon le maire de Torodi, aujourd’hui personne n ‘ a plus peur de dénoncer un voleur et c’est pourquoi nous saluons ceux de près ou de loin qui ont contribué à la réussite de la mission.
17Dans les localités de Banibangou, Oualam et Téra les groupes d’autodéfense, ont contribué à plusieurs reprises à lancer une offensive contre les groupes terroristes. À Diblo dans le département de Téra le 26 juillet 2025, un accrochage a eu lieu entre les terroristes et le groupe d’autodéfense. Cet accrochage était en faveur des groupes d’autodéfense qui ont neutralisé un (01) terroriste et deux (02) motos, et récupéré un (01)AK47, un (01)portatif et plusieurs effets militaires31. Cependant dans leur manœuvre les groupes d’autodéfense perdent en personnels et en matériels comme la manœuvre du 12 novembre 2021 au cours de quelle, le maire et 70 membres de groupe d’autodéfense de Banibangou sont décédés32. À cela s’ajoute l’affrontement dans le village de Dekedeké qui s’est soldé avec la mort de cinq(membres) de groupe d’autodéfense et quatre (4) blessés33.
18Au Mali, le MSA et le GATIA, ont contribué à plusieurs opérations avec les Forces de défense et de sécurité maliennes( FAMA). Le Groupe d’autodéfense Dan Na Ambassagou a été sollicité par l’armée malienne et les troupes françaises pour leur bonne connaissance du terrain lors de missions opérationnelles. De même à la demande du gouvernement malien , ce groupe a participé à la sécurisation de l’élection présidentielle dans plusieurs localités du cercle du pays en juillet 201834.
19Au Nigeria, depuis 2011, le Yan Banga a contribué dans la lutte contre les délits tels que le vol à main armé et le banditisme armé. En 2013, ce groupe a été intégré dans le cadre de sécurité de l’Etat. Depuis 2019- 2020, la situation s ‘est répandue., le Yan Banga rebaptisé en Civilian Joint Task Force dans l’Eta de Borno et le Yan Sakai dans le Zamfara ont participé dans l’ opération Ammotekum. Les initiatives similaires ont vu le jour dans plusieurs localités du pays telles que l’opération Delta Hawk en décembre 2020, l’opération « Shege ka Fasa » dans le nord du Nigeria en février 2020, et des volontaires communautaires de l ‘Etat de Benue en 202235. Après avoir donné un aperçu sur l’évolution et l’apport positif des groupes d’autodéfense, il convient d’analyser les dérives sécuritaires.
les groupes d’autodéfense détenteurs du pouvoir et catalyseurs de la violence
20Dans cette partie, nous attacherons à analyser les groupes d’autodéfense amés , assimilés aux nouveaux gendarmes villageois(A) Afin d’étudier leur rôle en tant que catalyseurs du conflit(B)
21Les groupes autodéfenses armés assimiles aux nouveaux gendarmes villageois
Les groupes d’ autodéfense recouvrent une gamme d’actions collectives dans la production de la sécurité , dont la vocation proclamée est de maintenir l’ordre et d’exercer la justice , au nom de normes juridiques ou morales là où les Etats semblent absents36.
22Au Burkina Faso, depuis quelque temps, les groupes d’autodéfense Koglweogo, ont adopté une sorte du mimétisme d’Etat et se sont arrogés des pouvoirs de police et de justice et appliquent leurs propres lois dans plusieurs parties du pays. Ils se sont mis dans une position de créer une sorte de bureaucratie dans leur fonctionnement pour se remplir les ventres , à travers la perception de taxes illégales, mais aussi à des revendications de contrôle territorial37. Ces groupes tiennent des registres des arrestations, s’astreignent au profil du port d’ uniforme, prélèvent des taxes, recourent à un processus de règlement de litige. Ils représentent une forme hiérarchisée de commandement avec des cartes professionnelles à l’ interieure des groupes pour se distinguer du reste de la population, et s’autorisent à effectuer des contrôles des citoyens et même des arrestations de plus en plus controversées. Le mimétisme d’Etat par ces groupes des koglweogo a été déterminant dans la rupture avec les autorités du pays comme expliquent les agents de police « Lorsque les kogweogo ont commencé à adopter des méthodes qui ne conviennent pas », il y a eu une « rupture » entre eux et nous disaient les policiers interrogés ». Ce mimétisme se pratique et se traduit aussi par des « méthodes » controversées comme l’exercice de la violence dont les koglweogo s’arrogent le monopole sur un territoire délimité38.
