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N°42-Spécial

Piman Alain-Raphaël BAYILI

L’effet des rentes des ressources naturelles sur la qualité des institutions en Afrique de l’Ouest

Article

Résumé

Cette recherche analyse l’effet de la dépendance à l’égard des ressources naturelles sur la qualité des institutions en Afrique de l’Ouest. Trois (03) indices composites (gouvernance économique, institutionnelle et politique), ainsi que les six (06) indicateurs de gouvernance de la Banque mondiale sont utilisés. À partir d’un échantillon de 15 pays sur la période 2000-2023, nous estimons un modèle en données de panel par la méthode des moindres carrés en deux étapes (IV-2SLS). Les résultats montrent que les rentes totales tirées des ressources naturelles affectent négativement l’indice global de qualité institutionnelle, les indices de gouvernance économique, institutionnelle et politique, ainsi que les six (06) indicateurs de gouvernance. Les résultats sont robustes lorsqu’on utilise le score de démocratie polity2, le respect des droits de propriété et la liberté économique, comme mesures alternatives de la qualité institutionnelle. Les résultats suggèrent d’améliorer la gouvernance des ressources naturelles. En particulier, mettre en ligne des plateformes pour dénoncer les cas de corruption, assurer une meilleure garantie des droits de propriété et la transparence dans la gestion des tirées des ressources naturelles.

Abstract

This research analyzes the effect of dependence on natural resources on the quality of institutions in West Africa. Three composite indices (economic, institutional, and political governance) and the World Bank's six governance indicators are used. Based on a sample of 15 countries over the period 2000-2023, we estimate a panel data model using the two-stage least squares (IV-2SLS) method. The results show that total natural resource rents negatively affect the overall institutional quality index, the economic, institutional, and political governance indices, as well as the six (06) governance indicators. The results are robust when using the Polity2 democracy score, respect for property rights, and economic freedom as alternative measures of institutional quality. The results suggest improving natural resource governance. In particular, online platforms should be set up to report cases of corruption, and property rights and transparency in the management of natural resource revenues should be better guaranteed.

Texte intégral

pp. 78-111

Introduction

1La littérature économique à travers l’hypothèse de la malédiction des ressources montre que la dépendance à l’égard des ressources naturelles entrave le développement économique dans son ensemble (Auty, 1993 ; Sachs et Warner, 1995, 1997 ; Karl, 1997). L’un des mécanismes de transmission de la malédiction des ressources est la mauvaise qualité institutionnelle (Tornell et Lane, 1999 ; Torvik, 2002 ; Mehlum et al., 2006). En effet, un faible niveau de qualité institutionnelle encourage la recherche de rentes, en revanche un niveau élevé de qualité institutionnelle favorise les activités de production (Mehlum et al,. 2006).

2Selon la théorie de l’État rentier, les pays qui tirent l’essentiel de leur revenu des ressources naturelles ont des institutions politiques fragiles et inefficaces (Mahdavy, 1970). En effet, la dépendance à l’égard des ressources naturelles augmente le risque des conflits armés (Ross, 2004 ; Collier et Hoeffler, 2005), entrave le bon déroulement du processus démocratique (Jensen et Wantchekon, 2004 ; Ross, 2015 ), génère de la corruption (Fleming et al., 2015), détériore les droits de propriétés (Hodler, 2006) et crée des comportements rentiers (Tornell et Lane, 1999). Par exemple, des cas de rébellions financées par les ressources naturelles ont été mis exergue en Angola, en Sierra Leone, au Libéria et en République Démocratique du Congo (Hellendorff, 2012). De façon générale, trois effets sous-tendent cette théorie: l’effet de rente, l’effet de répression et l’effet de modernisation (Ross, 2001).

3Sur le plan empirique, la littérature qui étudie l’effet des ressources naturelles sur la qualité institutionnelle a donné lieu à des résultats controversés. En effet, plusieurs auteurs ont montré que les rentes des ressources naturelles affaiblissent la qualité institutionnelle (Philippot, 2011 ; Goujon et Mabali, 2016 ; Asiamah et al., 2022 ; Khoshnoodi et al., 2022). Ainsi, les ressources naturelles renforcent les régimes autoritaires (Jensen et Watchenkon, 2004), entravent l’évolution de la liberté économique (Khoshnoodi et al., 2022) et incitent les élites politiques à l’enrichissement personnel (Vicente, 2010). Parfois, le contrôle de la getion des ressources naturelles est au cœur de la lutte politique et peut conduire à des conflits civils (Collier et Hoeffler, 2000). En revanche, Brunnschweiler (2008) et Alexeev et Conrad (2009) soutiennent un effet positif des ressources naturelles sur la qualité institutionnelle. Par ailleurs, un autre groupe d’auteurs met en évidence l’effet non linéaire des rentes des ressources naturelles sur la qualité institutionnelle (Couttenier, 2012; Houle, 2018 ; Helgath, 2021).

4Les statistiques de la Banque mondiale au cours de la période 2000-2021, montrent que certains pays africains d’Afrique de l’Ouest sont plus dépendants des ressources naturelles, avec une contribution moyenne au produit intérieur brut (PIB) de 21,49% pour le Cap Vert, 21, 25% pour Libéria, 14,97% la Mauritanie, 14,78% la Guinée Bissau, 14,53% la Guinée, 12,94% le Nigéria, 11,46% le Ghana, 10,53% la Sierra Léone, 10,21% le Togo. (Indicateurs de développement dans le monde, 2024).

