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N°42-Spécial

Moussa HAMIDOU IDRISSA

Épopée et résistance des Héros songhaï-zarma dans la chanson dite moderne nigérienne

Article

Résumé

Les héros songhaï-zarma ont souvent été chantés par les artistes populaires et autres griots de ce groupe social et d’ailleurs. On se souvient du titre « Mahamadou Askia da Mali » pour le refrain de laquelle la cantatrice songhaï Bouli Kakasi a prêté sa voix dans le célèbre ensemble instrumental de Maman Garba. Aussi parmi les ‘‘molos’’ les plus connus du panégyriste zarma, Djalba Badié de Liboré, figure celui dédié à l’empereur Askia Mohamed et le miracle par lequel il succéda à son oncle maternel, le puissant Soni Ali Ber fondateur de l’empire songhay.

A travers des orchestres et des groupes musicaux appelés souvent tradi-modernes, certains artistes chanteurs nigériens surtout de langues songhaï-zarma perpétuent cette tradition en vantant les hauts faits de guerre, de résistance et les qualités de guide et de souverains puissants et juste dont la mémoire collective a retenu les noms aussi bien chez les Songhaïs que chez leurs cousins à plaisanterie zarmas.

Dans cette communication envisagée sous l’angle de la stylistique, nous tenterons de voir par quels moyens et techniques de rhétorique, des artistes comme Mali Yaro, Yacouba Moumouni Denké-denké ou encore le groupe Sogha ont fait l’épopée de héros comme Mali Bero, ancêtre des Zarmas du Niger et de puissants souverains et résistants songhays tels que Sony Ali Ber et Oumarou Karma.

Table des matières

Texte intégral

pp. 345-365

Introduction 

1 L'épopée est un genre littéraire consacré à la célébration des hauts faits de héros et de leurs exploits exceptionnels pour lesquels on leur reconnait un passé légendaire ; des héros qui ont joué, à travers l’histoire, un rôle assez décisif dans le destin de leur peuple pour être reconnus comme glorieux dans sa mémoire collective. L’épopée a donc un lien avec l’Histoire. Selon le Pr Abdoul Issa Daouda (2021) : « l’épopée, c’est l’histoire que la tradition a transformée en légende et l’art en poésie ».

2 A travers des titres très connus au Niger, des artistes musiciens nigériens ont chanté le passé glorieux de certaines personnalités qui ont marqué l’histoire du peuple songhay-zarma. L’histoire dans ces chansons en langue songhay-zarma, c’est essentiellement celle de guerriers invaincus, de conquérants mythiques et de résistants à la domination de leurs peuples par d’autres. De ces héros, les artistes mettent en valeur, la force inégalée, la puissance politique et les pouvoirs mystiques qu’ils ont mis en œuvre pour gagner des guerres, conquérir des territoires et défendre leurs peuples. Des caractéristiques exceptionnelles qui ont fait le prestige de ces personnalités que les Songhay-Zarma revendiquent comme glorieux devanciers. Dans sa chanson « Soni Ali Ber », le groupe Sogha dit : « nous sommes fiers de vous chers devanciers »1. Dans cette communication, je propose une étude stylistique de quelques chansons dédiées aux héros comme Soni Ali Ber, Mali Bero ou encore Oumarou Karma par les groupes musicaux et orchestres de la musique dite moderne nigérienne.

3 La musique moderne, c’est l’appellation courante de la musique produite par les orchestres du Niger qui utilisent les instruments occidentaux – guitare, batterie, piano – au lieu du « molo » local, le tam-tam ou encore la calebasse culturellement joués par nos artistes populaires pour faire de la musique. Certains groupes n’hésitent pas à accompagner leurs « instruments modernes » par les locaux, ce qui leur fait dire qu’ils font du tradi-moderne, comme c’est le cas avec le groupe Sogha. Quant à l’approche stylistique, c’est une méthode d’analyser utilisée pour étudier la singularité d’un texte, c’est-à-dire les moyens et techniques littéraires employés pour son écriture afin d’en faire ressortir un sens donné. La stylistique « permet de s’interroger sur l’esthétique, la poétique et les lieux de sens qui caractérisent un texte afin de saisir sa structure, sa construction et de dégager sa vision du monde »2.

