- accueil >
- Dossier >
- N°42-Dec 2025 >
N°42-Dec 2025
Analyse des conditions de vie des migrants internes du site de Bouka Takos à Niamey (Niger)
Résumé
La migration est pratiquée comme moyen d’adaptation des ménages nigériens ruraux pour faire face aux crises socio-économiques. Les centres urbains sont les principales destinations des migrations rurales. Niamey, capitale du Niger, apparait comme étant l’un des réceptacles idéaux. Elle accueille chaque année des milliers de migrants internes qui s’installent, parfois, sur des terrains non viabilisés comme le site de Bouka Takos situé dans la zone industrielle de la ville.
Cette recherche a pour objectif d’analyser les conditions d’accueil et d’installation des migrants internes de ce site dans un contexte de forte urbanisation à Niamey. Pour ce faire, une approche méthodologique mixte a été mobilisée. Il s’agit des entretiens individuels avec les autorités administratives, les autorités coutumières et d’une enquête par questionnaire auprès des migrantes du site. L’analyse des données collectées montre que le site de Bouka Takos sert non seulement de lieu d’installation pour les nouveaux arrivants, mais également de refuge pour ceux déguerpis des autres sites de la ville. Aussi, les résultats témoignent d’une diversité de provenances géographiques et ethniques des migrantes et migrants du site. Ces migrants tentent aussi de bénéficier des services sociaux de base dans leur nouvel environnement géographique.
Abstract
Rural Nigerien households practice migration as a means of adaptation to cope with socio-economic crises. Urban centers are the main destinations for rural migration. Niamey, the capital of Niger, appears to be an ideal destination. Every year, it welcomes thousands of internal migrants who sometimes settle on undeveloped land, such as the Bouka Takos site located in the city's industrial zone.
This research aims to analyze the reception and settlement conditions of internal migrants at this site in the context of rapid urbanization in Niamey. To this end, a mixed methodological approach was used. This involved individual interviews with administrative and traditional authorities and a questionnaire survey of female migrants at the site. Analysis of the data collected shows that the Bouka Takos site serves not only as a place of settlement for new arrivals, but also as a refuge for those evicted from other sites in the city. The results also show the geographical and ethnic diversity of the migrants at the site. These migrants also attempt to access basic social services in their new geographical environment.
Table des matières
Texte intégral
pp. 80-103
Introduction
1Le Niger, pays sahélien avec une population active à plus de 80 % dans l’agriculture, fait face depuis quelques décennies à une crise économique sous l’effet des changements climatiques engendrant une faible production agricole et sous le poids d’une forte croissance démographique (Aboubacar, 2021, 387). Cette crise socio-économique s’accompagne d’une insuffisance d’activités extra-agricoles. C’est dans ce contexte que les populations rurales convergent vers les grandes villes comme Niamey pour leur survie (Abdou Yonlihinza et Akali Boubacar, 2020, 22). La ville de Niamey, capitale du Niger, est la principale destination des migrants internes qui exercent des activités économiques plus ou moins délaissées par les citadins (Abdou Yonlihinza, 2018, 14). Elle connait une croissance démographique annuelle de 5 % avec plus d’un 1 % d’apport migratoire, soit 1,5 million d’habitants en 2012 (Motcho, 2019, 295). Mais face aux crises climatiques et sécuritaires devenant récurrentes, les migrants prolongent leur séjour dans la capitale du pays. Dans cette dynamique, on assiste à une installation ou plus ou moins définitive de ces migrants dans la ville nigérienne (Ayouba Tinni, 2012, 29). Aussi, des politiques urbaines d’intégration ou de logements collectifs et publics ne sont pas mises en œuvre pour accompagner la croissance urbaine et les flux migratoires dans la grande métropole du pays.
2Ainsi, cette recherche vise à déterminer le processus d’installation des migrants à Niamey à travers le site de Bouka Takos. Il s’agit également d’analyser les conditions de vie de ces migrants. Alors, comment les migrants arrivent-ils à accéder au site de Bouka Takos ? Quelles sont les conditions de vie et les stratégies d’installation des migrants sur ce site ? Pour répondre à ces interrogations, un plan de travail a été structuré autour de deux grands points : les motivations du choix de Bouka Takos comme site d’installation et les conditions de vie des migrants enquêtés. Pour ce faire, d’abord le cadre logique et méthodologique de la recherche sera présenté. Ensuite, la démarche méthodologique utilisée sera détaillée. Enfin suivront les résultats et la discussion de la recherche.
Approche Méthodologique
3La méthodologie développée dans le cadre de cette étude a combiné recherche documentaire et travaux de terrain. Pour ce qui est de la recherche documentaire, elle est la première étape de ce travail. Il a été question d’exploiter les différents écrits scientifiques, les rapports des institutions et autres documents sur les migrations au Niger et particulièrement sur l’insertion des migrants dans la capitale du pays. Ce qui a permis de faire une analyse approfondie de la thématique et de discuter les résultats.