5En outre, les pays de l’afrique de l’Ouest dépendants des ressources naturelles se caractérisent par des institutions faibles (Atangana Ondoa, 2019). Par exemple, les indices moyens de qualité institutionnelle, mesurés par les indicateurs de gouvernance de la Banque mondiale sont enregistrés à -0,596 pour le contrôle de la corruption, -0,8 pour l’efficacité du gouvernement, -0,54 pour la stabilité politique et l’absence de violence, -0,649 pour la qualité de la réglementation, -0,672 pour l’état de droit, -0,357 pour voix citoyenne et la responsabilité. Ces indices évoluant de -2,5 à 2,5 et qui témoignent de la mauvaise qualité des institutions (Indicateurs de gouvernance dans le monde, 2024).

6Sur la base de ces données, l’idée que la dépendance aux ressources naturelles nuit à la qualité institutionnelle est une question pertinente. Dans ce contexte, l’objectif de cette recherche est d’analyser l’effet des rentes tirées des ressources naturelles sur la qualité institutionnelle en Afrique de l’Ouest. La contribution de cette recherche à la littérature est triple. Premièrement, notre analyse se concentre uniquement sur un échantillon de pays d’Afrique de l’Ouest sur la période 2000 à 2021, contrairement aux travaux précédents qui se sont focalisés sur l’Afrique subsaharienne (Helgath, 2021 ; Asiamah et al., 2022), les pays développés et en développement (Philippot, 2011; Tsani, 2013). Deuxièmement, les travaux antérieurs ont traité de l’effet des ressources naturelles sur les six (06) indicateurs de gouvernance de la Banque mondiale uniquement (Asiamah et al., 2022). La particularité de la présente recherche est l'utilisation de plusieurs indicateurs de qualité institutionnelle. En effet, nous utilisons les indicateurs de gouvernance de la Banque mondiale pour construire des indices composites (gouvernance économique, institutionnelle et politique). Cette recherche intégre en plus des trois (03) indices, les six (06) indicateurs de gouvernance de la Banque mondiale. Enfin, cette recherche se distingue par son approche méthodologique en tenant compte de l’endogénéité des rentes tirées des ressources naturelles et d’une possible causalité inverse. Pour cette raison, nous appliquons les moindres carrés en deux étapes (IV-2SLS).

7Le reste de l’article est organisé comme suit : La section 2 donne un aperçu de la littérature existante. La section 3 décrit la méthodologie adoptée. La section 4 présente et discute les résultats. La section 5 conclut et présente les implications de politiques.

Effet des ressources naturelles sur la qualité des institutions : Une revue de la littérature

8Un examen de la théorie économique montre que les ressources naturelles peuvent affecter la qualité des institutions à travers au moins trois mécanismes qui sont : L’effet de rente, l’effet de répression et l’effet de modernisation (Ross, 2001). L’effet de rente, explique que les pays dont une part importante des revenus provient des rentes des ressources naturelles applique un faible taux de taxation à la population, en contrepartie, le gouvernement se soustrait de sa responsabilité de rendre des comptes (Isham et al., 2005), ce qui encourage les activités de clientélisme et la corruption. L’effet de répression, qui agit négativement sur la qualité des institutions, en particulier la démocratie. En effet, les rentes des ressources naturelles sont souvent utilisées pour réprimer les opposants au pouvoir, limitant ainsi les droits politiques et civils. L’effet de modernisation, selon lequel les gouvernements des pays riches en ressources naturelles entravent les changements sociaux et culturels devant conduire à l’amélioration de la qualité institutionnelle. En outre, les modèles de recherche de rentes stipulent que l’augmentation des revenus tirés des ressources naturelles favorise des politiques publiques inefficaces et encourage la corruption (Torvik, 2002 ; Vicente, 2010).

9Sur le plan empirique, plusieurs travaux soutiennent l’hypothèse de la malédiction des ressources naturelles, c’est-à-dire que les rentes tirées des ressources naturelles sont liées à des défaillances institutionnelles. En effet, des études mettent en évidence la malédiction des ressources naturelles à travers le niveau de la corruption. Par exemple, Arezki et Brückner (2011) à travers une modélisation sur un panel de 30 pays exportateurs de pétrole au cours de la période 1992-2005, constatent que l’augmentation des rentes pétrolières influencent positivement et de manière significative la corruption. Vicente (2010) analyse le rôle des ressources naturelles sur le niveau de la corruption. L’auteur constate que les découvertes de pétrole à Sao Tomé-et-Principe sont à l’origine de l’augmentation de la corruption dans le pays. Shadabi et Adkisson (2021) sur un échantillon de 125 pays au cours de la période 2012-2016, constatent que les rentes des ressources naturelles génèrent implicitement de la corruption.

10Des auteurs s’intéressent aux effets des ressources naturelles sur l’instabilité politique à travers les conflits armés et le terrorisme. En effet, Ajide et al. (2020) analysent les effets des ressources naturelles sur les régimes politiques et le terrorisme en Afrique. Les auteurs en appliquant un estimateur de régression binomiale négative sur un échantillon de 49 pays africains sur la période 1980-2012, montrent que les rentes tirées des ressources naturelles ont des effets inconditionnels sur l’instabilité politique. Atangana Ondoa (2019) à travers une modélisation de données de panel sur la période 1992-2016 et en utilisant la méthode des moindres carrés en deux étapes (2SLS), constatent que les rentes des ressources naturelles engendrent des conflits civils conduisant à une instabilité politique en Afrique. De même, Collier et Hoeffler (2012) suggèrent que les pays à forte dépendance en ressources naturelles présentent un risque élevé de conflit armé et de terrorisme.

