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N°42-Dec 2025

Dan Djibo LAOUALI

La reconnaissance et ses différentes sphères chez Honneth

Article

Résumé

Axel Honneth prolongeant le projet de la théorie critique de l’Ecole de Francfort met en rapport trois (3) formes de reconnaissance avec trois (3) formes de rapport positif à soi, elles-mêmes distribuées dans trois (3) sphères sociales distinctes (amoureuse, juridique, sociale). Selon lui, le mépris de chacune d’elle est source potentielle des conflits qui conduisent à la lutte pour la reconnaissance. La première sphère est celle de l’intimité, la reconnaissance y passe par l’amour et l’amitié, son revers, c’est l’atteinte à l’intégrité physique. La deuxième sphère porte sur les relations juridiques, la reconnaissance dépend alors des droits qui nous sont attribués, le mépris de celle-ci est l’exclusion. La dernière concerne la contribution de nos activités individuelles au bien de la societé, le mépris ici, c’est l’humiliation et l’offense.

Abstract

Axel Honneth, extending the project of the Frankfurt School's critical theory, links three forms of recognition to three forms of positive self-relationship, themselves distributed across three distinct social spheres (romantic, legal, and social). According to him, contempt for each of these spheres is a potential source of conflicts that lead to the struggle for recognition. The first sphere is that of intimacy; recognition here is achieved through love and friendship, its downside being the violation of physical integrity. The second sphere concerns legal relations; recognition then depends on the rights granted to us, and contempt for this is exclusion. The last concerns the contribution of our individual activities to the good of society; contempt here is humiliation and offense.

Texte intégral

pp.220-241

Introduction

1Honneth à travers sa Lutte pour la reconnaissance (1992) pratique une pensée critique nourrie des sciences sociales et humaines mais fondée sur une longue tradition de philosophie théorique et éthique de l’Ecole de Francfort. C’est ainsi qu’il a introduit dans le champ de la philosophie sociale l’idée que, l’existence des individus et des collectivités ne consiste pas seulement dans des échanges de biens et de services utiles à la conservation de soi, mais aussi à des attentes de reconnaissance de la part d’un autrui approbateur.

2En effet, l’ensemble de nos rapports à autrui est traversé par des attentes de reconnaissance, car, l’image positive que nous avons de nous-mêmes dépend du regard, des jugements et des comportements d’autrui à notre égard. C’est pour cette raison que, nous restons toujours en attente des reconnaissances dans les interactions sociales.

3Mais, la particularité de Honneth est qu’en pensant la vie sociale comme intrinsèquement conflictuelle montre que ce conflit ne la détruit pas, parce qu’elle est animée par une lutte pour la reconnaissance. Contrairement à certains philosophes comme Machiavel et Hobbes qui ont pensé le champ social comme un espace de lutte pour la conservation de son existence, comme il l’a souligné que, la philosophie politique du XVIe et XVIIe s’est constituée « au moment où la vie en société est comprise comme une relation fondée sur la lutte pour l’existence », (Honneth, A, 2000, p;13).

4S’inspirant de la philosophie hégélienne d’époque d’Iéna, Honneth soutient que, les sujets humains doivent pouvoir développer une attitude positive envers eux-mêmes et pouvoir évoluer aussi dans un ensemble de conditions sociales favorables à la succession de trois (3) formes de reconnaissance. Bien plus, l’expérience positive de ces différentes sphères de reconnaissance garantit l’acquisition suffisante de confiance en soi, le respect de soi, ainsi que l’estime de soi.

5Néanmoins, une fois que, l’expérience vécue relève du domaine d’un déni de reconnaissance, la blessure morale s’instaure. Cette absence de reconnaissance demeure un mobile déterminant dans le déclenchement d’une lutte pour la reconnaissance, même si, ce conflit n’est pas absolument pas une menace à l’ordre social, mais au contraire « un medium même de l’intégration sociale », (Voirol, 2006, p ;21).

6Cette théorie de reconnaissance devient une théorie sociale parce que cette lutte devient collective pour « l’instauration des conditions intersubjectives de l’intégrité des personnes » (Honneth, A. 2013, p ;277).

7La question fondamentale est de savoir ici, en quoi, chez Honneth, l’injustice sociale entendue comme déni de reconnaissance, est à l’origine des luttes pour la reconnaissance ?

8Dans cette optique, notre travail s’articulera sur trois questions (I), Qu’est-ce que la reconnaissance ? (II), Les différentes formes de cette reconnaissance en lien avec les types de mépris, (III), pourquoi les mépris sont-ils les instigateurs de la lutte pour la reconnaissance ?

Qu’est-ce que la reconnaissance ?

9Le terme de reconnaissance n’appartient ni au vocabulaire politique traditionnel, ni au vocabulaire classique des sciences humaines. Malgré cela, le terme s’est dernièrement imposé autant comme sujet de préoccupation collective que dans les théories philosophiques, sociologiques et psychologiques.