4Relativement à la collecte des données, l’approche mixte combinant méthode qualitative et quantitative a été utilisée. Il s’agit des entretiens auprès des autorités administratives, coutumières et des personnes ressources. En parallèle, des observations directes sur le site ont permis de compléter les informations recueillies et d’observer directement la structuration du site et d’avoir un aperçu des conditions de vie des migrants. Un questionnaire de données quantitatives a été également administré aux chefs de ménage des migrants du site. Ce qui a permis de recueillir le maximum d’informations auprès des 132 ménages de migrants internes recensés sur le site. Ainsi, les données collectées ont fait l’objet d’un traitement et d’une analyse. En ce qui concerne le traitement des données quantitatives, ce sont les logiciels Excel et Sphinx qui ont été utilisés pour élaborer des tableaux et des graphiques. Quant à la méthode qualitative, il a été procédé à un traitement manuel des informations (entretiens et observations) sur la base de regroupement des idées pour dégager les plus récurrentes, significatives et pertinentes au fur et à mesure de la conduite des opérations d’enquête.
Résultats et Analyse
Historique du site d’étude
5Le site de Bouka Takos se situe dans l’arrondissement communal Niamey 4 plus précisément sur le terroir du quartier Gamkallé Golé situé dans la zone industrielle de la ville. La zone industrielle a été installée sur les champs agricoles des habitants de ce quartier dans les années 1980 avec la politique d’industrialisation du pays. En 1984, un gardien travaillant au niveau de l’usine Les Moulins du Sahel s’est installé avec sa famille pour être à côté de son lieu de travail. D’autres familles au nombre de sept lui ont emboîté le pas pour les mêmes raisons qui sont la proximité du lieu de travail et la gratuité du logement. D’où le nom Bouka Takos qui signifie en haoussa : huit cases (Souleymane Attrack, 2021, 23). Depuis 1991, le site accueille de plus en plus de migrants saisonniers venus de plusieurs localités du Niger. C’est ainsi qu’aujourd’hui, l’extension du site se remarque sur l’ensemble de la zone industrielle comme l’illustre la fig.1.
6Figure 1 : Localisation du site de Bouka Takos

Travaux terrain, 2021
7Le choix de ce site est motivé pour 84 % des migrants par les opportunités de logement qu’offre ce site. Par contre, 11 % sont sur ce site pour des raisons de mariage et 5 % pour la proximité géographique. Aussi, l’analyse de ces données a permis de comprendre que les migrants de Bouka Takos sont en leur majorité des migrants permanents (61 %) contre 39 % qui sont des migrants saisonniers. Ceci s’explique par l’insécurité (attaques terroristes) qui sévit dans leurs localités et qui menace leur retour au village. Aussi, sur l’ensemble des migrants du site, 40,2 % confirment avoir séjourné sur un autre site avant de revenir sur celui de Bouka Takos. Parmi ces derniers, il y a ceux qui habitaient les quartiers de Gamkallé, Saga et Yantala. Les raisons de leur retour sur le site de Bouka Takos étaient leurs faibles moyens financiers qui ne leur permettaient plus de payer le loyer. D’autres aussi ont quitté des sites de migrants tels que « Adamou Maiga kali » pour des raisons de déguerpissements, de malentendu entre migrants et de manque d’opportunités. En ces termes, une migrante affirme que « Quand on était sur un autre site, des fois nous passons nos journées sans trouver à manger. Mais depuis notre arrivée ici, les gens du site de Bouka Takos nous ont accueillis et nous ont facilité l’insertion. J’ai gagné un travail grâce à une dame que j’ai rencontrée sur ce site ».
Provenance géographique des migrants du site de Bouka Takos
8Le site de Bouka Takos se particularise par la diversité socio-culturelle des migrants qui proviennent de plusieurs régions du pays. En effet, contrairement à certains sites de migrants où on remarque une affiliation géographique et communautaire des occupants, celui-ci abrite des migrants et migrantes venues de cinq (5) régions culturellement et linguistiquement distinctes (fig.2).
9Figure 2 : Provenance des migrants du site de Bouka Takos

10L’analyse des données indique que la majorité des migrants du site de Bouka Takos (75 %) viennent de la région de Tillabéry. Ensuite, ceux de la région de Tahoua, qui représentent 14,3 % de l’effectif des migrants du site. On enregistre aussi que 9,8 % des migrants du site sont issus de la région de Dosso. Les régions de Maradi et de Zinder sont peu représentées, chacune ne compte que 0,7 % de l’échantillon. Ces migrants une fois sur le site sont accueillis dans leur majorité par des parents (65,9 %) qui sont déjà sur place. Ceux qui sont accueillis par les anciens installés du site représentent 24,2 % de l’échantillon. À ces proportions s’ajoutent ceux qui sont accueillis soit par un ami soit par une connaissance du même village représentant respectivement 5,3 % et 4,5 %.
11En effet, le site de Bouka Takos accueille des migrants depuis plus de vingt (20) ans. Les migrants qui habitent sur le site depuis sa création représentent 21,2 % des enquêtés. L’arrivée de migrants à Bouka Takos a progressivement régressé et repris de l’ampleur en 2018. Cela coïncidait avec la montée de l’insécurité (attaque terroriste) dans plusieurs localités de la région de Tillabéry comme le souligne ce chef de ménage migrant : « Moi et ma famille, on a décidé de venir à Niamey et s’installer sur ce site car beaucoup de personnes du village sont ici. Nous ne pouvons plus retourner car il y a trop de risque de perdre sa vie ou d’être enlevé par des bandits armés ». C’est le cas aussi des réfugiés maliens présents dans cette ville, qui logent chez leurs proches historiquement installés (Amadou Bouzou, 2024, 39). Ces résultats soulignent que le site Bouka Takos est un lieu central dans la dynamique migratoire vers la capitale du Niger, attirant principalement des populations des zones environnantes et aux motivations migratoires multiples.