11L’exploitation des ressources naturelles entrave le processus démocratique. En effet, Jensen et Wantchekon (2004) dans leur étude sur les régimes politiques en Afrique, utilisent des données transversales estimées par les moindres carrés généralisés (GLS) et les moindres carrés ordinaires (OLS) pour montrer que sur la période 1970-1995, la dépendance à l’égard des ressources a conduit à des régimes plus autoritaires. Asongu et Odhiambo (2022) ont examiné un échantillon de 44 pays d’Afrique subsaharienne au cours de la période 1996-2016 en utilisant une régression Tobit. Les résultats montrent une relation négative entre la gouvernance politique (voix et responsabilité et la stabilité politique), la gouvernance institutionnelle (l’état de droit et le contrôle de la corruption) et les rentes des ressources naturelles. Bergougui et Murshed (2020) analysent l’effet des rentes pétrolières sur la démocratie à l’aide d’un échantillon de 100 pays en développement sur la période 1935-2014. Les résultats montrent que les rentes pétrolières entraînent le déclin de la démocratie dans les pays d’Afrique du Nord dépendantes à l’égard des ressources naturelles. Anyanwu et Erhijakpor (2014) examinent la relation entre la rente pétrolière et la démocratie sur un échantillon de 52 pays africains entre 1955 et 2008. Ils constatent que la richesse pétrolière influence négativement la démocratie en Afrique.

12Isham et al. (2005) et Sala-i-Martin et Subramanian (2008) montrent que les rentes des ressources naturelles limitent les libertés civiles et affaiblissent l’État de droit. Kodila-Tedika (2016), à l’aide des données de 41 pays d’Afrique subsaharienne, sur la période 1999-2007, ont constaté, en utilisant une régression probit, que les rentes des ressources naturelles fragilisent les États en réduisant l’efficacité du gouvernement en Afrique.

13Goujon et Mabali (2016) ont examiné un échantillon de 90 pays en développement au cours de la période 1970-2010. En utilisant la méthode des variables instrumentales, ils ont constaté que les rentes des ressources naturelles détériorent la qualité des institutions, en particulier le score de démocratie polity2. Khoshnoodi et al. (2022) utilisent des données de 112 pays sur la période 2000-2018, pour montrer à l’aide d’un modèle probit que les ressources naturelles entravent les réformes institutionnelles, en particulier la liberté économique. Hodler (2006) a constaté que la dépendance à l’égard des ressources naturelles affaiblit les droits de propriété dans les pays.

14Asiamah et al. (2022) à patir d’un échantillon de 39 pays d’Afrique subsaharienne sur la période 2005-2019, utilisent l’estimateur GMM pour montrer que la dépendance à l’égard des ressources naturelles détériore la qualité des institutions en Afrique subsaharienne. La qualité institutionnelle est captée par le contrôle de la corruption, l’efficacité du gouvernement, la stabilité politique, la qualité de la réglementation, l’état de droit et voix citoyenne et responsabilité.

15La revue de la littérature montre que la plupart des travaux se sont concentrés sur l’effet des ressources naturelles sur les indicateurs individuels de la qualité institutionnelle. Cette recherche vise à enrichir la littérature avec la prise en compte de trois (03) indices composites de qualité institutionnelle.

Stratégie méthodologique

Spécification du modèle économétrique

16Afin d’analyser l’effet de la dépendance à l’égard des ressources naturelles sur la qualité institutionnelle en Afrique de l’Ouest, notre modèle empirique est inspiré de ceux de Philippot (2011), qui a étudié l’effet des ressources naturelles sur la qualité institutionnelle et Ongo Nkoa et al. (2024), qui ont analysé l’influence des ressources naturelles sur les fragilités. Dans leurs analyses, ces auteurs utilisent les rentes tirées des ressources naturelles comme variable d’intérêt. Nous suivons cette démarche et utilisons les rentes totales tirées des ressources naturelles. En outre, notre analyse prend en compte les indices composites, ainsi que les indicateurs individuels de la qualité institutionnelle. Ainsi, nous formulons le modèle suivant :

17, mesure la qualité institutionnelle qui prend en compte les indices composites, ainsi que les indicateurs individuels de qualité institutionnelle ;, capte les rentes totales des ressources naturelles ; est un ensemble de variables de contrôle qui comprend, l’éducation, l’ouverture commerciale et l’emploi; , représente le terme d’erreur et i spécifie le pays.

18La variable dépendante est institutional quality qui comprend les indices composites et les indicateurs individuels de qualité institutionnelle. L’indice composite de qualité institutionnelle est calculé à partir des six (06) indicateurs de gouvernance de la Banque mondiale (Kaufmann et al., 2011). Ces indicateurs sont le contrôle de la corruption, l’efficacité du gouvernement, la stabilité politique et l’absence de violence, la qualité de la réglementation, l’État de droit et la voix citoyenne et la responsabilité. A la suite de Asongu et Odhiambo (2021) et Diallo et Ouoba (2023), nous construisons trois indicateurs agrégés qui sont la gouvernance économique, institutionnelle et politique. La gouvernance politique est la moyenne simple des indicateurs de stabilité politique et absence de violence, et la voix citoyenne et la responsabilité. Ensuite, les indicateurs de qualité de la réglementation et d’efficacité du gouvernement décrivent la gouvernance économique. Enfin, la gouvernance institutionnelle est obtenue par une moyenne simple des indicateurs de l’État de droit et du contrôle de la corruption. L’indice composite de qualité institutionnelle permet d’éviter les problèmes de multicolinéarité dûs à l’utilisation des indicateurs individuels dans une même régression (Diallo et Ouoba, 2023). L’indice composite permet également d’apprécier l’effet global des rentes des ressources naturelles sur la qualité institutionnelle.

19L’indice composite de qualité institutionnelle est construit à travers une analyse en composantes principales (ACP) comme le suggèrent Acheampong et al. (2021) et Diallo et Ouoba (2023). En effet, l’ACP facilite l’analyse en regroupant les données en des ensembles plus petits et permet d’éliminer les problèmes de multicolinéarité entre les variables. Les nouvelles variables ainsi obtenues sont appelées des composantes principales et s’expriment comme des combinaisons linéaires des variables originales. Les résultats de l’analyse en composantes principales sont présentés dans le tableau A3 de l’annexe A.