4 Ainsi, nous verrons tour à tour comment le groupe Sogha a chanté la puissance politique et militaire de l’empereur songhaï Soni Ali Ber ; l’épopée de l’ancêtre zarma, Mali Bero, telle que chantée par l’orchestre Goumbé star de l’artiste Abdoulaye Boureima dit Mali Yaro et le résistant Oumarou Karma, dans la chanson du groupe Mamar Kassey de Denké-Denké. L’objectif est de montrer comment les artistes chanteurs valorisent notre histoire et les héros qui l’ont marquée mais aussi la richesse littéraire de notre langue et de notre culture.

La finalité de l'épopée est de couler un savoir collectif commun (l'histoire narrée est généralement connue de tous) et porteur des valeurs idéologiques du groupe, dans une forme capable de « dynamiser » ce savoir en ranimant en l'auditoire, par sa communion dans l'exaltation, la conscience de son identité distinctive et l'aspiration à réaliser cette identité. (Seydou 1988).

Groupe Sogha : Soni Ali Ber

5 Sogha est un groupe musical nigérien. Avec ces trois voix féminines accompagnées d’instruments dits modernes et locaux, ce groupe chante dans presque toutes les langues du Niger et en Français : la femme ; les potentialités touristiques du pays et les valeurs culturelles des différents groupes ethniques du Niger (Peul, Haoussa, Touareg et bien sur Songhai-Zarma).

6 « Soni Ali Ber » de Sogha, est une reprise, c’est la chanson d’un ballet, sur le souverain songhaï, présenté dans les années 1980 par la troupe théâtrale de Tillabéry avec des musiciens et chanteurs connus comme Mundjo, Raki Tamtala… Dans cette chanson, Sogha revient sur la puissance du 15e roi de la dynastie des Soni. En effet, Soni Ali Ber est considéré comme le fondateur de l’empire Songhaï ; il aurait pris le pouvoir en 1464 et aurait été un guerrier intrépide et un des plus grands souverains de l’histoire africaine, du moins dans notre sous-région. C’est lui qui a fait passer le Songhaï de royaume, ancien vassal du Mali, à un empire vaste et puissant.

L'œuvre de Sonni Ali fut considérable. Sans cesse guerroyant contre les Bambaras, les Mossis, les Dogons, les Peuls, les Touaregs, il étendit son empire du Dendi [à cheval entre le Niger et le Benin] à Ras el Ma [dans l’actuel Maroc], les deux pièces maîtresses de sa conquête étant Dienné et Tombouctou. Il tenta d'organiser les nouveaux territoires, bien que la plus grande partie de son temps fût absorbée par les hostilités. La vie économique, notamment les cultures, auxquelles participèrent les troupes, et le commerce transsaharien, ne furent probablement pas trop perturbés.3

7 Dans la chanson « Soni Ali Ber », les cantatrices de Sogha commencent par l’importance du souvenir des devanciers. Par une répétition du verbe « hongu »4, elles appellent à se rappeler de ceux-là, notamment du puissant empereur songhaï.

« Hongu, ir ma hongu, ir borginay

Tubal iye koyo no ir ga hongu Soni Ali Ber »

8 Figure de style d’insistance, la répétition consiste à reprendre un mot, une expression, au moins une fois, soit dans une même phrase, soit dans des phrases proches. Surtout utilisée en poésie, la répétition provoque un effet spécial en termes de sonorité et de rythme et a pour fonction essentielle d’insister et d’attirer l’attention du lecteur sur une idée. Aussi, l’expression « tubal iye koyo » qui voudrait dire : « le souverain aux sept tambours royaux », pourrait renvoyer à l’expression de la puissance singulière et les grandes conquêtes de l’empereur songhaï. Les six tambours seraient, chacun celui d’État annexé par le Songhaï, ils constitueraient alors des témoins de la victoire de Soni sur les six rois ou empereurs de ces États, souverains assez importants pour mériter de tambour royal. Le septième étant celui de la cour même du Songhaï.