Caractéristiques socio-démographiques des migrants du site
12Dans le cadre de cette recherche, l’âge constitue l’une des variables utilisées pour déterminer le profil des migrants du site étudié. Ainsi, l’analyse de cette catégorie a permis de comprendre que l’âge des chefs de ménage migrants varie de moins de 20 à 70 ans avec un âge moyen de 39 ans. Ici le chef de ménage est celui ou celle qui possède le logement, assure sa gestion et la responsabilité sociale des occupants du logement. Les migrants enquêtés de moins de 40 ans représentent près de 50 % de l’échantillon.
13L’âge a un impact significatif sur la recherche d’emploi influençant à la fois les opportunités et les défis. Il détermine la force de travail de la personne au sein du ménage. Après l’âge, le sexe constitue aussi la seconde variable du profil des migrants. On observe que 54 % des chefs de ménage sont des hommes contre 46 % de femmes. Toutes les situations matrimoniales sont présentes sur le site de Bouka Takos. En complément de cette section, nous abordons avec détail la situation matrimoniale des migrants enquêtés.
14À l’issue de l’enquête, on observe que l’écrasante majorité des migrants sont mariés (81,8 %) vivant avec leurs ménages entiers. On note la catégorie des veufs (ves) qui représentent 13,6 % des migrants. Les célibataires et les divorcés représentent respectivement 3,8 % et 0,8 %. Ceci est lié au fait que le site qui autrefois n’accueillait que des migrants en famille commence à en accueillir d’autres qui viennent individuellement. Dans ce sens, on note la présence des femmes migrantes indépendamment de leurs conjoints et qui sont souvent accompagnées d’enfants. À cet effet, les résultats de nos travaux montrent que la taille des ménages sur le site d’étude varie d’un (1) à douze (12) individus. Elle est en moyenne onze (11) personnes. Cette moyenne est largement supérieure à la moyenne nationale qui est de 6,8 individus (INS, 2022, 77). L’importance de cette taille du ménage s’explique par deux principales variables : les migrants qui viennent des villages d’origine et le nombre d’enfants du chef de ménage nés sur place et qui sont tous sous sa responsabilité. Aussi, l’instruction de la population est l’un des critères utilisés pour analyser les conditions de vie d’un individu. Cette instruction joue également dans l’accès aux activités économiques notamment dans le secteur formel. C’est pourquoi, les migrants du site de Bouka Takos qui sont en majorité peu instruits avec 80,3 % sans éducation formelle ou informelle et 16,7 % ayant un niveau primaire comme l’illustre la fig.3, travaillent dans le secteur informel.
Figure 3 : Répartition du niveau d’instruction des migrants

Travaux de terrain, octobre 2021
15L’analyse de ces résultats a permis de comprendre que le niveau d’instruction détermine la migration de la population. Les migrants du site, en leur majorité, sont sans aucun niveau d’instruction. Pourtant, l’instruction des parents joue un rôle crucial dans l’éducation des enfants, influençant leur réussite scolaire, leur motivation et leur rapport à l’apprentissage. Il joue aussi un rôle important dans l’accès aux ressources éducatives comme disait un chef de ménage migrant « …. Les parents qui ont fréquenté des écoles s’intéressent plus à l’éducation de leurs enfants et les assistent dans la révision de leur cours à la fin de chaque soirée ». Par contre, le manque d’instruction des parents n’est pas sans conséquence sur l’éducation des enfants. Il peut limiter leur capacité à aider leurs enfants dans leur scolarité. Bien que le niveau d’instruction des parents soit un facteur déterminant dans l’éducation des enfants, l’engagement parental, l’encouragement et l’environnement familial sont tout aussi essentiels pour favoriser la réussite scolaire des enfants migrants.
Activités économiques des migrants du site
16La majorité des migrants de Bouka Takos travaillent dans le secteur tertiaire (93 %). Ainsi, les hommes exercent plusieurs activités dont le ramassage d’ordures, la menuiserie, la plomberie, le petit commerce, le gardiennage, la sécurité pour les entreprises comme les agences de transfert d’argent et d’autres qui se spécialisent dans la consultation de maraboutage. Quant aux femmes, elles mènent des activités manuelles comme la coiffure et les travaux domestiques. La majorité des migrants travaillent dans les quartiers environnants du site de Bouka Takos (fig.4).
17Figure 4 : Quartiers d’activités des migrants du site de Bouka Takos

18Au-delà des quartiers environnants (Gamkallé, Saga, cité OLANI, Pays Bas, Talladjé, Tondigamey et Aéroport), certains migrants partent dans les quartiers éloignés comme Nouveau marché, Bobiel et Plateau pour travailler. Pour se rendre dans ces quartiers éloignés, les migrants utilisent les moyens de déplacement individuels comme la moto et le vélo. Il y a aussi ceux qui utilisent les moyens de transport en commun comme les bus de la Société des Transports Urbains de Niamey (SOTRINU), les faba-faba et les taxis. Les frais dépensés pour les déplacements varient entre 200 francs CFA à plus de 600 francs CFA en fonction de la distance et du type de moyen de transport utilisé. Ceux qui travaillent dans les quartiers environnants s’y rendent à pied.
