Les déterminants linguistiques de l’ouverture d’une école bilingue en contexte plurilingue : les points de vue des parents d’élèves et des enseignants https://www.mukarasani.com:443/mukarasani/index.php?id=922 Le Niger fait partie des pays de l’espace francophone d’Afrique, engagés dans la prise en compte des langues nationales dans les différents systèmes éducatifs comme co-médium d’enseignement-apprentissage. L’option d’ouverture de classes bilingues français-langues nationales nigériennes semble se référer à l’idée d’une langue dominante par zone d’implantation des écoles bilingues. Pays où le multilinguisme est aussi une réalité, tant au niveau individuel que collectif, il existe des zones où il est difficile d’identifier une langue dominante. Cet article rédigé à la suite d’entretiens avec des acteurs de l’éducation et des parents d’élèves traite de la question du choix de la langue d’enseignement dans une localité considérée comme touarègue et où tout semble indiquer que la langue d’enseignement retenue sur la base de certaines données n’est pourtant pas la langue parlée par la majorité des élèves de l’école, en l’occurrence le soŋay-zarma. Même s’il s’agit d’une analyse des interactions de quelques membres de la communauté et des responsables de l’école, leurs avis témoignent des situations de conflits linguistiques en contexte multilingue où une analyse diglossique serait opérationnelle. En termes d’enseignements à tirer, il ressort que les responsables de l’éducation en charge du choix des écoles bilingues doivent tenir compte de la réalité linguistique à travers des enquêtes de terrain préalables dans tous les milieux, au risque de compromettre l’initiative elle-même. Niger is one of the French-speaking countries in Africa that, since the 1970s, have been committed to incorporating national languages into the education system as a co-medium of teaching and learning. The option chosen for opening bilingual French-Nigerien national language classes seems to refer to the idea of a dominant language per area where bilingual schools are located. In a country where multilingualism is a reality at both the individual and community levels, there are areas where it is very difficult to identify a dominant language. This article, written following interviews with education stakeholders and parents, addresses the issue of the choice of language of instruction in a locality considered to be Tuareg, where everything seems to indicate that the language of instruction chosen on the basis of certain data is not, however, the language spoken by the majority of the school's pupils, namely Soŋay-Zarma. Although this is an analysis of interactions between a few members of the community and school officials, their opinions reflect situations of linguistic conflict in a multilingual context where a diglossic analysis would be operational. In terms of lessons to be learned, it appears that education officials responsible for choosing bilingual schools must take linguistic reality into account through preliminary field surveys in all environments, at the risk of compromising the initiative itself. Dossier N°42-Dec 2025 N°42-Spécial fr jeu., 12 févr. 2026 15:53:55 +0100 jeu., 12 févr. 2026 15:53:55 +0100 https://www.mukarasani.com:443/mukarasani/index.php?id=922 0