9 Après un silence de la voix, Sogha reprend avec une apostrophe, un procédé stylistique qui consiste à interrompre le discours pour interpeller une personne (généralement absente) qu’on peut désigner soit par son nom, soit par la deuxième personne, dans le but de s’adresser directement à lui. Sogha s’adresse ainsi à l’empereur : « Soni, rappelons tes haut faits ». Et puis vient une énumération de batailles importantes remportées par le souverain et guerrier songhaï. On parle d’énumération quand un auteur se sert de la coordination ou de la juxtaposition pour citer une série (au minimum trois) d’objets appartenant à un même ensemble, d’idées ou de faits liés avec pour objectif de décrire les choses évoquées dans les détails, un ordre donné et de la façon la plus exhaustive possible. Pour Bernard Dupriez5 , « l'énumération est un inventaire »6. Ainsi, Sogha fait quelque peu l’inventaires des victoires de Soni à la guerre, à savoir : contre les « Sourgous » (Touaregs), contre les Mossis, y compris contre « les princes rebelles de Tombouctou », certainement en référence à la victoire de l’empereur songhaï en janvier 1468 sur les Touaregs maitres de la ville depuis 1430 après avoir chassé les troupes mandingues.

« Soni nan ir ma hongu ni te goyay

Surgay wongo kan ni sambu

I bu ga ban

Mosay wango kan ni sambu

I bu ga bane 

Koyzay kan mute Tumbutu

Soni ni na I bonza »

10 Le groupe des femmes chanteuses nigériennes est allez jusqu’à comparer l’empereur songhaï à un lion dans une métaphore, c’est-à-dire une comparaison sans comparatif pour mettre en valeur son invincibilité et le présenter comme le plus grand guerrier de son temps. « L’invincible lion de Gao » ; « Le lion qui ne sait pas reculez ». La métaphore est une « figure par laquelle on transporte la signification propre d'un nom à une autre signification qui ne lui convient qu'en vertu d'une comparaison qui existe dans l'esprit »7.

« Gao Muso kan si tangam, Soni né »

« Musu béro kan si banda banda bay »

11 A la fin de leur chanson, les femmes de Sogha ont loué Soni Ali Ber pour avoir unifié le peuple songhaï. « Ni na sonaytaray margu ». La chanson finit par quelques mots sur Askia Mohamed, le successeur mythique de Soni Ali Ber avant les chanteuses ne disent pour la nième fois, leur reconnaissance à ces chers devanciers. « ir saabu ir borginay ». La bravoure de Soni Ali Ber, son intrépidité à la guerre, la gloire que le peuple songhaï doit à ce souverain singulier et conquérant hors pair et la reconnaissance de tous les Songhaïs envers leurs héros, dans cette reprise, Sogha chante l’empereur songhaï afin de lui rendre hommage, le glorifier pour avoir été, par ses hauts faits, l’artisan de la grandeur du peuple songhaï, celui d’abord à qui ce peuple doit la glorieuse histoire et le renom dont il jouit dans la mémoire collective depuis des siècle.

12 D’autres personnages historiques de l’ethnie Songhai-Zarma ont eu droit à des témoignages de reconnaissances semblables, par d’autres artistes modernes nigériens pour d’autres faits et d’autres qualités exceptionnelles, toujours dans le but de célébrer le passé glorieux des peuples de ce groupe ethnique. C’est le cas avec le héros zarma Mali Bero chanté par l’artiste Mali Yaro.

Mali Yaro : Mali Bero

13 Abdoulaye Boureima dit Mali Yaro est un artiste chanteur, compositeur et interprète de Niamey. Avec son groupe le Goumbé Star, outre les thèmes de société et d’intérêt national – l’unité nationale, l’exode rural, le mariage, l’éducation – il a souvent chanté les valeurs culturelles de l’ethnie Songhai-Zarma, notamment dans les titres : « Maiga », « Zarmaganda babu kanana ». Dans « Mali Bero », l’artiste chante la singularité du personnage, son combat pour l’émancipation de son peuple et les pouvoirs mystiques de celui que les Zarmas du Niger considèrent comme leur ancêtre.

14 Mali Bero serait, après Za Barkan cité souvent comme son grand-père, le principal ancêtre du peuple Zarma du Niger. Rapportant le griot panégyrique zarma nigérien Djalba Badjé de Liboré, connu pour ses légendes et épopées à propos des héros songhaï-zarmas et d’autres peuples de la sous-région, la chercheuse suisse Sandra Bornand (2009) explique :

15 les récits de Zabarkane et de Mali Bero forment un ensemble. Djéliba raconte, dans le premier, l’histoire de Zabarkane et de ses descendants, et met l’accent sur Mali Bero le conducteur de la migration vers le Zarmaganda. Dans le second, il mentionne sans s’y arrêter Zabarkane en tant qu’ancêtre premier des Zarma, détaille les événements qui amenèrent Mali Bero à quitter Mallé pour se rendre au Zarmaganda, et conclut sa narration en décrivant l’éparpillement des différentes chefferies zarma dans le Zarmataray (terre d’expansion des Zarma). Ces deux récits ont donc en commun l’épisode central de Mallé [...].

