Les communautés Arma de Gao : origines et zones d’expansion https://www.mukarasani.com:443/mukarasani/index.php?id=971 Cet article s’inscrit dans une logique d’apport à la littérature existante sur les Arma de Gao et leurs origines. Il est basé essentiellement sur la collecte et le traitement de généalogies comme support de documentation, complétées par des documents écrits anciens. Les enquêtes ont permis d’explorer les pistes menant aux premiers mariages ayant donnés la première génération des « enfants métis » autour des années 1595-1610 qui sont les premiers jalons des pouvoirs locaux actuels. Les chefferies Arma d’aujourd’hui se réclament essentiellement de ces ancêtres éponymes en provenance des certaines villes marocaines comme Tanger, Marrakech, Fès ou de zones comme le Dra’ a, le Djebel, etc. Dans les généalogies, se retrouvent des noms de personnalités figurant dans les Tarikhs anciens, ce qui donnent aux sources orales une certaine crédibilité. Dans la plupart de celles-ci apparaissent des noms comme Mobarek-Es-Saou’ouaf, Draoui Naga ou Nasser Ibrahim dit Kirinfi, etc. Les communautés les plus connues qui reviennent dans les généalogies sont : Darawi, Garawi, Mudashin, Laluj, Hamahogo, etc. Le nom Turé qu’on attribue à certaines familles Arma de Gao ne ressort pas du tout dans les généalogies, ni dans les Tarikhs soudanais. Au contraire, du moins dans la zone de Gao, presqu’aucun clan Arma ne se fait appeler « Turé ». Les clans Arma de Gao ont essentiellement essaimé de Banba à la ville de Gao à travers des mariages au sein des clans leur conférant un statut et des privilèges hérités de l’histoire qui les différencient des autres communautés de la même zone. Cet exercice a eu des limites qui méritent d’être prises en charge dans des recherches futures pour ce qui est de la descendance de certains caïds de Gao cités par les Tarikhs anciens mais dont aucune famille ne se réclament, ce qui est loin d’être anodin. This article contributes to the existing literature on the Arma of Gao and their origins. It is based primarily on the collection and analysis of genealogies as source material, supplemented by ancient written documents. The research explored the paths leading to the first marriages that produced the first generation of "mixed-race children" around 1595-1610, which represent the early foundations of the current local power structures. The Arma chieftaincies of today primarily claim descent from these eponymous ancestors originating from certain Moroccan cities such as Tangier, Marrakech, and Fez, or from regions like the Draa Valley and the Djebel Mountains. The genealogies contain names of figures appearing in the ancient Tarikhs, lending a certain credibility to the oral sources. Most of these genealogies feature names like Mobarek-Es-Saou’ouaf, Draoui Naga, or Nasser Ibrahim, also known as Kirinfi, etc. The most well-known communities that recur in the genealogies are: Darawi, Garawi, Mudashin, Laluj, Hamahogo, etc. The name Turé, attributed to some Arma families of Gao, does not appear at all in the genealogies, nor in the Sudanese Tarikhs. On the contrary, at least in the Gao area, almost no Arma clan calls itself "Turé." The Arma clans of Gao essentially spread from Banba to the city of Gao through intermarriage within the clans, granting them a status and privileges inherited from history that distinguish them from other communities in the same area. This exercise had limitations which deserve to be addressed in future research regarding the descendants of certain caïds of Gao cited by the ancient Tarikhs but of whom no family claims descent, which is far from insignificant. Dossier N°42-Dec 2025 N°42-Spécial fr lun., 16 févr. 2026 12:05:56 +0100 lun., 16 févr. 2026 12:05:56 +0100 https://www.mukarasani.com:443/mukarasani/index.php?id=971 0