23Au nord-est du Nigeria, les recherches perçoivent que les Civivilians Joint Task Force( CTJ TF), composés de chasseurs traditionnels, de yan Gora, et de volontaires, deviennent des autorités auxquelles les civils se réfèrent en cas de délits et crimes mineurs. Dans cet espace ils sont devenus maitres de leurs territoires, étendant continuellement leurs prérogatives dans les domaines régaliens : fiscalité, sécurité, défense et justice. D’abord utilisées par les Etats, ces groupes d’autodéfense finissent par supplanter les représentations locales de ces Etats et définissent leurs propres modes de gouvernement39.
24Au Niger, dans le département de Torodi, le Kogweogo dans son mimétisme d’État, a créé un centre de requête des plaintes par les victimes des vols et harcèlement dénommé « Gantanamo ».40 Le service de centre est assuré en permanence par un système de relève à l’image de FDS. L’usage de la torture et de la violation des droits humains de la part de membres sur les présumés voleurs a créé un climat d’incrédibilité aux yeux de certaines populations41. Dans le secteur de Banibangou et Oualam, depuis quelques temps, le groupe d’autodéfenses dans la région de Tillaberi seraient soupçonnés de pratique de mimétisme étatique relatif à la taxation de certaines villageois et escorte de certaines marchandises42. Le groupe « est accusé de certains abus contre les populations civiles dans leur manœuvre comme affirment certaines autorités locales et certains membres de ladite localité »43. De cas d’attaques isolées et d’extorsion de bétail ont été signalés dans le département de Ouallam et Abala. Les justifications apportées par certains membres de groupe d’autodéfense reposent dans le manque de ressources adéquates. Ils ont fait part de leur besoin de ressources supplémentaires d’armes, de communication notamment les radios portatives, de nourriture, de transport, des salaires ou des allocations. Les différents abus commis leur permettraient de générer des ressources financières et d’obtenir des moyens opérationnels, mais ils risquent d’aggraver la situation en exacerbant le conflit plutôt que de le résoudre44.
Groupes autodéfense armées catalyseurs du conflit armé au sahel
25Dans le contexte actuel, marqué par l ‘externalisation de la sécurité aux groupes d’autodéfense à base communautaire, il n’ est pas sans surprise de voir le cycle de violence se multiplie dans les conflits intercommunautaires armés 45. Cela se traduit par la perte du monopole de la violence légitime des États 46en matière sécuritaire, et il revient à chaque communauté d’assurer sa propre sécurité, ce qui comporte de risque en matière de règlement de compte47.
26Au Mali, la prolifération des groupes d’autodéfense, souvent néo-traditionnelles et dans une apparence plus ou moins « ethnique » en particulier comme le groupe Dan na Ambassagou composé de dogon et le groupe de Sekou Bolly principalement de peuls , n’est pas sans conséquence quant à l’émergence des conflits intercommunautaires. Partout ces groupes d’autodéfense seraient accusés d’excès , de brutalité, d’ une économie du vol, du trafic, de la prédation, voire de la razzia 48. En juin 2021, d’autres éléments du rapport de la MINUSMA font état de très nombreuses violations de droits de l’homme contre les civils, augmentant le nombre d’enlèvement, imputables en grande partie à des groupes armés et milices communautaires dans le centre du Mali49. L’essor des djihadistes et des groupes d’autodéfense, lesquels recrutent souvent sur une base ethnique et communautaire a entrainé un cercle vicieux de tueries intercommunautaires 50. Les investigations révèlent qu’au Mali les combats entre éleveurs peuls et agriculteurs dogon ont fait de milliers de morts depuis 2016. Ils ont été en partie alimentés par l’enrôlement de nombreux Peul dans le GSIM et de dogon dans le groupe d’autodéfense Dana Ambassagou51. La perception de peul comme « complices des djihadistes »52 par Dan na Ambassagou aurait entrainé le massacre de 160 peuls à Ogossagou au Mali dans un cycle infernal de représailles. Les meurtres individuels et collectifs perpétrés par les djihadistes et les groupes d’autodéfense se multiplient dans le sahel dans un complexe d’antagonisme, de rivalité, de représailles et de violence 53. Le pourcentage de décès des civils tués ou suspects non armés au Mali imputables aux groupes d’autodense serait de 32.%54.