19En outre, grâce à ces activités, les chefs de ménage tentent plus ou moins de gérer les besoins de la famille. Ces diverses activités ont pour but de pallier le manque en cas de mauvaise récolte et réduire leur vulnérabilité économique (Mahamane Abdoul-Kader 2024 : 195). Également, ce secteur informel permet aux migrants de s’insérer facilement malgré leur faible niveau intellectuel dans une économie urbaine en perpétuelle dynamique comme le témoigne un enquêté : « Travailler dans le secteur informel, donne la possibilité de gagner facilement de l’argent et assurer les besoins économiques du ménage malgré les risques et incertitudes qui l’encadrent » (Enquête terrain, 2021). Certains hommes affirment épargner chaque semaine entre 15 000 FCFA et 35 000 FCFA selon l’activité exercée. Du côté des femmes, celles-ci épargnent autour de 5 000 FCFA par mois. Les fonds envoyés au village servent à assurer la sécurité alimentaire des membres du ménage restés et l’assistance financière aux proches. En plus du transfert monétaire, d’autres biens sont également envoyés aux parents restés au village tels que des céréales, des médicaments, des produits cosmétiques et des habits.
Conditions de vie des migrants de Bouka Takos
Caractéristiques du logement à Bouka Takos
20Les migrants de Bouka Takos développent différentes stratégies pour se loger. C’est ainsi que les observations ont relevé la présence de plusieurs cases en paillote comme principal type d’habitat (pho. 1). Ces paillotes sont construites en fonction des moyens financiers du migrant et du temps de séjour prévu. Les migrants permanents construisent des paillotes qui durent plus longtemps, leur coûtant ainsi entre 50 000 FCFA à plus de 150 000 FCFA. Les personnes dépensant entre 8 000 FCFA et 10 000 FCFA sont des migrants saisonniers. Pour s’y faire, à la place de pailles, ils utilisent des cartons qu’ils ramassent eux-mêmes.
Ainsi, 94,7 % des habitants du site occupent l’espace par squat, c’est-à-dire sans autorisation d’une tierce personne. Ceux qui habitent le site par autorisation sont dans des parcelles appartenant à des propriétés individuelles. Ces paillottes sont faites de branches d’arbres fixées au sol, auxquelles on attache des nattes de secco ou de tissus dans certains cas comme on peut le voir sur la pho.1.
21Photo 1 : Habitat en paillote à Bouka Takos

enquête terrain, 2024
L’habitat des migrants internes du site de BT est marqué par la précarité. En effet, ils sont exposés à toutes les contraintes des différentes saisons qui s’accompagnent de maladie. Dans ce sens, un chef de ménage affirme en ces termes :
« La précarité de l’habitat ne permet pas aux occupants du site de dormir tranquillement la nuit. Souvent les précipitations viennent la nuit, et donc les adultes se tiennent debout à souder les trous des toits où passe l’eau jusqu’à ce que la pluie s’arrête. Souvent il arrive que des paillottes soient complètement inondées quand elles sont construites avec des matériaux moins solides » (enquête, octobre 2021).
22En dehors du logement, l’accès à l’éducation pour les enfants est un point qui mérite d’être analysé. En effet, comme pour les enfants des Niaméens, la scolarisation est nécessaire pour les enfants des migrants internes du site de l’étude. Ainsi, 40,9 % de ces enfants présents sur le site sont scolarisés contre 48,5 % qui ne vont pas à l’école. Les scolarisés sont les enfants dont les parents connaissent leur durée de séjour sur le site et qui tendent vers une installation définitive. Certains parmi ces derniers ont été déscolarisés soit pour de mauvais résultats ayant conduit à leur renvoi définitif de l’école, soit ils ont abandonné l’école en suivant leurs parents migrants. Cela corrobore les recherches de Daouda Bana (2022 : 45) qui montrent l’impact de cette migration sur la scolarité des enfants des déplacés internes de la ville de Torodi. En effet, beaucoup de ces enfants déplacés n’arrivent plus à continuer leur scolarité à cause des difficultés financières des parents pour leur assurer le minimum.
23Néanmoins, on retrouve des enfants renvoyés de l’école qui sont inscrits dans les centres de formation professionnelle. Pour ceux qui sont encore scolarisés, la majorité sont inscrits au collège entre la 6e et la 4e et quelques-uns sont au lycée de la 2e à la première. Les écoles fréquentées par ces enfants concernent surtout les écoles primaires de Saga et Gamkalé. On note aussi ceux qui partent à l’école primaire de Talladjé et de Tondigamey, surtout ceux qui partent avec leur parent qui travaille dans ces quartiers. Pour les collégiens et lycéens, ils fréquentent surtout le collège de Gamkalé et de Saga. Étant inscrits dans les établissements publics, ces élèves bénéficient des mêmes privilèges que les autres élèves des citadins. Ce qui signifie que les parents ne payent que les frais annuels du Comité de Gestion des Établissements Scolaires (COGES). Ces frais varient entre 1 000 FCFA et 2 000 FCFA en fonction du niveau d’inscription.