16 Mali Bero, grâce à des pouvoirs mystiques, aurait donc fait déplacer son peuple de Mallé (actuel Mali) où il vint au monde vers Sargane et les territoires que les Zarmas occupent aujourd’hui en république du Niger, après un conflit avec une communauté voisine8. Et Badjé, rapporté par Bornand de poursuivre :

Jeune-homme, celui-ci vint à occire de jeunes Touaregs qui le harcelaient d’incessantes moqueries. Il dut alors organiser le départ des Zarma vers d’autres régions moins hostiles. Il fit construire un fond de grenier dans lequel une partie du peuple prit place. Par la magie, il fit s’élever celui-ci dans les airs et, après huit étapes ainsi parcourues, après un épisode qui vit le frère cadet de Mali Bero s’allier à l’ennemi et fonder une race mi-zarma mi-touarègue, les Zarma arrivèrent à Sargane, dans l’actuelle République du Niger, où Mali Bero mourut à son tour, après avoir donné une terre d’élection aux siens.

17 Comme le groupe Sogha, dans « Soni Ali Ber », Mali Yaro introduit sa chanson en évoquant la nécessité de ne jamais oublier les faits des ancêtres. Dans une répétition du mot « kayi »9, l’artiste insiste sur la nécessité de vivre constamment avec le souvenir des devanciers grâce auxquels nous sommes qui nous sommes et où nous sommes aujourd’hui.

« Boro kulu ma si dirgan ir kayay naamay ga

Zarmay kayo

I kayi deeda nee ya

Kan ti Mali Bero

Kan ti Sambo Mali »10

Dans un autre couplet, Mali Yaro se met à vanter les qualités physiques paticulières du héros zarma ; il était : « grand guerrier, élancé avec une taille de plus de 10 m. »

« Wangaari no ta Mali (Epiphore)

Tora no ta Mali

Boro Kuku no ta Mali

A ku yano da kay yano ga to ba metar way ! »

18 Par cette énumération, le chanteur décrit Mali Bero comme un homme différent du commun des mortels, usant ainsi de la magie du grossissement épique un des procédés essentiels de l’épopée, qui consiste à exagérer les nombres ou les dimensions pour donner un caractère, aux personnages et aux faits, qui sort de l’ordinaire. Cela permet à l’artiste de présenter le héros comme « un homme extraordinaire par une ou l'autre de ses facultés »11.

19 L’autre caractéristique de l’épopée qu’on peut relever dans cette chanson est le mystique. C’est par des pouvoirs mystiques que Mali Bero a réussi à faire fuir son peuple et le sauver de la colère des Touaregs, dans un fond de grenier qu’il a fait voler comme un avion. Afin de souligner ce fait avec le ton qui sied, Mali Yaro arrête la chanson et se sert de la narration comme un griot pour raconter comment Mali Bero a fait s’envoler le fond de grenier.

« Mali ne i ma ku inga se subu

Mali ne i ma daba te

Mali ne i ma inga daba te

Mali na inga doba te »

20 Dans ces vers, le mot « daba » (fond de grenier) rime avec « doba » (magie) dans une paronomase, une figure de style qui repose sur le fait de rapprocher de deux paronymes12 c’est à dire deux « mots dont le son est à peu près semblable, mais dont le sens est différent » (Dupriez 2003) dans une même expression, une même phrase ou des phrases proches. Le but de ce rapprochement sémantique est de lier également les sens des deux mots et provoquer un effet musical qui accroche et facilite la compréhension et la mémorisation. La sorte de rime créée par la paronomase donne également de la vigueur à l’idée ainsi exprimée par un écho pour graver la phrase dans l’esprit du destinataire du discours. Mali Yaro s’appuie sur cette figure de rhétorique pour tenter de graver, dans la mémoire collective des Zarmas, l’image de Mali Bero comme l’ancêtre qui a pu mettre fin à la domination Touarègue sur son peuple, en mettant fin à l’humiliation que les enfants zarmas vivaient quotidiennement des mains des enfants touaregs. Le chanteur érige ainsi le héros zarma en un véritable résistant.