10Sur la scène du travail et celle de l’exclusion notamment la théorie de la reconnaissance permet de prendre en charge des problèmes sociaux et politiques fondamentaux. En plus, le terme de reconnaissance a fait l’objet de différents débats politiques en jeu aujourd’hui, à savoir, reconnaissance de génocide, du couple homosexuel dans le cadre du débat concernant le mariage etc. Partant de ces différentes définitions, on comprend que, le terme reconnaissance n’est pas toujours pris au même sens.

11Dans certains cas, reconnaitre signifie également admettre que, quelque chose a eu lieu, dans d’autres admettre la légitimité d’une revendication, dans d’autres situations encore, le terme reconnaissance fait référence à l’image positive ou négative qu’autrui, ou la société elle-même, peut renvoyer à des individus. Dans son ouvrage, Parcours de reconnaissance (Paris, Stock, 2004) Paul Ricœur atteste que la reconnaissance est une notion polysémique, allant de l’identification d’un objet à la reconnaissance de soi-même (identité et mémoire) mais aussi à la reconnaissance mutuelle.

12Concernant, cet article, l’accent sera mis sur la théorie de la reconnaissance telle que développée par Honneth dans ses écrits notamment la Lutte pour la reconnaissance (2000). Puisque, sa pensée connait une importante actualité dans le champ philosophique contemporain, dans les domaines des sciences, dans les discours politiques, sociaux et moraux. Cette reconnaissance mutuelle(intersubjective) demeure le socle de sa théorie.

13Dans la préface de son ouvrage la Lutte pour la reconnaissance (2000), il précise qu’il s’est inspiré de Hegel, « Les écrits hégéliens de l’époque d’Iéna, avec leur vision d’une vaste « lutte pour la reconnaissance », offrent aujourd’hui encore la meilleure source d’inspiration », (Honneth, A. 2000. P ;7).

14Avec Hegel, le concept de lutte n’exprime pas un conflit permanent entre les hommes où chacun doit lutter contre chacun pour sauvegarder son existence, mais cette lutte est considérée comme un moyen moral par lequel un individu cherche à faire reconnaitre par un autre individu les aspects de son identité particulière, au lieu de partir de la guerre de tous contre tous.

15Le concept de lutte chez Hegel n’exprime pas un conflit permanent entre les hommes où chacun doit lutter contre chacun pour sauvegarder son existence, mais cette lutte est considérée comme un moyen moral par lequel un individu cherche à faire reconnaitre par un autre individu les aspects de son identité particulière, au lieu de partir de la guerre de tous contre tous. Honneth souligne qu’« une telle théorie a pour but d’expliquer les processus de transformation sociale en fonction d’exigences normatives qui sont structurellement inscrites dans la relation de reconnaissance mutuelle » (Honneth, A. 2000, p ;113).

16Il s’agit d’abord de comprendre, dans la perspective d’une théorie générale de la société,« la logique morale des conflits sociaux » ( Honneth, A. 2000, P ;84), à partir des  expériences de déni de reconnaissance, c’est-à-dire de « mépris », à la théorie desquelles Honneth consacre le chapitre VIII de son ouvrage la Lutte pour la reconnaissance  : Lorsque « ne sont pas respectées les règles implicites de reconnaissance mutuelle » ( Honneth, A. 2000, p ;191) et que les sujets et les groupes font des expériences de déni de reconnaissance, ou « mépris », alors se développent des « sentiments moraux d’injustice » ( Honneth, A. 2000 , p ;193) qui fourniront, sous certaines conditions, « dans la mesure où un nombre important de sujets les perçoit comme typiques d’une situation sociale » ( Honneth, A.2000, P ;97), « les motifs moraux d’une lutte collective pour la reconnaissance. » (Honneth, A. 2000, P ;195)

17Puis Honneth esquisse la possibilité d’une sorte de réactualisation d’une philosophie de l’histoire, qui pourrait être évaluée en termes de « progrès moral », par « référence à la logique générale de l’élargissement des relations de reconnaissance.  « On ne peut en effet, dit Honneth, mesurer la signification d’une lutte ou d’un conflit historique qu’une fois mise au jour sa contribution particulière à la réalisation d’un progrès moral dans l’ordre de la reconnaissance. » (Honneth, A. 2000, P ;201).

18Cette théorie de reconnaissance mutuelle développée par Honneth permet d’aboutir à un changement de paradigme au sein de la théorie critique de l’Ecole de Francfort. Elle permet de passer du paradigme de la communication(Habermas) à celui de la Lutte pour la reconnaissance. Ce nouveau paradigme de lutte pour la reconnaissance a eu un succès largement considérable dans plusieurs domaines notamment dans les domaines de la philosophie sociale, politique, et a envahi même le champ des sciences sociales de façon générale. C’est ce qui explique, le retour en force d’un tel concept de reconnaissance depuis quelques temps dans le champ de savoir.