20Par la suite, pour faciliter l’interprétation des résultats économétriques, les indices composites, ainsi que les indicateurs individuels de qualité institutionnelle sont transformés en appliquant la méthode min-max afin qu’ils soient compris entre 0 et 1. Ainsi, une valeur proche de 0, implique une très faible qualité institutionnelle et une valeur proche de 1, est synonyme d’une très bonne qualité institutionnelle.

21La variable d’intérêt est représentée par les rentes des ressources naturelles. Ce sont les rentes totales tirées des ressources naturelles en pourcentage du PIB. Elles intègrent les rentes pétrolières, minières, forestières, du gaz naturel et du charbon. Conformément à la littérature récente, cette variable est utilisée comme une mesure de la dépendance aux ressources naturelles (Ouoba, 2020 ; Asiamah et al., 2022 ; Awoa Awoa et Atangana Ondoa, 2023 ; Ongo Nkoa et al., 2024). En effet, l’hypothèse de la malédiction des ressources naturelles stipule que la dépendance à l’égard des ressources naturelles nuit à la qualité institutionnelle en affaiblissant le fonctionnement normal de la démocratie (Ross, 2001), et en augmentant la probabilité d’occurrence des conflits armés en Afrique (Hugon, 2009).

22En ce qui concerne les variables de contrôle, l’éducation est mesurée par le taux brut de scolarisation dans l’enseignement primaire, en référence aux travaux de Goudjon et Mabali (2016) et Grabowski et Self (2020). En effet, l’éducation agit sur l’offre à travers une main d’œuvre qualifiée et disponible pouvant proposer de nouvelles idées pour l’amélioration de la qualité institutionnelle. L’ouverture commerciale est mesurée par la somme des exportations et des importations de biens et services par rapport au PIB. L’ouverture commerciale facilite le transfert de dispositifs institutionnels de qualité (Goujon et Mabali, 2016). L’emploi est capté par l’emploi du secteur industriel dans l’emploi total. Pour Asiamah et al. (2022), l’emploi améliore le niveau de confiance des citoyens vis-à-vis des institutions.

Données

23Cette recherche porte sur un échantillon de 15 pays d’Afrique de l’Ouest sur la période 2000-2021. Il s’agit d’une analyse en données de panel. Les données sont annuelles et couvrent la période 2000 à 2021. La période d’analyse correspond d’une part, à la flambée des prix des matières premières sur le marché international, et d’autre part, à une baisse des prix suite aux crises de 2008 (crise des subprimes) et 2015 (crise pétrolière). Les données sur la variable dépendante sont tirées de la base de données des Indicateurs de gouvernance dans le monde. Les variables d'intérêt et de contrôle proviennent de la base de données des Indicateurs du développement dans le monde. La liste des pays est présentée dans le tableau A1 de l’annexe A.

24Figure 1: corrélations entre la rente totale des ressources naturelles et les indicateurs de qualité institutionnelle

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Author.

Les statistiques descriptives des variables, les valeurs du test VIF et les matrices de corrélation sont présentées respectivement dans les tableaux A4, A5, A6 et A7 de l’annexe A.

Tests préliminaires

Afin de déterminer l’effet des ressources naturelles sur la qualité institutionnelle, il est nécessaire d’effectuer quelques tests préliminaires.

Test de dépendance transversale

25Il s’agit de vérifier l’interdépendance entre les individus du panel. Pour cela, cette recherche utilise les tests de Pesaran (2004), Frees (1995) et Friedman (1937). L’hypothèse nulle postule l’indépendance des individus du panel. Sous cette hypothèse nulle, la statistique du test Pesaran (2004) est asymptotiquement distribuée selon une loi normale standard N (0,1). Le test de Friedman (1937) sous l’hypothèse nulle suit asymptotiquement en N une chi-deux à T −1 degrés de libertés. Le test de Frees (2004) utilise une approximation normale N (0, 1) pour T˃10. Les résultats de ces tests sont présentés dans le tableau 1. Les résultats de ces trois (03) tests ne permettent pas de rejeter l’hypothèse nulle d’indépendance entre les individus, car les probabilités des statistiques sont toutes supérieures à 0,05.

26Table 1 : Résultats du test de dépendance transversale.

Tests

Statistiques

Valeurs critiques

p-value

Pesaran (2004)

-0.944

0.3454

Frees (1995)

4.740

0.1231 (10%)

0.1611 (5%)

0.2338 (1%)

Friedman (1937)

12.669

0.9803

Auteur.

Test de racine unitaire

27Le test de dépendance transversale montre que les individus du panel sont indépendants. Ainsi, l’utilisation des tests de racine unitaire de première génération sont appropriés pour tester la stationnarité des séries. Pour ce faire, le test de Levin et al. (2002) est utilisé pour déterminer l’ordre d’intégration des variables. Ce test se repose sur l’indépendance interindividuelle des résidus (Mignon et Hurlin, 2005). Dans ce test, l’hypothèse nulle est la présence de racine unitaire. Les résultats du test de Levin et al. (2002) sont résumés dans le tableau 2. Les résultats montrent que les statistiques calculées sont inférieures à la statistique théorique associée (-1,64) au seuil de 1%. Cela implique le rejet de l’hypothèse nulle, par conséquent toutes nos variables sont stationnaires en niveau, c’est-à-dire I (0) au seuil de 1%.