24L’accès à l’éducation pour les ménages migrants internes du site d’étude est souvent entravé par plusieurs obstacles, qui peuvent être d’ordre économique, administratif, culturel voire social pour certains. Pour ce qui est de l’obstacle administratif, il s’agit pour certains ménages de l’absence des documents officiels empêchant l’inscription des enfants. Ces documents sont principalement le certificat de nationalité et l’acte de naissance. Cela dans un contexte où en milieu rural, zone de provenance des parents, ces derniers ne cherchent pas ou ne sécurisent pas ces documents pour besoin. En ce qui concerne les obstacles économiques, on note que le coût des fournitures scolaires est coûteux pour certains ménages migrants. Aussi, le travail notamment de mendicité que pratiquent les enfants pour soutenir financièrement les parents réduit leur temps d’étude et joue sur leur rendement scolaire. Enfin, l’accès limité aux services éducatifs à travers le manque de places dans les écoles publiques, obligeant certains enfants migrants à rester sans instructions, est un facteur important à souligner. Il y a également la difficulté d’obtenir des aides scolaires et un accompagnement adapté pour ces migrants.
25Pour y faire face, il sera important de simplifier les démarches administratives pour l’inscription des enfants des migrants. Il serait aussi important de proposer un soutien financier à la famille des migrantes pour alléger les coûts liés à l’éducation. Une approche inclusive et des politiques adaptées peuvent considérablement améliorer leur situation scolaire et leur accès aux soins.
Accès aux soins
26Au Niger, depuis la Présidence de feu Mamadou Tandja (1999-2010), les enfants âgés de 0 à 5 ans bénéficient gratuitement des soins. Cet accès à des soins gratuits a encouragé plusieurs ménages à se rendre dans les salles de soins en cas de nécessité. Ainsi, les travaux de terrain ont permis de comprendre que 93 % des ménages migrants enquêtés fréquentent les centres de santé. Pour le reste des effectifs, les 2 % arrivés récemment à Niamey, ils n’ont pas encore senti le besoin d’aller dans un centre de santé (tabl.1). Ce tableau montre les centres de santé proches du site que les migrants du site BT fréquentent pour recevoir leurs soins.
Tableau 1 : Centres de santé fréquentés par les migrants de Bouka Takos
|
Accès au soin |
Nombres |
Fréquences (%) |
|
Non réponse |
3 |
2 |
|
Centre de sante Gamkallé |
128 |
93,43 |
|
Centre de santé de Saga |
3 |
2,19 |
|
Centre de santé de Talladjé |
1 |
0,73 |
|
Cliniques privées |
2 |
1,46 |
|
Total |
137 |
100 |
Travaux de terrain, Octobre 2021
27L’analyse de ce tableau permet également de voir qu’il y a parmi les migrants internes de BT des individus qui se soignent dans les cliniques privées comme le cas de ceux qui vont à la clinique de la Cité. Aussi, 98 % des ménages enquêtés se soignent avec des médicaments prescrits dans les centres de santé et seuls 2 % de ces ménages se traitent avec des médicaments achetés dans la rue. Ce résultat montre que la ville a bien joué sur les migrants qui ont pratiquement abandonné l’achat des médicaments de la rue comme on les appelle. L’achat des médicaments de la rue est justifié par certains par leur faible niveau de revenus qui ne leur permet pas d’acheter les produits pharmaceutiques jugés chers comparés aux médicaments de la rue. Mais la majorité reconnait tous les méfaits de l’utilisation des médicaments de la rue. Les autres affirment utiliser les médicaments de la rue à cause de leur effet immédiat qui soulage la douleur ressentie. Dans ce sens, un enquêté sur le site explique : « je n’ai pas du tout besoin d’aller dans un centre de santé car ils prescrivent des produits couteux alors qu’avec 500 FCFA je peux avoir des produits chez les vendeurs ambulants pour me traiter facilement » (enquête, octobre 2021).
28Mais d’une façon générale, l’accès aux soins de santé est entravé par plusieurs obstacles. Il s’agit de la pauvreté avec des faibles revenus des migrants rendant difficile le paiement des soins médicaux, l’absence d’une assurance maladie, la complexité du système sanitaire et le coût de transport pour se rendre au centre de santé. Parmi les services sociaux de base à analyser relativement à l’insertion des migrants de Bouka Takos, figure l’accès à l’eau potable et à l’assainissement.
Approvisionnement en eau et assainissement
29L’accès à l’eau joue un rôle important dans l’amélioration des conditions de vie des ménages. Malgré son importance, plusieurs ménages migrants internes de Bouka Takos n’ont pas accès à l’eau. Mais on trouve quelques migrants qui se trouvent à proximité des maisons qui ont eu un branchement d’eau courante et qui leur en donnent. D’autres achètent l’eau auprès des revendeurs comme l’illustre la fig. 5 qui présente les modes d’accès à l’eau chez les migrants internes du site étudié.
Figure 5 : Modes d’accès à l’eau chez les migrants de Bouka Takos

Travaux terrain, 2021
30On remarque donc que parmi les migrants du site, 15,9 % ont accès à l’eau courante. Certains cotisent entre eux pour payer la facture d’eau en contrastant avec un voisin propriétaire. D’autres bénéficient de la générosité des voisins qui offrent gratuitement l’eau. Seul 0,80 % des enquêtés affirment acheter l’eau. Ils l’achètent auprès des revendeurs appelés « Garoua » et dont certains migrants exercent ce même travail. En plus de l’accès à l’eau sur le site, l’assainissement est aussi un aspect important à analyser sur ce site.