19La question de la reconnaissance est appréhendée par l’analyse des sentiments négatifs de mépris, d’humiliation d’atteinte à la dignité. A ce niveau, Honneth explique que, cette question reconnaissance n’apparaissait que la négative. Dans ce contexte, des luttes sont menées par des individus ou des groupes pour échapper au mépris, car, ce n’est pas le désir d’affirmer la supériorité de son désir de reconnaissance qui est à l’origine de la lutte des hommes, mais, le désir, d’échapper au mépris, et précisément contre l’affirmation inégalitaire d’une supériorité.

20Avec le paradigme de la reconnaissance, la théorie critique prend son ampleur, ce qui a permis à Honneth une réappropriation des théories majeures de la philosophie sociale et politique classique sur les bases normatives renouvelées. L’importance accordée par Honneth aux questions normatives n’est pas un fait fortuit puisque ces questions étaient marginalisées dans un contexte théorique jusqu’alors dominé par des approches enfermées dans une anthropologie économiste.

21La tâche de la philosophie sociale consiste, selon Honneth, « à diagnostiquer parmi les processus de développement social ceux qui constituent une entrave pour les membres de la société et réduisent leur possibilité de mener à bien une vie bonne » (Honneth, A. 2006, p ;41). Il s’agit de chercher dans la compréhension des conflits ou des tensions qui traversent les interactions sociales le fondement de la société. Depuis quelques décennies se sont multipliées les études sur la reconnaissance, sous l’impulsion notamment du philosophe allemand Axel Honneth.

22En effet, la reconnaissance est souvent traitée dans sa dimension infrapolitique (les formes discrètes et quotidiennes de résistance des groupes dominés face au pouvoir) ramenant ainsi son mouvement à des identités dialogiques en quête de confirmation sociale vis-à-vis d’autrui. Cette reconnaissance peut toutefois être abordée à partir d’un questionnement à l’égard des sphères de l’Etat, selon un cadre d’analyse concernant l’attribution ou non des droits spécifiques. Le concept de reconnaissance se trouve au cœur des débats autour du vivre en harmonie avec soi et avec les autres.

23C’est pour cette cause qu’il suscite un intérêt dans les sciences humaines de façon générale. Honneth insiste sur le fait que, l’individu doit d’abord être saisi à partir du processus de socialisation afin qu’il puisse s’éprouver soi-même en se plaçant aux points de vue des autres membres de sa communauté ou du groupe social auquel il appartient, en mettant l’accent sur le rôle des interactions qui déterminent l’activité sociale des individus. L’expérience de la reconnaissance est fondamentale pour la construction de soi. Ce qui explique le besoin pour l’individu de la reconnaissance intersubjective de ses capacités et ses prestations. Honneth souligne que, « L’individu apprend à se percevoir comme membre particulier et à part entière de la société en prenant progressivement conscience de besoins et de capacités propres constitutives de sa personnalité à travers les modèles de réaction positive de ses partenaires d’interaction », (Honneth, A. 2002, p ;39).

24Ainsi, on peut affirmer que, si je ne reconnaissais pas un individu comme une personne en fonction des prestations sociales qui sont les siennes, je ne pourrais m’attendre à me voir reconnu à travers ses réactions. Autrui est donc celui que je dois reconnaître comme un individu doté des prestations et qualités qu’ils lui sont propres, et en même temps, lui aussi me reconnaît comme tel.

Les différentes formes de reconnaissance ainsi que les différentes sphères du mépris

25Le point de départ de la réflexion d'Honneth s'articule avec les premières idées d'Hegel qui accordent une importance particulière à la relation intersubjective. En effet, l'idée selon laquelle «la réalisation de l'être humain dépend de l'existence de relations éthiques, aux différents niveaux de l'amour, du droit et de la vie éthique, dont l'établissement procède uniquement d'un développement conflictuel marqué par la lutte pour la reconnaissance » (Voirol, 2006, pp ;19-20) représente l'une des principales thèses que l'on retrouve dans Système de la vie éthique (1802) d'Hegel et qui influence de manière importante le développement de la pensée d'Honneth.

26Il prétend par ailleurs tirer ces modes de reconnaissance du monde social vécu des sociétés modernes comprises comme résultat d’un processus historique de différenciation des sphères d’activité sociale. Ainsi, les trois (3) modes de reconnaissance reprennent des caractéristiques distinctes, suivant le vecteur de reconnaissance qu’ils s’impliquent, le rapport authentique à soi qu’ils dessinent, le déni de reconnaissance qui leur correspond pour les deux (2) derniers modes de reconnaissance, le potentiel qu’ils contiennent. C’est ainsi que Honneth affirme en ces termes :

 Les différents modèles de reconnaissance distingués par Hegel, écrit Honneth, peuvent être compris comme les conditions intersubjectives dans lesquelles les sujets humains s’élèvent à des nouvelles formes d’une relation positive à soi. Le lien entre l’expérience de la reconnaissance et l’attitude du sujet envers lui-même résulte de la structure intersubjective de l’identité personnelle : les individus ne se constituent en personne que lorsqu’ils apprennent à s’envisager eux-mêmes, à partir du point de vue d’un autrui approbateur ou encourageant, comme des êtres de qualités et de capacités positives. L’étendue de telles qualités, et donc le degré de cette relation positive à soi-même, s’accroit avec chaque nouvelle forme de reconnaissance que l’individu peut s’appliquer à lui-même en tant que sujet. L’expérience de l’amour donne ainsi accès à la confiance en soi, l’expérience de la reconnaissance juridique au respect de soi et l’expérience de la solidarité, enfin à l’estime de soi » (Honneth, A. 2000, p ;208).