28Table 2 : . Résultats du test de racine unitaire

Variables

LLC

Ordre d’intégration

Indice de qualité institutionnelle

-3.4537***

I (0)

Rente totale des ressources

-5.2223***

I (0)

Education

-4.3321***

I (0)

Ouverture commerciale

-3.8275***

I (0)

Emploi

-2.5596***

I (0)

Note: (***), (**), (*) = significatives à (1%), (5%) et (10%), respectivement.

Auteur.

Méthode d’estimation

29Les résultats du test de stationnarité montrent que toutes les variables sont stationnaires en niveau, donc le test de cointégration n’est plus nécessaire. Par conséquent, une stratégie générale consiste à utiliser la méthode des moindres carrés ordinaires (MCO) pour estimer le modèle empirique en supposant que toutes les variables indépendantes sont exogènes à la variable dépendante. Cependant, la variable utilisée pour capter la dépendance à l’égard des ressources naturelles est considérée comme endogène dans la littérature (Brunnschweiler et Bulte, 2008 ; Goujon et Mabali, 2016, Ouoba, 2016). En effet, le faible niveau de qualité institutionnelle explique la dépendance aux ressources naturelles de certaines économies (Brunnschweiler et Bulte, 2006). Dans ce cas, la méthode des moindres carrés ordinaires fournit des résultats biaisés (Deffo et al., 2020). Ainsi, la méthode des doubles moindres carrés (IV-2SLS) est appropriée pour corriger les problèmes d’endogénéité (Goujon et Mabali, 2016; Ouoba, 2016 ; Ongo Nkoa et al., 2024). Cette méthode consiste à substituer dans une régression la variable présumée endogène par des variables instrumentales. La littérature décrit trois sources d’endogénéité : la simultanéité ou la double causalité, l’omission et l’erreur de mesure des variables (Navatte, 2016). La simultanéité, signifie que le sens de la relation entre la qualité institutionnelle et les rentes des ressources naturelles n’est pas unique. Selon Tsani (2013), la qualité institutionnelle influence les rentes des ressources naturelles tout comme les ressources naturelles aussi ont un effet sur la qualité institutionnelle. En effet, grâce aux rentes tirées des ressources naturelles, les pays disposent suffisamment de revenus pour entreprendre des réformes institutionnelles, ce qui améliore la qualité des institutions existantes (Brunnschweiler et Bulte, 2008). Ensuite, l’omission des variables, implique la possibilité de ne pas prendre en compte certaines variables pertinentes dans l’estimation des modèles. Enfin, les institutions sont basées sur des appréciations et des évaluations subjectives des experts lors des enquêtes, ce peut rendre difficile la précision dans les mesures des indicateurs institutionnels.

30Pour corriger le problème d’endogénéité, nous utilisons comme instruments de la dépendance à l’égard des ressources naturelles la valeur retardée de trois périodes des rentes totales des ressources naturelles et les termes de l’échange considéré comme le rapport entre l’indice des prix à l’exportation et l’indice des prix à l’importation. En effet, les pays dépendants des ressources naturelles sont généralement exposés aux fluctuations des termes de l’échange (Ongo Nkoa et al., 2024). Les termes de l’échange sont un instrument des rentes totales des ressources naturelles dans Amiri et al. (2018). Pour la validité d’un instrument, Wooldridge (2016) postule deux conditions: Premièrement, il doit être corrélé avec les variables explicatives endogène, c’est-à-dire les rentes totales tirées des ressources naturelles : C’est la condition qui justifie la pertinence de l’instrument. Deuxièmement, il ne doit pas être corrélé avec les termes d’erreur, d’où la condition d’exogénéité. Le terme rentes des ressources naturelles désigne les rentes totales tirées des ressources naturelles, qui incluent les rentes pétrolières, minières, forestières, gazières et du charbon.

31Par la suite, les statistiques de Kleibergen-Paap rk, de Cragg-Donald et le test de Hansen sont utilisées pour vérifier la pertinence de l’instrument et l’adéquation des modèles. Ainsi, la statistique de Kleibergen-Paap rk permet de tester si les instruments sont faiblement liés aux rentes totales des ressources naturelles, celle de Cragg-Donald permet de tester si les instruments sont faiblement identifiés et le test de Hansen vérifie si les instruments sont liés aux termes d’erreur.

Résultats et discussion

Effet des ressources naturelles sur les indices de qualité institutionnelle

32Les tableaux 3 et 4 présentent les résultats de l’effet des rentes totales des ressources naturelles sur la qualité institutionnelle à l’aide de la méthode des doubles moindres carrés à variables instrumentales (IV-2SLS). La validité des résultats des estimations des différents modèles est vérifiée par les tests suivants : D’abord, le test de Kleibergen-Paap vérifie si les équations sont identifiées. Les résultats montrent que les probabilités associées sont toutes inférieures à 5% (tableaux 3 et 4), par conséquent les instruments (les valeurs retardées des rentes totales des ressources naturelles et les termes de l’échange) sont pertiments et les équations sont bien identifiées. Ensuite, le test de Cragg-Donald vérifie si les instruments sont faiblement corrélés avec les variables endogènes. Ainsi, les statistiques de Cragg-Donald sont supérieures aux valeurs critiques de Stock et de Yogo au seuil de 10% (tableaux 3 et 4). Par conséquent, les instruments ne sont pas faibles. Enfin, les probabilités associées au test de Hansen sont supérieures à 10% pour toutes les estimations (tableaux 3 et 4), cela signifie que les instruments sont valides dans les différentes estimations effectuées.