27Au Burkina Faso, l’émergence de nombreuses tueries a été enregistrée dans les années 2010 grâce au recrutement principal des groupes d’autodéfense des koglweogo, auprès des ethnies mossi, gourmantché, bisa et foulsé, dans un contexte de hausse activités djihadistes. L’implication armée des groupes d’autodéfense dans les guerres insurrectionnelles n’a pas entièrement amélioré la sécurité dans la majorité des zones, mais au contraire elle a même eu pour effet d’aggraver celles-ci dans la majorité des cas recensés55. L’usage des violences par les groupes d’autodéfense contribuent à auto réaliser la prophétie, au sens où les populations ciblées par ces groupes cherchent alors à s’en protéger en se tournant vers les groupes djihadistes56. Sous la bannière de l’absence de symbole de l’Etat, ces groupes d’autodéfense se font justice eux même et règlent généralement les conflits et les différends par les armes57. Ces milices koglweogo seraient responsables des « affrontements de Tialogo » en 201758. Au Burkina le pourcentage de civils ou suspects non armés tués imputables aux groupes d’autodéfense est de 18% 59. La loi N° 001-2022/ ALT du 11/11/2022 portant institution de volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP60 ) abrogeant la loi n°002-2020/AN du 21 janvier 202061 pourrait réduire les violences intercommunautaires.
28Au Niger, la découverte historique indique que dans les rebellions arabo-touareg des années 1990 et 2000, la nature de la violence a changé, et représentait un caractère plus meurtrier grâce à l’accès aux armes de guerre62. Cela aurait permis peu à peu la constitution, d’une génération de jeunes hommes vivant du métier des armes dans cette région. Ces groupes de jeunes ils sont généralement issus des communautés nomades (notamment touareg, dossaak et peul) et ont été utilisés par des entrepreneurs politiques pour constituer des groupes d’autodéfense communautaires63. Mathieu Pellerin, souligne qu’au Niger, la coalition antiterroriste mise en place en 2018 et qu’ a duré jusqu’à 2019 a causé plus de problèmes que la résolution. En effet les combattants de MSA et GATTIA ont été guidés par un agenda communautaire. La partialité communautaire de ces combattants et leurs usages des violences ont en réalité aggravé la crise dans cet espace 64. Dans le département de Banibangou , le groupe d’autodéfense de Banibangou aurait commis des agressions physiques à l’encontre de civils non armés , en assassinant , blessant et provoquant le déplacement forcé de civils65. Le règlement des comptes et des actes de représailles sous le prétexte d’un conflit local de longue date entre les communautés des éleveurs peuls et les communautés des agriculteurs zarma ont été observés66. Les conflits intercommunautaires ont été identifiés dans la région de Tillabéri au niveau de localités de Intahoune, Hagaye, Inteylaleine, Intahoune, Kalachi et Akoukou , Sine Godar. Kandadji, Maitalakia, Sanam, Rijian Mallam, IKarfane et Ekrafane67. Dans les environs de Tchomobangou , d’après l’analyse de Mathieu en 2022 de la page 16 à 17 , la création de groupe d’autodéfense aurait conduit à plusieurs massacres de très grande ampleur contre les civils issus des villages ou campements d’appartenances des leaders de cette initiative en 202168 : les massacres de Tchiomabangou et Zaroumadaret le 2 janvier 2021 faisant plus de 100 morts, celui de Banibangou mi-mars 2021 faisant 64 morts et celui de Tilia le 21 mars 2021 faisant 144 morts 69. C’est massacre renforce la haine communautaire et encourage les jeunes à s’enrôler et deviennent de vrais délivreurs de la violence comme nous édifie Kourama Ahmadou en 2000, de la page 94 à 95, que quand « on regagne la concession familiale, et trouva son père égorgé, son frère égorgé, sa mère et sa sœur violées, et les têtes tracassées, tous les parents proches et éloignés morts, et on a plus personne sur terre, ni père, ni mère, ni frère, ni sœur, et qu’ on est petit, un petit mignon dans un pays foutu et barbare ou tout le monde s ‘égorge que faire ? Bien sûr on devient un enfant soldat, un small-soldier, un chil-soldier, pour manger et pour égorger aussi »i70.