27Cependant, il y a lieu de retenir qu’à ces trois (3) sphères de reconnaissance, il y a également trois (3) types de mépris y affèrent, dont chacun joue un rôle fondamental dans le déclenchement des conflits sociaux.

La reconnaissance amoureuse

28La première forme d’intégration sociale est la reconnaissance amoureuse. Cette sphère de la reconnaissance représente le stade le plus élémentaire dans l’établissement des premières relations sociales. L’amour est représenté à partir des relations primaires qui supposent des liens affectifs puissants entre un nombre restreint des personnes (Honneth, 2000). Grâce au concept d’amour, Honneth fait référence à l’une des prémisses de la psychanalyse, soit la précarité de l’équilibre entre l’autonomie et dépendance. C’est ainsi qu’il souhaite sortir d’une certaine orthodoxie psychanalytique pour l’élargir aux interactions sociales. Il écrit à cet effet que :

« Si cette théorie permet d'appréhender l'amour comme une forme particulière de reconnaissance, c'est d'abord par la manière spécifique dont elle fait dépendre la réussite des relations affectives de la capacité acquise dans la prime enfance à établir un équilibre entre symbiose et affirmation de soi » (Honneth, A. 2013, P ;166)

29Il faut retenir que cette forme de reconnaissance, basée sur l’intimité, qui passe par l’amour et l’amitié, rend possible la confiance en soi, sans laquelle les individus ne peuvent participer positivement et de façon autonome à la vie sociale. Ici, commence l’intersubjectivité dans toute vie humaine et que les individus font l’expérience de relations de reconnaissance réciproques qui leur permet d’accéder à un degré à chaque fois élevé d’autonomie.

30L’amour intègre toutes les relations primaires qui, sur le modèle des rapports érotiques, amicaux ou familiaux, impliquent des liens affectifs puissants entre un nombre limité de personnes. La sphère de l’amour a pour but de permettre au sujet d’être reconnu comme porteur de besoins affectifs et permettre également le développement d’un rapport à soi marqué par la confiance en soi nécessaire.

Ainsi, cette reconnaissance permet au sujet d’être reconnu à sa participation autonome à la vie publique et ce, dans la mesure où, à l’unité symbiotique, succède la reconnaissance réciproque des partenaires. Ici, Honneth s’accorde avec Hegel pour considérer l’amour comme le « noyau structurel de toute vie éthique » (Honneth, A. 2013, P ;183).

31Toutefois, cette reconnaissance permet de développer une idée selon laquelle, il est possible d’identifier de manière complète autant des formes des mépris. Le mépris peut être défini comme une interaction au cours de laquelle le sujet est blessé dans l’idée positive qu’il a acquise de lui-même dans le cadre de l’échange intersubjectif. Bien plus, l’idée normative du sujet dépend de la confirmation qu’il peut obtenir dans l’autre.

32Dans cette perspective, expérimenter le mépris suppose ainsi une atteinte morale qui menace de détruire son identité. Le déni de reconnaissance associé à l’amour est la menace à l’intégrité physique. Ce mépris lié aux sévices détruit la confiance élémentaire qu’une personne à en elle-même. A cet effet, « La particularité de formes d’offense physique, telles que la torture ou le viol, ne réside pas seulement dans la douleur physique qu’elles engendrent. Il s’y ajoute le sentiment d’avoir été exposé sans défense à la volonté d’un autre sujet jusqu’à en être privé de tout sens de la réalité », (Honneth, A. 2013, pp ;225-226).

33Face ce type de mépris, notre corps est comme sali, nous pensons que nous perdons son contrôle, pire, qu’il sera objet d’abjection pour autrui, et que nous ne pourrions plus séduire et désirer quiconque. En plus, cette forme de déni de reconnaissance est encore une fois anhistorique puisque, peu importe l’époque, la culture ou les systèmes de légitimations sociales, elle représente toute forme de sévices ou violences qui retire au sujet la possibilité de disposer librement de son corps.

La reconnaissance juridique

34La seconde sphère de cette reconnaissance mutuelle se manifeste dans l’attitude positive qu’un sujet adopte vis-à-vis de lui-même quand il fait l’expérience d’un type de reconnaissance basée sur le droit. Dans cette sphère juridique, il s’agit de se reconnaitre mutuellement comme de sujets de droits, précisément au sens juridique des personnes dotées de droits inter subjectivement reconnus et ceci parce que, selon cette fois George Mead, ils ont l’un comme l’autre connaissance des normes sociales qui président dans leur communauté, à la répartition des droits et des devoirs.