21 Pour Mali Yaro, l’acte de fuite, ici, n’est pas déshonorant, c’est au contraire un acte de responsabilité et de bravoure puisqu’il a permis de sauver tout un peuple, surtout que le héros a réussi un véritable miracle par la force de ses pouvoirs mystiques. Et la voix du Gombé star de reconnaitre dans une autre énumération où l’expression « A ba », signifiant « est meilleure que », est répétée de façon anaphorique pour insister sur son sens : « se sauver est meilleur que de mourir de soif, de faim ou de feu ».

« Boro ma ni bon ceeci

A ba hari jau ma ni wi

A ba haray ma boro wi

A ba danji ma boro ton »

22 Dans toutes les sociétés et à toutes les époques où la raison prévaut, l’acte de fuite est reconnu comme un acte raisonnable et donc salutaire, dans une situation où le combat semble perdu d’avance. On se rappelle que, tout près de nous, en 2012, alors colonel de l’armée malienne et commandant des opérations militaires contre les rebelles touaregs et les groupes terroristes au nord du Mali dans la région de Kidal, le colonel-major Ag Gamou, aujourd’hui général, avait réussi à sauver ses hommes – des centaines – en abandonnant le combat. Il avait, dans un premier temps, feint de « rejoindre le Mouvement national de libération de l'Azawad [MNLA]13. Une ruse, dit-on, pour échapper à l'ennemi »14 avant de s’enfuir avec ses troupes vers le Niger, puis de rentrer au pays quelques mois plus tard, en héros pour avoir évité la mort certaine à ses contingents.

Les grands noms de la résistance à la domination de leurs peuples par d’autres, c’est aussi dans la musique de l’artiste Denké-denké, avec sa chanson intitulé « Karma ».

Denké-denké : Oumarou karma

23 De son vrai nom Yacouba Moumouni, Denké-denké est le chanteur du groupe musical tradi-moderne Mamar Kassey ; un des groupes nigériens les plus célèbres au pays et à l’international. Plus compositeur qu’interprète, Yacouba chante les réalités du quotidien au Niger : les souffrances de l’orphelin, les difficultés liées au travail, les joies de la fête… Dans ses chansons sur le thème de l’histoire, Denké-denké rend surtout hommage : à ceux qui ont joué un rôle clé dans la sienne propre comme la cantatrice Mariama Denté Zongo de la troupe de ballet de Niamey chez qui il appris à chanter ; les grands noms de la chanson populaire et des arts oratoires au Niger à savoir, les griots Tinguizi Mabo de Dargol, Karimou Saga et Diado Sékou de Liboré, Idi na Dadaou et Elh Taya (pionnier de la musique dite moderne du Niger) de Zinder ; mais aussi les hommes qui ont marqué l’histoire culturelle et politique de l’ethnie songhaï15 comme Mossi Gaidou, l’artiste malien Ali Farka Touré, maitre du blues africain et les résistants à la pénétration coloniale française au Niger.

24 À propos de résistants, une des chansons les plus récentes du riche répertoire de Mamar Kassey est dédiée à Oumarou Karma, auteur d’une révolte historique contre l’administration coloniale française sur le territoire du Niger en 1906. Ce soulèvement que les sources historiques retiennent comme l’une des principales résistances à la pénétration coloniale dans l’ouest du Niger aurait commencé de façon très organisée avec des actes de sabotages sur les lignes téléphoniques visant à couper les voies de transmissions de renseignements des colons pour garder secret le regroupement des troupes entrepris à Karma à l’initiative d’Oumarou en vue de l’insurrection.

Les patriotes barrèrent [ensuite] la route conduisant à Dori et arrêtèrent ou chassèrent tous les courriers qui y passaient. Les voies du fleuve furent étroitement surveillées. Un convoi de chalands portant des vivres pour le ravitaillement est pillé et détruit et les laptots emprisonnés. (Kimba 1994).

25 Denké-denké présente ce soulèvement, au début de sa chanson, comme une résistance de tout le peuple songhaï, voire au-delà. Par une répétition du mot Karma en épiphore – du nom du canton dont Oumarou est le chef – l’artiste appelle : « Préparons-nous à aller à Karma / Karma, c’est chez les Songhaïs ».