31D’une façon générale, l’assainissement reste l’une des problématiques de la vie sociale dans la ville de Niamey. En effet, les services publics d’hygiène et d’assainissement adéquats sont faibles dans la capitale du Niger. Cette situation est particulièrement plus accentuée au niveau des habitats précaires comme à Bouka Takos. Les habitations de ce site ne disposent pas de latrines dans leur totalité. Seules des douchières sont faites de secco à l’intérieur desquelles on trouve le plus souvent une brique en ciment sur laquelle on pose le sceau d’eau pour se laver. Dans ce sens, Motcho (2020, 8) a montré que les eaux usées de ces types de douchières s’infiltrent directement dans le sol ou sont conduites dehors jusque devant les cases. Également, tous les déchets des usines de la zone industrielle ainsi que ceux des quartiers riverains sont versés juste derrière les cases (phot.2). À noter que certaines cases sont carrément sur les déchets et d’autres à côté des caniveaux. Tous les types de déchets solides des ménages y sont.
32Photo 2 : deportoir sauvage situé à coté du site

Travaux de terrain, 2021
En effet, ces déchets qui envahissent cet espace ne sont pas sans conséquences. Les habitants de ce site sont de ce fait exposés à plusieurs maladies rappelées dans le tabl. 2.
33Tableau 2 : Maladies fréquemment contractées par les migrants internes du site
|
Maladies |
Nombre |
Fréquence (%) |
|
|
Non réponse |
1 |
0,80 |
|
|
Cholera |
1 |
0,80 |
|
|
Tuberculose |
100 |
75,80 |
|
|
Bilharziose |
1 |
0,80 |
|
|
Fièvre typhoïde |
13 |
9,80 |
|
|
Diarrhée |
50 |
37,90 |
|
|
Autres |
17 |
12,90 |
Travaux de terrain, 2021
34La lecture de ce tableau montre que les migrants internes du site BT sont exposés à des conditions de vie précaires qui favorisent l’émergence et la transmission de certaines maladies. Le site est situé aussi dans une zone favorable à la prolifération de moustiques et autres insectes transmettant des maladies comme le paludisme. Pour améliorer les conditions de vie de ces migrants, nous estimons qu’il serait nécessaire d’inclure la prise en charge des migrants en incluant des soins médicaux, des campagnes de vaccination, un meilleur accès à l’eau potable et une amélioration des conditions de vie du site BT.
Discussion
35Les études et analyses sur les migrations au Niger ont principalement abordé les facteurs et impacts de ces migrations sur les zones de départ. Les conditions de vie et d’installation dans les villes d’accueil sont peu évoquées. En effet, à l’échelle des villes africaines, l’insertion des migrants a connu un engouement dans les années 1980 avant de connaitre actuellement un silence (M. BERTRAND, 2011, 25).
Autour de la ville de Niamey, malgré sa prédominance comme principale destination des migrations internes, peu de travaux d’actualité sur l’insertion et l’installation de ces migrants y sont réalisés. En effet, déjà dans les années 1970-1990, des chercheurs comme Sidikou Arouna (1975, 206) et Jambes (1996, 323) rappelaient les effets des migrations internes sur la croissance spatiale de la ville de Niamey avec l’apparition de nouveaux quartiers comme Boukoki. Ce quartier de Boukoki présentait les mêmes matériaux de construction des logements que Bouka Takos d’aujourd’hui, à savoir la paille. Cela se justifiait par une insuffisance de politiques publiques d’accueil et de logement des migrants en particulier et des citadins de la capitale en général. Ce qui a conduit donc les migrants à créer des quartiers spontanés comme le soulignait Sidikou Arouna (1975, 206) parlant du cas de Boukoki :
« La ville s’agrandit dans des proportions imprévues et attira toute une foule de ruraux qui, faute de moyens et ne pouvant pas s’installer en ville où la location d’une maison n’excédait pas 250 francs, allèrent agrandir le quartier paillottes, Boukoki (littéralement « les paillottes ») proie désignée de nombreux incendies ».
36Ainsi donc nos résultats confirment ces premières analyses sur l’insertion résidentielle des migrants dans la ville de Niamey et rappellent le caractère précaire des habitations de ces migrants. Cette recherche s’aligne aussi sur l’analyse des travaux récents qui ont abordé directement ou indirectement l’insertion sociale et la précarité des migrants dans la ville de Niamey, parmi lesquels ceux de Yayé Saidou et Mahamane Moussa (2023, 333), qui ont abordé la mobilité interne des migrantes du quartier Kalley-Plateau. Dans ce travail, elles montrent que face à leurs faibles moyens financiers, les migrantes privilégient la marche à pied et font face à des agressions sur la route. Aussi, Mahamadou Alfa Bagna (2024, 55) dans son étude portant sur la migration féminine internationale au Niger à travers le Nouveau Marché montre que l’accueil des migrantes nouvellement arrivées à Niamey est largement assuré par leur réseau familial. Ce soutien se manifeste tant au niveau de l’hébergement initial que de l’insertion socioprofessionnelle. Par ailleurs, la communauté des ressortissants joue un rôle crucial en accompagnant les migrantes qui n’ont pas de contacts familiaux sur place.