33Le tableau 3 présente les résultats de l’effet de la dépendance aux ressources naturelles sur la qualité institutionnelle. Les rentes totales des ressources naturelles ont un effet négatif et significatif sur l’indice global de qualité institutionnelle au seuil de 1% (colonne 2). Ainsi, une augmentation des rentes des ressources naturelles d’un point de pourcentage conduit à une diminution de la qualité institutionnelle de 0,0107 point. Ce résultat est cohérent avec la théorie de la malédiction des ressources qui postule que la dépendance à l’égard des ressources naturelles tend à affaiblir la qualité institutionnelle (Karl, 1997 ; Sachs et Warner, 1997 ; Leite et Weidmann, 1999; Sala-i-Martin et Subramanian, 2008). En effet, les ressources naturelles dégradent la qualité institutionnelle à travers l’augmentation du niveau de la corruption (Leite et Weidmann, 1999), les guerres civiles (Collier et Hoeffler, 2005), l’affaiblissement du processus démocratique (Ross, 2001), l’affaiblissement de l’État de droit (Norman, 2009) et l’affaiblissement de la capacité bureaucratique (Ross, 2004). Ce résultat corrobore ceux obtenus par Asiamah et al. (2022).

34En outre, les rentes totales des ressources naturelles ont un effet négatif et significatif sur la gouvernance économique au seuil de 1% (colonne 3). Ainsi, lorsque les rentes des ressources naturelles augmentent d’un point de pourcentage, la gouvernance économique se détériore de 0,0114 point. L’indice de la gouvernance économique prend en compte les indicateurs de qualité de la réglementation et d’efficacité du gouvernement. En effet, en présence des ressources naturelles, les gouvernements préfèrent utilisés les rentes générées par les ressources naturelles pour leurs dépenses au détriment de la fiscalité. Cela réduit les incitations à développer une administration fiscale solide. De plus, la présence des ressources naturelles n’incite pas à la formulation de bonnes politiques économiques, car les rentes des ressources constitue une source importante de revenus pour le budget. Les rentes des ressources naturelles sont également associées à un degré de clientélisme élevé dans l’administration publique. Par conséquent, les ressources naturelles affectent négativement la gouvernance économique à travers la mauvaise qualité des politiques publiques, des services publics et l’inefficacité du personnel administratif . Ces résultats confirment ceux obtenus par Asongu et Kodila-Tedika (2016).

35De même, les rentes tirées des ressources naturelles influencent négativement et significativement la gouvernance institutionnelle au seuil de 1% (colonne 4). Ainsi, une augmentation des rentes totales des ressources naturelles d’un point de pourcentage réduit la qualité de la gouvernance institutionnelle de 0,0107 point. Ce résultat confirme l’explication institutionnelle de la malédiction des ressources, selon laquelle les ressources naturelles dégradent la gouvernance institutionnelle en affaiblissant l’État de droit et en augmentant la corruption (Isham et al., 2005 ; Zallé, 2022). De plus, la présence des ressources naturelles explique l’effet de voracité de Tornell et Lane (1999), selon lequel le déficit institutionnel dans un contexte d’exploitation des ressources naturelles conduit à des comportements d’accaprement des rentes économiques. Ce résultat est cohérent avec ceux obtenus par Collier et Venables (2010).

36Les rentes des ressources naturelles ont un effet négatif et significatif sur la gouvernance politique au seuil de 1% (colonne 5). Une hausse des rentes totales des ressources naturelles d’un point de pourcentage affaiblit la gouvernance politique de 0,00795 point. Selon la théorie de l’État rentier, les rentes tirées des ressources naturelles freinent le processus démocratique (Ross, 2001). En outre, la présence des ressources naturelles est également à l’origine de nombreux conflits armés et le terrorisme. Par conséquent, les rentes des ressources naturelles influencent négativement la gouvernance politique. Ces résultats confirment ceux obtenus par Ross (2015) et Ongo Nkoa et al. (2024).

37Les résultats montrent que l’éducation à un effet positif et statistiquement significatif sur la qualité institutionnelle au seuil de 1% et 5%. Les effets positifs et significatifs de l’éducation sont constants dans tous les modèles. Ce résultat s’explique par le fait que l’accumulation du capital humain contribue à l’amélioration de la qualité institutionnelle (Grabowski et Self, 2020). Ainsi, une population bien éduquée constitue un stock de main d’œuvre qualifiée capable de participer aux réformes institutionnelles, ce qui améliore la qualité des institutions existantes. Ce résultat corrobore ceux obtenus par Goujon et Mabali (2016) et Asiamah, et al. (2022), qui soutiennent que l’éducation renforce la qualité des institutions.

38Les résultats du tableau 3 mettent en évidence une influence positive et significative de l’ouverture commerciale sur la qualité institutionnelle au seuil de 1% dans toutes les spécifications. Ainsi, l’ouverture commerciale participe à l’amélioration de la qualité institutionnelle (Islam et Montenegro, 2002). En outre, l’ouverture commerciale facilite le partage d’expérience et le transfert des bonnes pratiques en matière de réformes institutionnelles (Goujon et Mabali, 2016). Ce résultat soutient les conclusions de Grabowski et Self (2020), selon lesquelles la participation au commerce international est bénéfique en termes d’amélioration de la qualité des institutions.

39L’emploi à un effet positif et significatif sur la qualité institutionnelle au seuil de 1% (colonne 2 à 4 du tableau 3). En effet, l’emploi est un bon indicateur de la performance économique. Il permet à la population de disposer de revenus et de contribuer aux paiements des impôts, qui sont une source de revenus pour améliorer la qualité des institutions. En outre, l’emploi améliore les conditions de vie des populations, réduit la criminalité et renforce la confiance des citoyens aux lois du pays, par conséquent, il influence positivement l’État de droit et l’efficacité du gouvernement (Asiamah et al., 2022).