« Djama wa te soola

Hal ir ga koy Karma

Hey Songhaï boray kouara

A se i ga ne karma »16

La répétition du nom Karma »

26 L’épiphore est une figure d’insistance qui a pour principe de répéter le même mot (ou groupe de mots) à la fin de deux ou plusieurs phrases, vers, paragraphes ou strophes. Appréciée en poésie, en chanson ou autres discours, elle vise à appuyer un argument grâce à la répétition finale avec un effet d’écho à but de musicalité et pour amplifier une émotion. Prak-Derrington (2013) parle de « mémoralisation »17 par la répétition.

27 Le chanteur se sert de l’épiphore en « Karma » pour faire de cet endroit un lieu central de la gloire songhaï, le lieu où tous les songhaïs s’étaient dressés, à l’époque, avec leurs alliés, comme un seul homme et comme c’est la tradition chez ce peuple de guerriers jaloux de sa liberté, pour dire non à l’occupation française et à sa domination sous la houlette de son héros Oumarou Karma. Par la répétition ‘‘épiphorique’’ du mot Karma, Denké-Dneké fait alors de cette localité, un lieu symbolique pour ce peuple et pour tout le Niger ; une idée renforcée par la rime en « a » où sonne les mots « soola18 » et « Kouara19 » comme si l’artiste reprenait un chant de guerre de l’époque appelant les guerriers songhaïs et ceux des communautés alliéas à tous se préparer pour répondre à l’appel du canton de Karma. Figure par laquelle deux ou plusieurs vers, pour le cas de la poésie ou de la chanson, se terminent par le même son, la rime « constitue un moyen d'organiser le langage, d'enrichir le contenu esthétique et d'établir des connexions émotionnelles profondes avec le lecteur ou l'auditeur. » (Brigitte 2024). Elle a donc pour but de sublimer l’émotion que le chanteur cherche à provoquer ici autour de Karma.

28 Un autre aspect très marquant de cette révolte, dans la chanson « Karma », c’est aussi une référence de cette résistance et c’est le cas dans presque toutes les sources sur cette histoire, est l’engouement suscités autour de l’idéal nourri par le guerrier de Karma de se défaire du joug de la colonisation française. Yacouba Moumouni énumère presque toutes les localités en pays songhaï – de Téra à Farié, depuis Ayarou et même des centres mystiques du Gorouol comme Wanzarbé – pour montrer que les hommes ont répondu de partout à l’appel d’Oumarou.

« Hé Téra boray kulu ka

Kan i na tubalo kar

[…]

Dargol boray kulu ka

Gotheye boray kulu ka

Hé Farié boray kulu ka

[…]

Hé Ayorou boray kulu ka

Wanzarbé sonancay ka… »

29 L’artiste citera plus loin Gao, Hombori jusqu’aux Touaregs de Kidal en territoire du Mali mais également Kandi, dans le Dendi20 en territoire Beninois.. Aussi, l’expression « kulu ka » qu’on peut traduire par « ils étaient tous venus » résonne en épiphore dans ces vers dans une musique qui semble dire que les guerriers de toutes ces localités que citent le chanteur étaient venus en nombre répondre au son du tambour de guerre de Karma, « kan i na toubalo kar », afin de combattre pour la liberté, l’honneur et pour la dignité songhaï et des communautés alliés.

Selon les sources coloniales, près de 1.500 combattants se retrouvèrent à Bubon. La tradition orale confirme cette large participation de la population. Tout le pays Sonay depuis Sakoyra jusqu'à Karma […] ainsi qu'une bonne partie du Zarmaganda étaient mobilisés. (Kimba 1994).

30 Pami les autres références importantes de ce fait historique évoquées par Denké-denké, dans « Karma », on peut citer : « 1906 », la date de la bataille ultime, « Jiiro kan annassaray ka ir Niger laabo ra se no I ga ne 1906 » ; et Boubon, le lieu, « wango man te kal bubon ». Il est également fait mention dans la chanson de mort d’officier français : « On lui a envoyé trois capitaines, il a tué le premier, a mutilé l’oreille au deuxième et castré le troisième ».

« I na capitaine hinza donton

A na a fa wi

A na a fa hanga dunbu

A na a fa manta »

31 Si la prudence demande de considérer la mutilation et la castration évoquées ici dans le compte du grossissement épique (nous sommes dans une chanson épique), des sources existent sur la mort dans d’un officier français tué lors des actes des sabotages perpétrés au début de la révolte pour couper le colon des renseignements et des ravitaillements. « Un autre convoi venant de Dunzu est également attaqué, le lieutenant Fabre, chef de l'expédition, est tué au cours des affrontements qui se déroulèrent près de Gorubanda à proximité de Bubon. » (Ibid).