Conclusion
29La montée des groupes d’autodéfense au Mali, au Burkina Faso, au Niger et au Nigeria témoigne d’une réponse complexe aux crises sécuritaires et aux limites des institutions étatiques . Ces groupes , souvent constitués par des communautés locales face à la menace de groupes armés, illustrent un besoin urgent de protection et de sécurité. Cependant si les groupes d’autodéfense ont contribué dans une certaine mesure à endiguer la lente progression du banditisme et du terrorisme dans une approche d’externalisation de la sécurité publique en matière de coproduction de sécurité dans leur champ de compétence, ils ne sont pas exclus de dérives sécuritaires en matière, de concurrence des États dans leur fonctions régaliennes en gendarmes territoriaux, et voir même une utilisation abusive des violences et des violations des droits humains dans leur rang , intensifiant ainsi les conflits au Sahel . Le risque élevé d’usage des armes dans un conflit à caractère communautaire comme l’a été dans certains cas doit être l’objet des réflexions de décideurs politiques pour corriger les erreurs du passé. C’est pourquoi les États doivent prendre des mesures nécessaires pour intégrer les groupes d’autodéfense, en leur donnant une enveloppe institutionnelle pour en tirer profit , en limitant ou en prévenant les éventuels risques ou ceux déjà présents. Cela passe par la création des statuts légaux clairs, la définition de leurs missions, et zones d’intervention, et leur supervision par les autorités compétentes. Cette initiative permettra de limiter la course aux armements et leurs proliférations et va faciliter les traçages, le marquage des armes et enregistrement de leurs utilisateurs. Cette approche institutionnelle permettrait de renforcer les capacités opérationnelles de groupes d’autodéfense en termes de renseignement, de communication, de coordination, et des notions en matière des droits humains, droit humanitaire, gestion de conflit et l’utilisation des armes . La mise en place des mécanismes de suivi et évaluation réguliers des partenariats entre les FDS et les groupes d’autodéfense permettra les bonnes pratiques, de corriger les erreurs, de mesurer l’impact des actions , de garantir la recevabilité des acteurs et de réfléchir sur le processus de DDR de ces groupes d’autodéfense post-conflit.
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Notes
1 GAZIBO Kadidatou et all, observatoire de la gouvernance de la sécurité , rapport de monitoring n°42023, p8
2 KAH Walla, centre stratégique, les données et tendance récentes au Niger et au sahel, aout 2023, p28
3 ONU info, sommet du G5 sahel : Gutterres appelle à aller au-delà de la seule réponse sécuritaire, 16 février 2021, consulté le 12/07/2025 à 10h
4 NOHA Mouzannar, Sahel : ce qui doit changer, pour une nouvelle approche centrée sur les besoins des populations, avril 2021, p11
5 FREDERIC Baele et all, la protection humanitaire dans la région du Liptako-Gourma. Mécanismes locaux de protection et réponse humanitaire, 2020, p7
6 Danish Demining Group(DDG), rapport d’analyse des populations frontalières face aux conflits et à la violence armée dans le Liptako : expériences et perceptions locales à la frontière Mali-Burkina et Mali –Niger juillet 2019, p29
7 ibid.