C’est dans cette optique que Honneth affirme :

Avoir des droits cela nous permet de garder la tête haute, de regarder les autres dans les yeux et de nous sentir fondamentalement l’égal de tous. Se considérer comme détenteur des droits, c’est développer un sentiment de fierté légitime, c’est avoir le minimum de respect pour soi sans lequel on ne serait pas digne d’amour et de l’estime d’autrui. Respecter les personnes (…) ce n’est peut-être que respecter leurs droits, de sorte que l’un ne va sans l’autre ; et ce qu’on appelle la dignité ce n’est peut-être rien d’autre que la capacité reconnue de revendiquer un droit », (Honneth, A. 2000, p;203)

35En s’appuyant sur les travaux de Thomas Marshall, « Citoyenneté et classe sociale », Honneth estime que « le contenu de reconnaissance du droit moderne s’est progressivement élargi » (Honneth, A. 2000, p ;141), d’une part, dans le sens d’élargissement des droits juridiquement garantis et donc de « l’enrichissement du statut juridique de la personne », des droits non seulement civils, mais aussi politiques puis sociaux, mais d’autre part, par « son extension à un nombre toujours croissant d’individus » ( Honneth, A. 2000, p ;143).

36Donc, c’est à une véritable universalisation de cette reconnaissance des droits que nous assistons avec le droit moderne, d’un côté, pour des raisons tenant à la notion Kantienne des droits et devoirs de la personne, « il faut au moins supposer chez ces sujets juridiques la capacité de se prononcer d’une manière rationnelle et autonome sur les questions morales » (Honneth, A. ,2000 p ;139), et de l’autre, pour des raisons tenant à la structure même de l’idée moderne du droit, « Toute communauté juridique moderne, pour la seule raison que sa légitimité repose sur l’accord rationnel entre individus égaux en droits, présuppose la responsabilité morale de tous ses membres »,(Honneth, A. 2000, p ;139). Honneth affirme davantage que :

Lorsque les exigences juridiques individuelles sont dissociées de la jouissance de tel ou tel statut social, alors seulement s’instaure ce principe universel d’égalité qui n’admet désormais d’ordre juridique que s’il ne tolère ni exception ni privilège. Parce que cette exigence se rapporte au rôle que l’individu joue comme citoyen, l’idée d’égalité prend en même temps le sens d’une appartenance « de plein droit » à la communauté politique », (Honneth, A. 2000, p ;141).

Cette reconnaissance juridique garantit le respect de la personne, et que c’est ce respect-là, par les autres qui garantit le respect de soi, ce qui prouve que,

 L’expérience de la reconnaissance juridique permet au sujet de se considérer comme une personne qui partage avec tous les autres membres de sa communauté les caractères qui la rendent capable de participer à la formation d’une volonté discursive. Cette faculté de se rapporter positivement à soi-même, nous pouvons l’appeler le « respect de soi (Honneth, A. 2000, p ;146).

37Avec la sphère juridique, le sujet doit apprendre à se comprendre comme étant un détenteur de droits de la même façon que les autres membres de la collectivité. En plus, le type de rapport positif que l’individu adopte à son propre égard en faisant l’expérience de cette sphère juridique est celui du respect de soi élémentaire. Cette reconnaissance juridique donne au sujet la capacité de se considérer comme une personne qui partage avec les autres membres de sa communauté les caractères qui la rendent en mesure de participer à la formation d’une volonté discursive. Cette faculté de se rapporter positivement à soi-même, nous pouvons l’appeler le « respect de soi ». (Honneth, A. 2000, p ;146).

38A cet effet, l’individu partage avec ses pairs les qualités d’un acteur moralement responsable de ses actes et jouissant d’une liberté reconnue et garantie inter subjectivement par le droit, car, les droits reconnaissent à l’individu « la capacité de se prononcer d’une manière rationnelle et autonome sur les questions morales » (Honneth, A.2000, p ;194).

39En outre, ses droits légaux, dont l’individu bénéficie, lui font prendre conscience qu’il peut aussi se respecter lui-même, parce qu’il mérite le respect de tous les autres sujets. Chaque personne peut se sentir avoir les mêmes droits que les autres personnes. Le respect de soi est considéré comme une attitude positive que l’individu est capable d’adopter à l’égard de lui-même, lorsqu’il est reconnu par autrui comme une personne. C’est en ce sens que Honneth nous enseigne que « Pour parvenir à l’intégrité de la relation à soi-même, les sujets humains doivent en effet nécessairement se voir confirmés ou reconnus dans la valeur de certaines facultés et certains droits » (Honneth, A. 2000, p ;195).

40Par contre, cette reconnaissance juridique n’est pas permanemment garantie puisque le sujet peut être victime d’un déni de reconnaissance. Ce déni de reconnaissance constitue une menace à l’intégrité sociale parce qu’elle s’articule dans l’expérience de la privation de droits ou bien dans l’exclusion. Le déni de reconnaissance ou le mépris empêche au sujet de s’envisager comme partenaire d’interaction « susceptible de traiter d’égal à égal avec tous ses semblables », (Honneth, A. 2000, p ;227). Avec un tel déni de reconnaissance, le même degré de responsabilité sociale ne lui étant donc pas accordé, il n’éprouvera pas le sentiment d’être un partenaire à part entière. Il est ainsi considéré comme incapable de formuler un jugement moral.