32 Mamar kassey chante en Oumarou Karma, un véritable héros qui a su tenir tête à la France colonisatrice de la plus farouche des façons. À lire les sources historiques même écrites sur ce résistant, il y a peu d’exagération dans les dires du groupe, en témoigne la force et la rare sévérité avec laquelle la France s’était engagée à maté la résistance. Cette chanson a également le mérite historique de rappeler les circonstances mystérieuses de la mort du résistant songhaï dans le Zarmaganda.

Après de vaines tentatives de conciliation, l'administration coloniale qui n'avait pas sur place les troupes nécessaires pour agir immédiatement se décida à mettre en œuvre une des plus grosses opérations de répression de l'AOF : un détachement de Dori, un peloton de gardes-cercle de Gao, une compagnie de Kati, une section d'artillerie de Zinder, un détachement de miliciens du secteur de Dosso et plusieurs dizaines de cavaliers armes fournis par divers chefs allies aux Français. Les opérations s'étalèrent sur trois mois (Janvier a mars 1906). Elles débutèrent d'abord sur la rive droite ou il fallait arrêter l'extension du mouvement et empêcher les nationalistes de passer sur la rive gauche. Puis les colonnes sillonnèrent toute la rive en amont de Niamey, puis le Zarmaganda où Umaru Karma trouva la mort dans des circonstances confuses et mystérieuses. (Kimba 1994).

33 À la fin de la chanson, l’artiste Denké-denké saluera tout le peuple songhaï pour l’héroïsme de son ancêtre preuve que Karma est avant tout un chant, une sorte d’ode dédiée à la mémoire d’Oumarou Karma et de tout le peuple songhaï pour la résistance héroïque à la colonisation française en 1906, un acte qui doit rester gravé dans la mémoire collective de tous les nigériens épris de liberté et de gloire.

Conclusion 

34 Les chanteuses de Sogha, Mali Yaro et Yacouba Denké-denké ont prêté leurs voix pour dicter, en chanson, des histoires connues de tous dans les légendes les plus populaires de l’ethnie songhaï-zarma, pour chanter les hommes qui ont fait le passé glorieux de ce groupe ethnique à savoir : l’empereur songhaï Soni Ali Ber ; l’ancêtre des Zarma, Mali Bero et le héros de la révolte de 1906 contre l’administration coloniale française au Niger, Oumarou Karma. En cela, ils contribuent à perpétuer les noms de ces héros à la postérité, les érigeant ainsi en de véritables références pour le peuple songhaï-zarma et pour tous les Nigériens. À défaut de faire de l’histoire, la chanson étant avant tout un art oratoire, à tonalité épique ici, ces artistes administrent la preuve que les arts, notamment la création contemporaine, peuvent servir de tremplin efficace pour relire l’histoire et faire la promotion des valeurs les plus chères à un peuple comme l’audace, l’esprit de liberté, l’abnégation et la dignité ; la reconnaissance aussi envers les héros d’hier au nom de tout le peuple dont ils ont et continuent de faire la gloire au fil des siècles. La chanson se découvre également en un efficace facteur de promotion des cultures songhaï-zarmas, et des riches ressources littéraires de la langue de cette ethnie, au regard des styles uniques, dont les trois groupes musicaux se sont montrer, chacun capable.

35 Cette étude peut donc servir d’invitation aux chercheurs à regarder vers les arts aussi pour faire de l’histoire, du moins en ce qui est des références, aussi rares soient-elles, y observables ; mais aussi pour étudier les sociétés dans ce qu’elles ont de plus précieux à conserver, à montrer au monde, les choses dont ces sociétés se prévalent le plus pour s’affirmer et qui font leur grandeur. Les artistes font donc aussi de l’histoire, il faudra reconnaitre cela, ne serait-ce que par la symbolique et les arts peuvent servir d’entrée pour des études sérieuses en sciences humaines.

Bibliographie

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Notes

1 « Ir saabu ir bordjinay ! »

2 Meriem Boughachiche, « La stylistique » In : Introduction à la stylistique Figures de rhétorique Tonalités Lecture analytique des textes littéraires, Cours destiné aux étudiants en Master I Analyse du discours.