37Par rapport à l’accueil, Mounkaila (2010, 15), étudiant les migrants de la région de Tahoua, montre que ceux-ci s’appuient sur les réseaux familiaux pour leur accueil. Ce qui est corroboré par nos travaux qui soulignent ici le caractère hospitalier des premiers installés sur le site envers les nouveaux venus du même village. Par contre, certains migrants doivent s’appuyer sur leurs ressources financières pour bénéficier de cet accueil. C’est l’exemple de la ville d’Agadez au nord du Niger où l’hébergement des migrants étrangers est devenu une source de revenu (Abdoussalami et Bontianti, 2015, 197).
38Également nos travaux rappellent la marginalisation résidentielle des migrants dans la ville de Niamey déjà évoquée par Motcho et Issaka (2007, 24) et Issaka (2015, 229) analysant l’habitat précaire des Niaméens. Ils montrent que l’habitat précaire caractérisé par les cases en paillote, en secco est l’apanage des citadins aux faibles revenus et des migrants. Face à cette précarité économique, la stratégie développée par les migrants reste l’occupation des zones périphériques ou bien l’installation sur des terrains non viabilisés sans commodités comme à Johannesburg et à Dakar (Simone, 2004, 410).
39Par ailleurs, on remarque que les migrants de Bouka Takos suivent une logique particulière d’insertion à savoir : « Travail-Résidence coude à coude ». En effet, il ressort des résultats que le premier migrant à installer sur le site voulait être proche de son lieu de travail et avait donc aménagé un espace qui devient plus tard Boukas Takos. Aujourd’hui encore, beaucoup de migrants et migrantes cherchent une place sur ce site afin de rester près de leurs lieux et quartiers de travail qui sont en majorité les quartiers limitrophes de Bouka Takos. C’est ainsi que Diaz Olvera et al. (2002, 10) mentionnaient le rôle de l’emploi sur la localisation résidentielle des migrants et des travailleurs :
« un ménage sur cinq habite ainsi dans un habitat en banco ou en paille dans ces quartiers à caractère résidentiel. Il s’agit notamment, au Plateau, à Poudrière, Dar es Salaam, des familles de gardiens ou de domestiques dont la localisation résidentielle s’explique par celle de leurs employeurs, les foyers aisés de ces quartiers ».
Conclusion
40Ce travail de recherche a pour objectif d’analyser les conditions de vie des migrants internes du site de Bouka Takos. Ce site constitue à la fois un lieu d’installation et un lieu de refuge pour certains migrants. Le site accueille des migrants venant de plusieurs localités du pays comme l’explique leur diversité ethnique et linguistique. Ces migrants vivent dans des cases en paillote avec une majorité vivant sur un dépôt de déchets. Ils sont exposés à une multitude de maladies en lien avec les conditions de vie sur le site. Les résultats de nos investigations ont montré que sur le site, les migrants internes n’ont pas accès à l’énergie électrique ni à un branchement d’eau courante. Grâce aux résultats des enquêtes, nous découvrons que pour s’installer à Bouka Takos, les nouveaux venus sur le site s’appuient sur les ressortissants de la même localité qui y sont déjà installés. En outre, les conditions de vie du site témoignent de la marginalisation des migrants dans leur nouvel environnement géographique où des dispositions publiques n’existent pas pour ces nouveaux habitants de la ville.
41Pour améliorer les conditions de vie des migrants internes, nous recommandons une approche globale qui prend en compte l’hébergement, l’accès aux droits fondamentaux et l’intégration sociale comme un dispositif d’accueil avec un accompagnement social. Cela dans un contexte socio-économique où Niamey devient la principale destination de milliers de personnes déplacées internes et réfugiées des pays voisins. Ce qui joue sur la croissance spatiale, démographique de la ville, mais fait accroître également les besoins socioéconomiques et résidentiels dans la capitale du Niger. Aussi, pour ce qui est de l’accès aux droits fondamentaux, il serait important d’améliorer le système pour faciliter l’accès aux soins médicaux et garantir l’accès à l’éducation pour les enfants des migrants et à la formation professionnelle pour les adultes. Ces mesures, combinées à une approche plus humaine et solidaire, permettraient ainsi d’améliorer les conditions de vie des migrants tout en favorisant leur intégration dans la société d’accueil.
Bibliographie
ABDOU YONLIHINZA Issa, « Migration et ressources locales au Sahel : entre défis socioéconomiques et environnementaux », Actes du colloque international de Ouagadougou sur les enjeux sécuritaires dans les pays africains, Université du Faso, Ouagadougou, 2018, 25 pages.
ABDOU YONLIHINZA Issa, AKALI BOUBACAR Haoua, « Migration et petite restauration marchande : une analyse à partir des cafetiers de Kazae à Dakoro au Niger », In revue Nigérienne des sciences sociales, Presse universitaire de l’Université Abdou Moumouni, 2020, 21 pages.
ABDOUSSALAMI Hamani, BONTIANTI Abdou, « Agadez, un nœud de la migration internationale au Niger », Les cahiers d’Outre-Mer. Revue de géographie de Bordeaux, 68 (2 70), 2015, pp. 189-206. https://journals.openedition.org/com/7427
ABOUBACAR Saadou, « Problème foncier et migration dans le terroir d’Allakaye au Niger », Akofena, no 004, Vol. 1. Septembre 2021, pp : 375-392. https://www.revue-akofena.com/wp-content/uploads/2021/09/29-T04-54-Saadou-ABOUBACAR-pp.375-392.pdf
AMADOU BOUZOU Djamila, « Autonomisation des réfugiés maliens dans l’arrondissement communal de Niamey », Mémoire de master de géographie, Université Abdou Moumouni, Niamey, 2024, p. 94.