41Cette sphère du mépris social est à chercher dans les expériences d’humiliation qui peuvent affecter le respect moral lorsque la personne humaine se trouve exclue de certains droits au sein de la société. La privation de droit s’accompagne de manière typique d’une perte de respect de soi, de la capacité à se rapporter à soi-même comme à un partenaire d’interaction pourvu des mêmes droits que tous les autres, cette forme de mépris prive la personne de cette reconnaissance qui est impliquée par le respect cognitif de la responsabilité morale, laquelle a été péniblement acquise par la socialisation. C’est pourquoi, « L’expérience de la privation de droits s’accompagne, de manière typique, d’une perte de respect de soi, de la capacité à se rapporter à soi-même comme à un partenaire d’interaction pourvu des mêmes droits que tous les autres », (Honneth, A. 2000, pp;227-228).

La reconnaissance sociale

42La dernière sphère de reconnaissance ne porte ni sur un individu concret, ni sur une personne juridico-morale abstraite, mais plutôt à leurs propriétés et leurs trajectoires de vie singulière, formant la communauté éthique d’une société. Ici, on parle de l’estime de soi. Cette dernière résulte alors de la reconnaissance accordée à celles ou ceux qui façonnent la société. Sont estimées, les capacités et les qualités des individus à travers l’existence « d’un horizon de valeurs communes aux sujets concernés », (Honneth, A. 2000, P ;147).

43La reconnaissance juridique porte sur une qualité universellement partagée tandis qu’« une personne ne peut se juger « estimable » que si elle se sent reconnue dans les prestations qui ne pourraient être aussi bien assurées par d’autres », (Honneth, A. 2000, p ;213). Cette sphère de reconnaissance mutuelle permet à l’individu de se rapporter positivement à ses qualités et capacités concrètes. De façon plus précise, il s’agit de fournir des prestations dont la valeur sociale apporte à l’individu de la reconnaissance.

44Cette estime de soi est qualifiée par Honneth en ces termes : « l’expérience de l’estime sociale s’accompagne dès lors d’un sentiment de confiance quant aux prestations qu’on assure ou aux capacités qu’on possède, dont on sait qu’elles ne sont pas dépourvues de valeur aux yeux des autres membres de la société » (Honneth, A. 2000, p ;157).

De telle enseigne que, déprécier la valeur sociale de certaines formes de réalisation de soi rend difficile pour l'individu concerné le fait de se rapporter positivement à lui-même comme sujet d'estime. En outre, pour se développer, les individus ont fondamentalement besoin non seulement de l'encouragement d'autrui mais aussi de l'approbation intersubjective. En d’autres termes, le sujet doit pouvoir se sentir soutenu par la société dans ses relations pratiques à lui-même. Lorsque cette solidarité lui est manifestée, l’individu acquiert le sentiment de sa propre valeur.

C’est ainsi que, Honneth soutient :

45La solidarité, dans les sociétés modernes, est donc conditionnée par des relations d’estime symétrique entre des sujets individualisés (et autonomes) ; (…) « Symétrique » signifie que chaque sujet reçoit, hors de toute classification collective, la possibilité de se percevoir dans ses qualités et ses capacités comme un élément précieux de la société. C’est ce qui explique aussi que, des relations sociales comme celles que nous avons envisagées ici sous le concept de « solidarité » ouvrent pour la première fois un horizon dans lequel la concurrence individuelle pour l’estime sociale peut se dérouler sans soumettre les sujets à l’expérience du mépris. (Honneth, A. 2000, pp ;157-158).

46Le déni de cette reconnaissance engendre une dépréciation de la valeur sociale de certaines formes de réalisation de soi. Et cette dépréciation de la part des autres sociétaires donne lieu au sentiment de mépris, ce mépris qui est comme une menace à la dignité voire à l’honneur de la personne. Le mépris est à niveau relatif à la question d’humiliation et d’offense, car la valeur sociale de certains sujets ou groupes est jugée négativement. C’est ainsi qu’un regard de dénigrement est porté sur certains modes de vie individuels et collectifs.

47Lorsque le sujet est déclassé socialement, alors il est condamné à une perte d’estime de soi puisque, « il n’a plus aucune chance de pouvoir se comprendre lui-même comme un être apprécie dans ses qualités et ses capacités caractéristiques » Honneth, A. 2013, p ;229). Cette sphère de mépris empêche à la personne l’approbation sociale d’une forme d’autoréalisation à laquelle elle est parvenue péniblement grâce à l’encouragement reçue à travers la solidarité de groupe.