3 Brasseur Paule. Konare Ba Adam : Sonni Ali Ber. In: Revue française d'histoire d'outre-mer, tome 66, n°242-243, 1er et 2e trimestres 1979. pp. 249-250 ; https://www.persee.fr/doc/outre_0300-9513_1979_num_66_242_4748_t1_0249_0000_2, consulté le 03 / 08 / 2025 à 18h 15.

4 Se rappeler en Soghai.

5 Stylisticien belge, linguiste et essayiste, docteur ès lettres. Il a étudié en Franca notamment à la Sorbonne. Auteur de plusieurs ouvrages sur la langue (grammaire, orthographe, stylistique), Dupriez a été enseignant à l’Université de Montréal au Canada.

6 Bernard Dupriez, Gradus, Les Procédés littéraires (Dictionnaire), 10/18 (Union générale d'éditions), réédition 2003, publié sur le site d’Internet Archive, 2015. Consulté, le 07 / 08 / 2025 à 11 h 51 mn. Adresse : https://archive.org/details/BernardDupriezGradusLesProcedesLitteraires/page/n11/mode/2up.

7 Amar du Rivier, Jean-Augustin, Cours complet de rhétorique, Paris, Langlois, 1811, in-8°. Consulté sur le site d’Internet Archive, le 07 / 08 / 2025 à 12 h 49. Adresse : https://dn790009.ca.archive.org/0/items/courscompletderh00amar/courscompletderh00amar.pdf.

8 À propos de cette communauté, certaines sources orales évoquent des Touaregs, d’autres parlent de « Sérérés ».

9 Grand-parent ou ancêtre, en Zarma.

10 « Écoutez l’histoire de l’ancêtre des Zarmas » chante Mali Yaro dans ce couplet.

11 Revue Séquences (Cinéma), L’épopée Numéro 8, février 1957 URI : https://id.erudit.org/iderudit/52312ac, ISSN 0037-2412 (imprimé) 1923-5100. Consulté le 18 / 08 / 2025 à 18 h 48 mn à l’adresse : https://www.erudit.org/fr/revues/sequences/1957-n8-sequences1151829/52312ac.pdf.

12 Mots comportant se prononçant de façon semblable mais avec des nuances et des sens différents.

13 C’est le nom de la rébellion touarègue du Mali.

14 Abdoulaye  DIARRA, « Le colonel El Hadj Gamou depuis son cantonnement de Saguia au Niger : "J'ai 600 combattants avec moi, je peux en mobiliser un millier prêt à monter au front, seulement j'attends le signal de Bamako" », In : Maliweb (site d’information en ligne), Publié le 1” juin 2012 à l’adresse : https://www.maliweb.net/la-situation-politique-et-securitaire-au-nord/le-colonel-el-hadj-gamou-depuis-son-cantonnement-de-saguia-au-niger-jai-600-combattants-avec-moi-je-peux-en-mobiliser-un-millier-pret-a-monter-au-front-seulement-jattends-le-signal-de-bama-72925.html. Consulté le 19 / 08 / 2025 à 19h 27 mn.

15 En fait l’artiste est Songhaï d’origine.

16 C’est le refrain de la chanson, en fait.

17 « Ce mot-valise que j’ai forgé me semble associer les deux propriétés qui sont au cœur du pouvoir pragmatique de la répétition : c’est par sa matérialité sonore qu’elle acquiert une telle saillance mémorielle. Le mot-valise peut, en outre, se décomposer de deux manières : ou bien, et c’est l’acception neutre, en : (mémoire + oralisation) ou bien, lorsqu’il s’agit, comme ici, de discours « patrimoniaux » qui affirment des valeurs universelles en : (mémoire + morale + oralisation) ».

18 Se préparer en lague songhaï

19 Village ou ville.

20 Prolongement de l’empire songhaï.

Pour citer ce document

Moussa HAMIDOU IDRISSA, «Épopée et résistance des Héros songhaï-zarma dans la chanson dite moderne nigérienne», Mu Kara Sani [En ligne], Dossier, N°42-Dec 2025, N°42-Spécial, mis � jour le : 16/02/2026, URL : https://www.mukarasani.com:443/mukarasani/index.php?id=975.

Quelques mots à propos de :  Moussa HAMIDOU IDRISSA

Université Abdou Moumouni de Niamey

tcholyamirou@yahoo.fr