AYOUBA TINNI Bachirou, « Mobilité résidentielle et habitat spontané à Niamey ». Mémoire de maitrise en géographie de l’université Abdou Moumouni, Niamey, 2012, 80 pages.
BERTRAND Monique, « De Bamako à Accra : mobilités et ancrages locaux en Afrique de l’ouest », Khartala Paris, 2011, 376 pages. https://www.researchgate.net/publication/265171617_De_Bamako_a_Accra_Mobilites_urbaines_et_ancrages_locaux_en_Afrique_de_l'Ouest
DAOUADA BANA Askandara, « insertion socio-économique des personnes déplacées à Torodi », Mémoire de master de géographie, Université Abdou Moumouni, Niamey, 2022, p.85.
Diaz Olvera Lourdes, Didier Plat, Pascal Pochet, « Étalement urbain, situations de pauvreté et accès à la ville en Afrique subsaharienne ». L’exemple de Niamey In BUSSIERE Y., MADRE J.-L., (Eds), 2002, Démographie et transport : Villes du Nord et villes du Sud, Paris, Le Harmattan, 2002, pp. 147-175 https://shs.hal.science/halshs-00080453/document
ISSAKA Hamadou, « Exode rural, urbanisation et sécurité privée à Niamey », In CAHIERS D’OUTRE-MER, 2015, pp. 225-242. https://journals.openedition.org/com/7451
JAMBES Jean-Pierre, « Typologie de l’espace urbain sahélien, le cas de la ville de Niamey », Cahiers d’outre-mer, n° 195, 49e année, juillet-septembre 1996. Sahel. pp. 317-330. https://www.persee.fr/doc/caoum_0373-5834_1996_num_49_195_3614
Mahamadou Alfa Bagna Hannatou, « Migration féminine internationale au Niger à travers le nouveau marché de Niamey », Mémoire de master recherche en Géographie, Université Abdou Moumouni de Niamey, 2024, 97 pages.
MAHAMANE ABDOUL-KADER Moustapha, « Impacts de la pression foncière sur l’Aménagement Hydro-Agricole dans la commune urbaine de Konni (Niger) », Thèse unique de doctorat en Géographie, Université Abdou Moumouni, Niamey, 2024, 293 pages.
MOTCHO Henri Kokou et ISSAKA HAMADOU, « Diversité des stratégies résidentielles des familles démunies à Niamey » In Revue Mu kara sani, Institut de Recherche en Sciences Humaines, UAM, vol 11, 2007, pp. 21-32.
MOTCHO KOKOU Henri, « Opération bulldozer ou comment rendre coquette Niamey, la capitale du Niger », in Revue environnement et dynamique des sociétés, no 001, Presses universitaires de Niamey, 2019, pp. 293-312.
MOTCHO KOKOU Henri, « Comportements et attitudes de la population de Niamey, capitale du Niger, vis-à-vis des infrastructures publiques : l’invasion de la rue, une règle établie », In Revue Mu kara sani, Institut de Recherche en Sciences Humaines, UAM, 2020, 16 pages.
MOUNKAILA Harouna, « Parcours et logiques d’installation des ressortissants de Tahoua à Niamey », In Revue Mu kara sani, Institut de Recherche en Sciences Humaines, UAM, vol 15, 2010, pp. 4-25.
SIDIKOU AROUNA Hamidou, Niamey, Les Cahiers d'outre-mer. N° 111 - 28e année, juillet-septembre 1975. pp. 201-217. https://www.persee.fr/doc/caoum_0373-5834_1975_num111_2741
SIMONE Abdoul Malik, « People as infrastructure: intersecting fragments in Johannesburg » in Public Culture, vol.3, 2004, pp. 407-429.
SOULEYMANE ATTRACK Chérifa, « Accueil et installation des migrants internes à Niamey à travers l’exemple du site de Bouka Takos », Mémoire de Master en Géographie Université Abdou Moumouni, 2021, 62 pages.
YAYE SAIDOU Hadiara et MAHAMANE MOUSSA Charifatou, « La mobilité des femmes domestiques du quartier Kalley Plateau de Niamey » Acte du colloque international sur « Espaces partagés en Afrique sahélo-soudanienne : villes, villages et enclaves » 02-04 février 2023, Niamey, Niger, 2023, pp. 325-338.
Pour citer ce document
Quelques mots à propos de : Moustapha MAHAMANE ABDOUL KADER
Docteur en Géographie
Université Abdou Moumouni de Niamey (Niger)
Quelques mots à propos de : Charifatou MAHAMANE MOUSSA
Docteur en Géographie
Université Abdou Moumouni de Niamey (Niger)
Quelques mots à propos de : Issa ABDOU YONLIHINZA
Maitre de Conférence en Géographie
Université Abdou Moumouni de Niamey (Niger)
Quelques mots à propos de : Chérifa SOULEYMANE ATTRACK
Master en Géographie
Université Abdou Moumouni de Niamey (Niger)