48Les conséquences individuelles de ces formes de mépris sont décrites à l’aide des métaphores évoquant des états de dégradations du corps humain. Ces dégradations ont trait au déneigement d’individus et/ou de groupes offensés, insultés dans les particularités émergentes de leur personnalité ou de leur mode de vie. C’est pourquoi Honneth affirme que, « Ce déclassement social va de pair avec une perte de l’estime de soi », (Honneth, A. 2000, p;165). De plus, les personnes declassées perdent l’estime de soi.

Honneth explique davantage que,

« Confrontés à la dévalorisation des modèles de réalisation de soi auxquels ils adhèrent, des individus ne peuvent pas se rapporter à l’accomplissement de leur existence comme à quelque chose qui est investie d’une signification positive à l’intérieur de leur propre communauté », (Cahier santé conjuguée, « Les Politiques de Reconnaissance à propos d’Axel Honneth », n°48 avril, 2009, PP ; 90-91)

Mode de reconnaissance

Affect et besoin

Responsabilité morale

Capacités et qualités

Institution

Relation affective

Relations primaires

(Amour et amitié)

Relation juridique

(Droit)

Communautaire de valeurs

(Solidarité)

Concept

Relation cognitive

Instinct intellectuelle

Confiance en soi

Respect de soi

Estime de soi

Forme de mépris

Sévices et violence

Privation de droits et

Exclusion

Humiliation

et offense

Forme

d’identité menacée

Intégrité physique

Intégrité sociale

Honneur et dignité

Tableau recapitulatif de differentes sphéres de reconnaissance ainsi que les mepris qui y sont afferents

Le mépris comme moteur de lutte pour la reconnaissance

49L’analyse de ces différentes sphères de reconnaissance permet d’appréhender avec à Honneth qu’il est possible de distinguer plusieurs catégories de mépris. En effet, le mépris peut se définir comme une interaction dans laquelle un individu est lésé dans l’idée positive qu’il a acquise de lui-même dans le cadre de l’échange intersubjectif. Bien plus, l’idée normative du sujet dépend de la confirmation que, ce sujet peut obtenir dans l’autre, parce que nos relations à autrui sont traversées par des attentes de reconnaissance.

50Dans ce contexte, nous restons toujours en attente de reconnaissance dans les interactions sociales. L’expérience de mépris suppose porter une atteinte morale qui risque de ruiner l’identité du sujet. La thèse défendue par Honneth est de prouver que la négation de la reconnaissance, à savoir les émotions négatives telles que (la honte, la colère, les tortures, les sévices), sont déclencheurs de lutte pour la reconnaissance, (Honneth, A. 2013, p ;231).

51L’expérience de la reconnaissance apparait primordiale dans le cadre de la constitution de l’être humain. Et les émotions négatives occasionnées par le déni de reconnaissance (amoureuse, juridique ou sociale) peuvent représenter la motivation affective nécessaire pour amener les individus à s’engager dans une lutte pour la reconnaissance, (Honneth, A. p.232, p ; 2013).

52Le fondement de l’argumentation d’Honneth, à propos des manifestations d’émotions négatives qu’il conçoit comme étant des indices qui permet de déceler l’existence du mépris s’assoit sur « la conception des émotions humaines » de la psychologie pragmatique chez John Dewey, (Honneth, A. 2013, p ;231). Dewey perçoit que, les émotions sont générées selon la réussite ou l’échec des actions qui reflètent les intentions d’un individu.

53En outre, la honte, la colère, l’indignation sont considérées comme des symptômes psychiques du mépris, qui pourraient devenir les motifs déterminants permettant aux individus de reconnaitre « qu’ils sont illégitimement privés de reconnaissance sociale », (Ibid.).

54Dans ce cadre, Honneth précise que « Toutes les émotions négatives suscitées par 1' expérience du mépris des exigences de reconnaissance comportent en effet, la possibilité que le sujet concerné prenne clairement conscience de l'injustice qui lui est faite, et y trouve un motif de résistance politique », (Honneth, A. 2013, pp ;235- 236).

55Honneth à ce niveau considère les luttes sociales à l’aide des dynamiques d’expériences morales comme nécessaires, car, le modèle de la lutte pour la reconnaissance représente, « Une posture normative explicitant les contours de ce que doit prendre une collectivité pour permettre à tous ses membres de disposer des conditions d’une réalisation de soi- réussie, en d’autres termes les conditions de la réalisation d’une vie bonne », (Voirol, 2006, p ;22).

Face à ces arguments, Honneth disait :

« Dans la mesure où l’expérience de la reconnaissance est une condition dont dépend le développement de l’identité personnelle dans son ensemble, l’absence de cette reconnaissance, autrement dit le mépris, s’accompagne nécessairement du sentiment d’être menacé de perdre sa personnalité. Et lorsque, les conditions de l’interaction sociale sont violées et que l’on refuse à une personne la reconnaissance quelle mérite, elle y réagit en règle générale par des sentiments moraux qui accompagnent l’expérience du mépris, et donc par la honte, la colère ou l’indignation », (Honneth, A. 2006, p ;20).