40Tableau 3 : Rente totale des ressources naturelles et qualité institutionnelle (méthode d’estimation: IV-2SLS)

Auteur

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*** p<0.01, ** p<0.05, * p<0.1

Effet des ressources naturelles sur les indicateurs de qualité institutionnelle

41Par ailleurs, nous analysons l’effet des rentes totales des ressources naturelles sur le contrôle de la corruption, l’efficacité du gouvernement, la stabilité politique et l’absence de violence, la qualité de la réglementation, l’État de droit et la voix citoyenne et la responsabilité. Cela nous permet de déterminer les effets différentiés et d’identifier les indicateurs institutionnels qui sont les plus affectés par les ressources naturelles en Afrique. Les résultats sont résumés dans le tableau 4. Ces indicateurs ont été transformés à l’aide de la méthode min-max de sorte qu’ils prennent des valeurs dans un intervalle de 0 à 1. Ainsi, les valeurs élevées impliquent un meilleur niveau de la qualité institutionnelle.

42Les résultats de la colonne 2 du tableau 4 montrent que les rentes totales des ressources naturelles influence négativement et significativement le contrôle de la corruption au seuil de 1%. Une augmentation des rentes des ressources naturelles d’un point de pourcentage entraîne une augmentation du niveau de la corruption de 0,0112 point. Ce résultat s’explique par le fait que l’exploitation des ressources naturelles favorise la corruption à travers l’enrichissement des dirigeants. La corruption dans les pays dépendants des ressources naturelles se manifeste également par l’utilisation des rentes des ressources par les gouvernements en place pour acheter des soutiens afin de conserver le pouvoir politique. Les ressources naturelles peuvent aussi stimuler la corruption dans l’administration publique. Par exemple, dans le cadre de l’exploitation des ressources naturelles, les investisseurs peuvent recourir à la corruption de certains agents afin d’obtenir des autorisations. Ce résultat confirme ceux obtenus par Mwa Ndjokou et Christian Tsopmo (2017) et Asiamah et al. (2022), qui constatent que les pays africains dépendants des ressources naturelles sont les plus corrompus.

43Les rentes tirées des ressources naturelles ont un effet négatif et statistiquement significatif sur l’efficacité du gouvernement au seuil de 1% (colonne 3). Cela signifie qu’une augmentation des rentes totales des ressources naturelles d’un point de pourcentage est associée à une baisse de l’efficacité du gouvernement de 0,0102 point. Ce résultat s’explique par un degré élevé de clientélisme dans l’administration publique, ce qui entraîne une moindre efficacité de la bureaucratie. Par exemple, l’augmentation des rentes des ressources naturelles incite les gouvernements à développer le secteur public dans le but d’offrir des emplois aux soutiens du pouvoir, mais qui sont improductifs ( Robinson et al., 2006). Cela peut entraver la qualité du personnel gouvernemental et conduire à une inefficacité du gouvernement. Ce résultat est cohérent avec celui obtenu par Asiamah et al. (2022), qui constatent l’utilisation des services publics à des fins politiques.

44L’effet des rentes des ressources naturelles sur la stabilité politique est négatif et significatif au seuil de 5% (colonne 4). Une augmentation des rentes totales des ressources naturelles d’un point de pourcentage conduit à une instabilité politique de 0,00342 point. Cet effet négatif s’explique par le fait que les ressources naturelles sont sources de conflits armés, de terrorisme et de criminalité, ce qui alimentent l’instabilité politique. De plus, la lutte politique pour le contrôle des ressources naturelles conduit à des violences civiles, qui entraînent une instabilité politique (Acemoglu et al., 2012). Ce résultat confirme celui trouvé par Asiamah et al. (2022), qui constatent que les pays africains dépendants à l’égard des ressources naturelles enregistrent plusieurs coups d’État, sources d’instabilité politique.

45L’effet des rentes des ressources naturelles sur la qualité de la réglementation est négatif et significatif au seuil de 1% (colonne 5). Ainsi, une hausse des rentes totales tirées des ressources naturelles d’un point de pourcentage réduit la qualité de la réglementation de 0,0119 point. Cela signifie que la présence des ressources naturelles reduit l’incitation à élaborer des politiques économiques favorables au développement économique. De plus, les pays, grâce aux rentes des ressources naturelles, accordent des subventions et des allégements fiscaux qui entravent le bon fonctionnement de l’économie. Selon Asiamah et al. (2022), les pays dépendants à l’égard des ressources naturelles n’arrivent pas à adopter des politiques et des réglementations qui stimulent le secteur privé.

46Les rentes des ressources naturelles influencent négativement et significativement l’État de droit au seuil de 1% (colonne 6). Une augmentation des rentes totales tirées des ressources naturelles d’un point de pourcentage dégrade l’État de droit de 0,0100 point. Ce résultat implique que dans les pays dépendants des ressources naturelles, le système judiciaire n’est pas indépendant, les citoyens n’ont pas confiance aux lois, ce qui influence négativement l’application de l’État de droit. De plus, l’exploitation des ressources naturelles peut conduire à des violences et remettre en cause le respect des droits de propriété (Tsani, 2013). Ce résultat est conforme aux conclusions de Asiamah et al. (2022), selon lesquelles les pays dépendants des ressources naturelles ont une primauté du droit moins forte.

47L’effet des rentes tirées des ressources naturelles sur la voix citoyenne et la responsabilité est négatif et significatif au seuil de 1% (colonne 7). Un accroissement des rentes totales des ressources naturelles d’un point de pourcentage reduit les droits politiques et individuels de 0,0127 point. Ce coefficient, relativement élevé par rapport aux autres signifie que les pays dépendants des ressources naturelles se caractérisent généralement par des gouvernements autoritaires qui limitent les droits civils et politiques des citoyens. Les gouvernements utilisent aussi les rentes des ressources naturelles pour limiter la demande de responsabilité publique devant les citoyens en échange de faibles taux d’imposition. Les rentes des ressources naturelles sont également utilisées pour réprimer les opposants au pouvoir, ce qui entrave les droits relatifs à la démocratie. La présence des ressources naturelles limite la démocratie et détériore les droits politiques (Bhattacharyya et Hodler, 2010). Ce résultat confirme également celui obtenu par Asiamah et al. (2022).