8 FLORE Berger et all, les groupes d’autodéfense en réponse à la criminalité et aux conflits en Afrique de l’ouest : Tirer les leçons des expériences internationales, document de recherche OCWART-Tn°10 novembre 2023
9 HEYETE Herita Bita, l’avènement de la coproduction de la sécurité : Le bilan et les acteurs . Les annales de droit n°12, 6fevrier 2019
10 JEAN PIERREP Olivier de Sardan , le péril milicien au sahel, 2019, p3
11 NOHA Mouzannar, Sahel ce qui doit changer pour une nouvelle approche centrée sur les besoins des populations-Recommandations de la coalition citoyenne pour le sahel,2021 p 12
12 OLIVIER DE SARDAN Jean –Pierre l’enchevêtrement des crises au Sahel @édition Karthala, 2023, p35 volume 200 pages
13 Mathieu Pellerin , « Les groupes d’autodéfense , pompiers pyromanes du sahel », Notes de itfri, décembre 2022, https ://www.ifri.org, consulté le 01/08/2025 à 10h50
14 Les koglweogo se définissent comme des « surveillants », le mot étant composée de « protéger » ou « surveiller »(kogl) et de « territoire(weogo), définition tirée dans politiser le vide sécuritaire à propos des groupes d’autodéfense koglweogo au Burkina Faso par Zakaria Soré et all
15 MICHAEL Matongbada et ADA Nadia, les civils confrontés à l’insécurité dans la région de Tillaberi au Niger, 2023, p15
16 DCAF, Les groupes d’autodéfense au Burkina Faso, l’Etat et le citoyen, atelier de Bamako, 2023
17 FLORE Berger et all, groupes d’autodéfense en réponse à la criminalité et aux conflits en Afrique de l’Ouest : tirer les leçons des expériences internationales, document de recherche OCWART n°49/ novembre 2023, p3
18 DCAF, Les groupes d’autodéfense au Burkina Faso, l’Etat et le citoyen, atelier de Bamako, 2023
19 ibid
20 KORE LAWEL Chekou, Rébellion touareg au Niger-approche juridique et politique, 2012
21 Stratégie Nationale, de police de proximité, 2022
22 BEN HAMAYE Abderrahmane, Tillaberi : forum sur la sécurité, la prévention des conflits, la coexistence pacifique, le changement des mentalités et le développement à Torodi, mai 2017, Le Sahel, http://news.aniamey.com/H/798831.I , consulté /01/08/2025 à 10h 30
23 MICHAEL Matongbada et ADA Nadia, les civils confrontés à l’insécurité dans la région de Tillaberi au Niger, 2023, p15
24 institut français des relations internationales, https ://www.ifri.org, consulté le 01/08/2025 à 10h50
25 FLORE Berger et all, groupes d’autodéfense en réponse à la criminalité et aux conflits en Afrique de l’Ouest : tirer les leçons des expériences internationales, document de recherche OCWART n°49/ novembre 2023, p3. https ://globalinitiative.net consulté le 01/07/2025
26 ALI Al Shihabi, International Crissis Group(CGI), une arme à double tranchant : comité de vigilance et contre-insurrections africaines, rapport Afrique N°251, septembre 2017 , p37
27 DCAF, Les groupes d’autodéfense au Burkina Faso, l’Etat et le citoyen, atelier de Bamako, 2023
28 ZAKARIA Soré et all, politiser le vide sécuritaire à propos des groupes d’autodéfense koglweogo au Burkina Faso, Karthala / revue Politique Africaine , 2021 p 136 à 137
29 ibid.
30 ABDERRAHAMANE Ben Hamaye, Tillabéry : Forum sur la securit& , la prévention des conflits, la coexistences pacifiques, le changement des mentalités et le développement à Torodi, 29mai 2017 , journal ONEP
31 Centre intégré de coordination des opérations , Compte rendu opérationnel, le 26 /07/2025
32 JACQUES Deveaux, Niger, face aux djihadistes, les milices d’autodéfense se multiplient , publié le 25/11/2921, consulté le 22 mai 2025 à 12h59
33 entretien avec un membre de fds de la localité, le 05/05/2025
34 LAURENCE-AIDA Ammour, comment les groupes extrémistes violents exploitent les conflits intercommunautaires au sahel, janvier2020, https://africacenter.org consulté le 06/02/2023
35 FLORE Berger et all, groupes d’autodéfense en réponse à la criminalité et aux conflits en Afrique de l’Ouest : tirer les leçons des expériences internationales, document de recherche OCWART n°49/ novembre 2023, p3. https://globalinitiative.net consulté le 01/07/2025 à 17h20
36 VAERIE Rouamba-Quedrago, crise sécuritaire dans les pays du G5 sahel, comprendre pour agir, @ l’harmattan , 2021, p264
37 ZAKARIAa Soré et all, « politiser le vide sécuritaire à propos des groupes d’autodéfense koglweogos au Burkina Faso », Karthala Politique Africaine , 2021 p 136 à 137
38 ibid.