56Une fois qu’on essaye d’être maitre du corps d’une personne contre son gré, soit la personne se trouve exclue de certains droits au sein de la société, soit, une fois que les contributions sociales de certains individus sont jugées négativement au sein de la société, cette non-reconnaissance crée un tort chez les individus. En ce sens Charles Taylor asserte que,

« La non-reconnaissance ou la reconnaissance inadéquate peuvent causer du tort et constituer une forme d’oppression, en emprisonnant certains dans une manière d’être fausse, déformée et réduite […] le défaut de reconnaissance ne trahit pas seulement un oubli de respect normalement dû. Il peut infliger une cruelle blessure, en accablant ses victimes d’une haine de soi paralysante. La reconnaissance n’est pas simplement une politesse que l’on fait aux gens : c’est un besoin humain vital » (Taylor, C. 1994, p ;42).

57Les personnes victimes de l’exclusion juridique luttent pour éradiquer certaines injustices sociales afin de garantir l’égalité entre les personnes. Cette lutte permet l’élargissement des droits politiques comme en témoigne le combat mené par les noirs américains pour la prise en compte de leurs droits politiques et civils, ainsi que la lutte du féminisme. Les noirs présents sous le sol américain ont dû attendre la seconde moitié du XIXe siècle pour sortir de leur condition d’esclave.

58Cette lutte des Afro-américains culminera un siècle plus tard avec le mouvement des droits civiques, qui va, sous le patronage de Martin Luther King entre 1965 et 1968, abolir la ségrégation et imposer l’inscription de l’égalité des droits dans la loi. La lutte pour la reconnaissance dans la sphère juridique permet l’élargissement des droits civils, politiques, sociaux de certaines personnes.

59L’universalisation des droits avec le temps moderne engendre l’extension de ces droits à un nombre croissant des individus. Avec cette modernité, les droits ne sont plus garantis en fonction du statut de naissance mais, ils sont plutôt attribués à l’homme en sa qualité d’être humain.

Conclusion

60La théorie de la reconnaissance élaborée par Axel Honneth a connu un succès inestimable chez bon nombre de philosophes surtout ceux qui ont fait de la problématique de justice sociale leur cheval de batail. La question de la reconnaissance a aussi fait l’objet de plusieurs études en politique mais aussi dans le champ des sciences sociales.

61La théorie de la reconnaissance a aussi joué un rôle non négligeable dans le cadre de la reformulation du concept de la justice sociale, qui doit trouver son ancrage dans la qualité des relations de reconnaissance mutuelle au sein d’une société afin de dénoncer l’ensemble des formes actuelles de la souffrance et de l’injustice sociale, qui sont aujourd’hui vécues comme une atteinte à l’identité, à l’estime de soi, à la capacité d’agir et de se sentir pleinement membre d’une société.

62La reconnaissance juridique a permis un progrès dans le cadre de droits modernes en prenant en compte certains droits qui étaient bafoués autrefois, car, certains groupes minoritaires, comme les femmes, se sont vues dans le temps passé droits bafoués soit par autrui soit par les institutions, ce qui n’est pas sans conséquence sur leur intégrité morale dans le cadre d’une relation intersubjective. Honneth parle évidement des conditions qualitatives permettant de mener une « vie réussie », autrement dit aux conditions qui doivent permettre un rapport positif à soi, une construction réussie de son identité.

63De façon synthétique, la question de la reconnaissance chez Honneth ne tourne pas autour des avoirs, sur la répartition quantitative des biens sociaux, mais il résume son propos comme étant celui de développer les fondements d’une théorie sociale à teneur normative.

Bibliographie

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HONNETH Axel, « Reconnaissance » dans dictionnaire d’éthique et de philosophie morale, Paris, P.U.F, 1996, pp.1640-1647.

HONNETH Axel, Intégrité et mépris : principes d’une morale de la reconnaissance, in Recherches sociologiques, vol. 30, n°2, 1999, pp. 11-22.

HONNETH Axel, la Dynamique sociale du mépris. D’où parle la théorie critique ? In volume collectif Habermas. La raison, la critique, Paris, Cerf, 1996, pp.215-238.

HONNETH Axel, La Lutte pour la Reconnaissance, Paris, Ed. Cerf. 2000, 233 pages.

HONNETH Axel, La Société du mépris vers une nouvelle théorie critique, Paris, La Découverte, 2006, 354 pages.

HONNETH Axel, Réification, petit traite de théorie critique, Paris, Gallimard, 2007,162 pages.

RICOEUR Paul, Parcours de la reconnaissance, Trois études, Paris, éd. Stock, 2004, 391 pages.

TAYLOR Charles, Multiculturalisme : Différence et Démocratie, Aubier, 1994, 142 pages.

Pour citer ce document

Dan Djibo LAOUALI, «La reconnaissance et ses différentes sphères chez Honneth», Mu Kara Sani [En ligne], Dossier, N°42-Dec 2025, mis � jour le : 19/01/2026, URL : https://mukarasani.com:443/mukarasani/index.php?id=864.

Quelques mots à propos de :  Dan Djibo LAOUALI

Doctorant en Philosophie

Université Abdou Moumouni de Niamey

dandjibo61@gmail.com