48Tableau 4: Rente totale des ressources naturelles et indicateurs institutionnels (méthode d’estimation: IV-2SLS)

Auteur

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VA : voix citoyenne et la responsabilité, PS : stabilité politique, GE : efficacité du gouvernement, RQ : qualité de la réglementation, CC : contrôle de la corruption, RL : État de droit.

Conclusion et implications politiques

49Cette recherche a évaluée l’effet des rentes totales des ressources naturelles sur la qualité des institutions. Pour ce faire, nous utilisons des données annuelles de 15 pays d’Afrique de l’Ouest sur la période 2000-2021. En considérant d’une part, les indices de qualité institutionnelle et d’autre part, les indicateurs individuels de qualité institutionnelle, nous estimons nos modèles en appliquant la technique d’estimation des moindres carrés en deux étapes (IV-2SLS). Les résultats de nos estimations montrent que les rentes totales tirées des ressources naturelles détériorent la qualité institutionnelle. Ces résultats se confirment lorsque nous utilisons les indices composites, ainsi que les indicateurs individuels de qualité institutionnelle. Par conséquent, nos résultats valident l’hypothèse de la malédiction des ressources naturelles selon laquelle les pays dépendants à l’égard des ressources naturelles ont des institutions de moins bonne qualité.

50En termes d’implications de politiques, les résultats suggèrent que les pays africains dépendants des ressources naturelles devraient améliorer la gouvernance des ressources naturelles. Par exemple, en renforçant les capacités des organes de contrôle, de la société civile et en mettant en ligne des plateformes pour dénoncer les cas de corruption. Les pouvoirs publics devraient également assurer une meilleure garantie des droits de propriété, des droits politiques, ainsi que la transparence dans la gestion rentes tirées des ressources naturelles.

Annexes A

Tableau A1. Liste des pays de l’échantillon

1. Benin

6. Ghana

11. Niger

2. Burkina Faso

7. Guinea

12. Nigeria

3. Cape Verde

8. Guinea-Bissau

13. Senegal

4. Ivory Coast

9. Mali

14. Sierra Leone

5. Gambia

10. Mauritania

15. Togo

Auteur

Table A2. Résultats de l’Analyse en composante principale (ACP)

Component

Eigenvalue

Proportion

Cumulative

1

4.7116

0.7853

0.7853

2

0.5467

0.0911

0.8764

3

0.3533

0.0589

0.9352

4

0.2606

0.0434

0.9787

5

0.0941

0.0157

0.9944

6

0.0338

0.0056

1

Indicators

CC

GE

PS

RQ

RL

VA

KMO Index

0.7924

0.7681

0.9451

0.8043

0.7636

0.9483

AverageKMOindex

0.8167

Auteur.

Table A3. Descriptive statistics.

Variables

Obs

Moyenne

Ecart type

Minimum

Maximum

Indice de qualité institutionnelle

360

0.426

0.204

0

1

Indice de gouvernance économique

360

0.527

0.199

0

1

Indice de gouvernance institutionnelle

360

0.379

0.206

0

1

Indice de gouvernance politique

360

0.426

0.207

0

1

Contrôle de la corruption

360

0.375

0.208

0

1

Efficacité du gouvernement

360

0.486

0.211

0

1

Stabilité politique

360

0.478

0.224

0

1

Qualité de la réglementation

360

0.574

0.190

0

1

Etat de droit

360

0.391

0.207

0

1

Voix citoyenne et responsabilité

360

0.391

0.213

0

1

Rente totale des ressources naturelles

360

18.587

12.766

2.439

88.592

Education

360

96.350

20.363

32.356

143.725

Ouverture commerciale

360

4.068

0.621

-0.279

5.055

Emploi

360

2.380

0.600

0.813

3.446

Auteur

Table A4. Test de multicollinéarité

Variables

VIF

1/VIF

Ouverture commerciale

1.34

0.744

Rente totale des ressources

1.31

0.766

Education

1.1

0.910

Emploi

1.06

0.945

Mean VIF

1.2

Auteur

Table A5. Matrice de corrélation de la qualité institutionnelle.

 

1

2

3

4

5

6

1.Contrôle de la corruption

1

 

 

 

 

 

2.Efficacité du gouvernement

0,826

1

 

 

 

 

3.Stabilité politique

0,643

0,621

1

 

 

 

4. Qualité de la réglementation

0,785

0,902

0,527

1

 

 

5.Etat de droit

0,945

0,897

0,649

0,810

1

 

6.Voix citoyenne et la responsabilité

0,738

0,704

0,528

0,733

0,729

1

51Auteur.

Table A6. Matrice de corrélation des variables

 

1

2

3

4

5

1.Indice de qualité institutionnelle

1

 

 

 

 

2. Rente totale des ressources

-0.198

1

 

 

 

3. Education

0.190

0.210

1

 

 

4.Ouverture commerciale

0.225

0.462

0.284

1

 

5.Emploi

0.224

0.209

0.100

0.186

1

52Auteur.

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Pour citer ce document

Piman Alain-Raphaël BAYILI, «L’effet des rentes des ressources naturelles sur la qualité des institutions en Afrique de l’Ouest», Mu Kara Sani [En ligne], Dossier, N°42-Dec 2025, N°42-Spécial, mis � jour le : 19/02/2026, URL : https://mukarasani.com:443/mukarasani/index.php?id=1002.

Quelques mots à propos de :  Piman Alain-Raphaël BAYILI

Université Norbert ZONGO, Koudougou, Burkina Faso

raphabayili@gmail.com