39 MATHIEU PELLERIN, les groupes d’autodéfense, pompiers pyromanes du sahel, @ ifri, 2022, p21
40 MAMANE Sani Souley et JEAN François Camel, Torodi et l’emprise des jihadistes : sociohistorique et dynamique acteurs d’une zone en insécurité bau Niger, 2024
41 MAHAMADOU Abdou, les groupes d’autodéfense, l’Etat et le citoyen : expérience du Niger 10 mai 2023
42 Entretien avec un membre de FDS servant dans la loclité, le 15./08/ 2024
43 MICHAEL Matongbada et NADIA Adam, les civils confrontés à l’insécurité dans la région de Tillabéry au Niger, décembre 2023 p32
44 ibid
45 SERGE Brunet et JOSE Javier, les milices dans la première modernité
46 FRATERNEL Amuri Misaka, Milices maï-maï , Dénonciation de l’impérialisme et politisation des masses rurales au Maniema(RDC), european scientific journal, juin 2017, P66
47 JEAN PIERRE Olivier de Sardan , le péril milicien au sahel, 2019, p11
48 ibid
49 Rapport de SAFERWORLD, pour ne pas perdre le Sahel, points de vue des populations sur l’insécurité et les interventions internationales : Mali, Niger et Burkina Faso, avril 2022, P14
50 Rapport crisis group, Niger : éviter l’aggravation des violences contre les civils à Tillaberi, Brienfing Afrique de crisis group n° 172, 28 mai 2021, pp 8 à 9
51 ibid
52 LAURENCE –Aida Amour, comment les groupes extrémistes violents exploitent les conflits intercommunautaires au sahel, 14 janvier 2020, p 4
53 JEAN Pierre Olivier de Sardan , le péril milicien au sahel, 2019, p1
54 NOHA Mouzannar , Sahel : ce qui doit changer, pour une nouvelle approche centrrée sur les besoins des populations, avril 2021, P11
55 ibid.
56 MATHIEU PELLERIN, les groupes d’autodéfense, pompiers pyromanes du sahel, @ ifri, 2022, pp 12
57 LAURENCE –Aida Amour, comment les groupes extrémistes violentes exploitent les conflits intercommunautaires au sahel, 14 janvier 2020, p 4
58 ZAKARIA Soré et all, « politiser le vide sécuritaire à propos des groupes d’autodéfense koglweogo au Burkina Faso », Karthala Politique Africaine , 2021 p 136 à 137
59 NOHA Mouzannar, Sahel : ce qui doit changer, pour une nouvelle approche centrée sur les besoins des populations, avril 2021, p11
60 Loi N°001-2022/ALT du 11/11 /2022 définit le volontaire comme « une personne de nationalité burkinabé , auxiliaire des forces de défense nationale et des forces de sécurité intérieure , servant de façon volontaire les intérêts sécuritaires de son village ou de son secteur de résidence ou de tout autre localités sur le territoire nationale , en vertu d’un contrat signé entre le volontaire et l’Etat »
61 ibid
62 Commissariat General Aux Refugiés et Aux Apatrides , Coi Focus Niger situation sécuritaire, 20 juin2019, P16
63 ibid.
64 MATHIEU PELLERIN, les groupes d’autodéfense, pompiers pyromanes du sahel, @ ifri, 2022, pp 16 à 17
65 BAKARY Diouara, les civils confrontés à l’insécurité dans la région de Tillabéry au Niger dans le rapport de center for civillians in conflict,, décembre 2023, p20
66 ibid.
67 CRISIS CGROUP, Niger éviter l’aggravation des violences contre les civils à Tillabéry, 28 mai 2021, p1 à 3
68 MATHIEU PELLERIN, les groupes d’autodéfense, pompiers pyromanes du sahel, @ ifri, 2022, pp 16 à 17
69 ibid
70 AHMADOU Kourama Allah n’est pas obligé, @ édition du seuil, septembre 2000, P 94 à 95
Pour citer ce document
Quelques mots à propos de : Maazou SAIDOU
Doctorant en science politique
Faculté des sciences Juridiques et politiques
Ecole Doctorale des Lettres, Arts Sciences de l’Homme et de la Société
Université Abdou Moumouni de Niamey/ Niger